Traiclie. La conclusion du Translali'iir, éd. WoL, p
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prince encore adolescent, qui lui a demandé le secours de son expérience et de sa science politique ?
Rien ne s'oppose donc, croyons-nous à ce que la tradition séculaire ait sur ce point raison, et à ce que le Traictie français soit bien aussi l'ouvrage d'Oresme (i). Pour le dater d'une façon plus précise, quelques observations seulement suffiront.
Le Traictie français est traduit sur la version latine en 26 chapitres, cest-à-dire qu'il se trouve nécessairement, d'après ce que nous avons établi, postérieur au mois de janvier i358. D'autre part, pour que la traduction ait eu quelque raison d'être, pour que l'auteur du Traictie ait pu se flatter d'apporter, comme il dit « une vraye et proffitable sentence, dont certainement au temps présent il
I. Il convient pourtant de faire justice encore d'un argument qui pourrait être invoqué en faveur de l'opinion de M. Blancard, et que nous tenons, en toute équité, à exposer. Dans la traduction des Ethiques, qui est de 15^0 au plus tôt, le doyen de Rouen s'excuse des imperfections de sa « rude manière de parler », sur ce que, comme il dit, il n'a pas « aprins ne acoustumé de rien bailler par escripre en françoys ». Aurait il tenu ce langage, peut-on se demander, si précisément quelques années auparavant il avait déià donné, dans sa langue maternelle, une traduction du Traite des monnaies ?
Nous croyons qu'il ne faut pas faire trop de fond sur cette protestation du traducteur des Ethiques, et qu'on doit la considérer comme une banale formule d'humilité qui ne tire point à conséquence. Avant la traduction des Ethiques, en effet, Oresme avait certainement écrit en français plusieurs ouvrages, dont l'attribution est incontestée, ses traités d'astrologie par exemple. La Bibliothèque de Bàle possède un manuscrit du Traite de divinatiO)i (coté F. V, 6) en français, daté expressément de 1046. « Nie. Oresme, episc. in Normandia contra Astrologiam sive divinationem, scriptus ab eo a** i546, e gallico in latinura factus ao 141 1 » (Migne, Dict. des Manuscrits, II, i5o2). Cet exemple, qui n'est pas uni({ue, réduit à sa juste proportion l'argument qu'on pourrait être tenté de tirer du passage des Ethiques précité.
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serait grant besoing » (i) il faut que la rédaction en ait été antérieure à la réforme monétaire définitive et au rétablissement de la monnaie droite et stable, c'est-àdire, comme nous verrons, à l'ordonnance du 5 décembre i36o.
Il est visible d'ailleurs, à la lecture du texte français, qu'il appartient, lui aussi, à cette période troublée des dernières années de la régence, où la politique monétaire du prince Charles, hésitante et affolée, cherche plus que jamais une direction. Et pourtant, à le lire de très près, il semble bien aussi que déjà Ion soit arrivé à une période d'accalmie, à l'une de ces heures dernières où l'on entrevoit la fin d'une crise. Le souvenir des maux soufferts est vivant et douloureux encore ; mais ils sont passés évidemment, car si l'auteur, dans ses rares additions au latin, rappelle le souvenirdes calamités de toutes sortes qui ont affligé le royaume, c'est pour ajouter aussitôt: « Et ce nous a esté de présent assez cruel, Dieu V pourvoie ! » (2). S'il rappelle l'ascendant mauvais que peuvent prendre sur un prince faible et trop jeune des conseillers perfides, c'est pour ajouter, nous le savons, en parlant déjà au passé : « Si comme puis peu en ra avons assez veu par detfaulte de chief » (3).
Au moment où estrédig^ée la version française, la crise où se débat le royaume touche donc à sa fin ; le roi Jean n'est pas revenu encore peut-être, mais le retour du « chief » est au moins imminent. La crise financière pourtant n'est point encore résolue : la redoutable question monétaire est toujours pendante, le rétablissement de l'ordre lui-même est précaire, et tout l'avenir va dépen-