Staubbedektes Edelstein vereinzehes Phanomen
(Roscher, Geschichte der Nat. Œkon. in Deidschland, Mùnchen, 1874. P- 26).
2. Ch. Jourdain, loc. cit.. p. i52 : Brantz, Théories économiques, p. 187. Cf. Cunninghara, The growth of english industry, p. 320, etc.
8 INTROCUCTION
gemenls. M. Eiidemann tout particulièrement, qui s'était montré modéré encore dans ses premières attaques (i), s'est, dans ses derniers ouvrag-es (2), visiblement acharné à démolir la réputation d'Oresme. et à lui enlever pièce à pièce tout ce que la science économique avait voulu célébrer dans le Traité des monnaies. Ses notions théoriques sur le numéraire ? Mais elles sont d Aristote, à peine démarquées ! Sa conception de la pratique, sa condamnation des mutations ? Mais avant lui^ autour de lui, les canonistes, les interprètes des lois romaines, tous les écrivains médiévaux s'étaient élevés contre les abus du droit du prince, contre les altérations et les mutations des espèces. Ses trouvailles tant célébrées ne sont que des lieux communs, et il ne lui reste que le mérite, bien mince, assure M. Endemann, d'avoir rassemblé et rédigé en une forme plus serrée et plus vive, ce qu'autour de lui, tout le monde de longtemps avait reconnu. Et M. Endemann, en écrivant ces lignes, ne savait pas qu'un auteur allait bientôt se lever, pour dénier à Oresme la paternité même du Traité des monnaies, dans sa forme la plus vivante, celle de la version française que d'un commun accord jusque-là tous ses panég'yristes avaient préférablement citée, comme l'expression la plus franche et la plus saisissante de son g-énie (3).
On voit à quel point la renommée d'Oresme est balancée entre des appréciations contraires. Est-il vrai ment le grand économiste que Ton avait salué de confiance à la suite de W. Roscher? N'est-il que le metteur en œuvre obscur et
1 Endemann, Nat. Œfc. Grilndsntze. p. y5, not. 33i.
2. Endemann, Siudicn in (1er ro7aanisch-kanonistischen Wirthsclnifls-und-Rechtslehre, t. F^^ p. aS, n. 48 ; II, p. 188.
3. Blancard, Sur la traduction française du Traité des monnaies d'Oresme, dans « Mém. Ac. S., A. et B.-L de Marseille », 1892,
sans originalité propre de lieux communs rebattus, comme le veut M. Endemann ? Il est difficile, dans l'état actuel de nos connaissances, de faire entre ces deux opinions extrêmes un choix motivé. Sans doute, il apparaît bien qu'il faut beaucoup rabattre du premier enthousiasme de Roscher et de Wolowski ; mais d'autre part, les critiques de M. Endemann semblent plus vives que décisives. Cet auteur a bien établi l'existence avant Oresme et de son temps même, d'une littérature monétaire assez considérable. Mais qu'avait produit cette littérature, quelle doctrine en était à ce moment sortie, et qu'est-ce qu'Oresme lui peut devoir en réalité? C'est-ce qu'il n'a point directement montré ; et à cet égard on peut dire qu'il a affirmé plus qu'il n'a vraiment prouvé. Les travaux postérieurs n'ont point non plus éclairci le problème ; les auteurs, assez nombreux, qui ont parlé d'Oresme et de sa doctrine, n'ont point, à l'exception tout récemment de M. Kaulla, qui croit avoir trouvé dans Buridan le maître même d'Oresme, et dans les Questions sur les Ethiques le prototype de la doctrine du Traité (i), apporté à la question de contribution nouvelle. Visiblement embarrassés, on le sent, pour prendre parti, ou bien ils ont accepté^ sans faire allusion à la controverse, l'opinion ancienne; ou bien ils ont essayé, dans des formules visiblement prudentes, de concilier ce qui de sa nature était inconciliable (2). Les plus sages, et à notre avis les mieux avisés, sont encore ceux qui se sont contentés, comme l'auteur de l'article Oresme dans le Dictionnaire de Palgarve, d'avouer « qu'il convient de réserver son jugement, jusqu'à ce que les canonistes du
1. KauUa, Der Lehrer des Oresmius, dans « Zeitschrift fin- die gesamte Staatswissenschaft », LX, 1904. p- 4"'^^-