‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 52 sur 361 · Ms. Fr. 5913, c. 5, f° 10 v** = Traidie, éd. Wol., p · texte numérisé non relu

Ms. Fr. 5913, c. 5, f° 10 v** = Traidie, éd. Wol., p

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incidente « comme puis peu de temps en ça avons assez veu, par defFaulle de chief » (i).

Cette addition, est, disons-nous, on ne peut plus décisive. La « deffaulte de chief » qui laisse le prince aux mains des flatteurs et des mauvais conseillers, c'est, sans ambig-uïté possible, la captivité du roi Jean, qui a laissé le jeune dauphin en butte aux pires influences des mauvais conseillers de la régence, comme aussi les troubles auxquels l'auteur fait allusion dans tout le chapitre, ces troubles qui ont laissé le royaume « désemparé et disposé à perdition » et qui lui arrachent plus haut, à la fin du chapitre XXIl'exclamation douloureuse: « Et ce nous a été de présent assez cruel. Dieu y pourvoie », (2) ce sont indubitablement la révolte de Marcel, le soulèvement des Jacques, toute la suite de misères qui a fondu de iSSy à i36o sur le royaume de France. Nous ne comprenons même pas comment ces deux passages si caractéristiques ont pu échapper à M. Blancard, dont ils ruineraient une fois de plus, s'il le fallait, le système. Car est-ce sous Charles Vil, aux environs de i453, qu'on peut parler de « deffaulte de chief », des maux de toute sorte qui ont été « de présent assez cruels » ? Les deux mentions datent incontestablement la traduction du Traité, et la datent sans ambiguïté des plus mauvaises années de la régence du dauphin.

3^ Enfin, disons-nous, la version française porte en soi la preuve directe et indéniable qu'elle est l'œuvre de l'auteur lui-même, et qu'elle a été off'erte à Charles V. Nous ne voudrions point insister à cet égard sur les

1. Ms. Fr, SpiS, c. 26, fo 48 V» = Traiciie, éd. Wol., c. 26, p. 75 (Cf. texte latin, ibid., p. i38).

2. Ms. Fr. Sgiô, c. 21, m fine, f** 54 r°. (Cf. Tractaitis, éd. Wol., c. 21, p. 126).

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arguments de langue., qui sont toujours d'un ordre extrêmement délicat et souvent bien trompeurs ; nous ne pouvons oublier pourtant que M. Meunier^ assez bon juge en cette matière, puisqu'il a dressé un lexique de la langue d'Oresme (i), retrouvait dans le Traité non pas seulement des similitudes de style qu'il jugeait décisives, mais surtout le vocabulaire d'Oresme, vocabulaire très caractéristique, puisque Tauteur avait dû en créer lui-même les mots pour ses traductions d'Aristole. Mais à notre égard, la preuve véritable n'est pas là : elle est dans les termes mêmes du Prologue du translateur, tel qu'il est écrit dans les manuscrits les plus anciens, c'està-dire sans l'addition finale et sans l'avant-propos qui précède les rubriques ; elle est dans la Conclusion du translateur, Dans cette dédicace dont les termes tout par ticuliers ne peuvent convenir qu'à Oresme lui-même et au dauphin Charles. Cette appellation de « mon très chier et honnoré seigneur » (2) adressée au prince, c'est déjà, comme M. Meunier l'avait remarqué, la formule courante dans laquelle la plupart des traductions entreprises pour le prince Charles lui sont dédiées dans les manuscrits. Mais la remarque tout particulièrement élogieuse du traducteur, que le prince se connaît aux choses politiques, qu'il est « expert en ces sciences » ne convient-elle pas, d'une façon presque exclusive, au docte et politique Charles V ? le ton enfin, de respectueuse familiarité, dans lequel est conçu toute la dédicace du translateur, n'est-il pas bien en harmonie avec ce que nous savons des rapports affectueux de maître à disciple qui existait entre Oresme et le jeune dauphin, ne convient-il pas au grand-maître de Navarre s'adressant à un

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