‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 55 sur 361 · Ms. Arsenal 4594, f" 24 sq · texte numérisé non relu

Ms. Arsenal 4594, f" 24 sq

3. La collation des Mss. du texte français mène à celte conclusion que tous procèdent plus ou moins directement, du type représenté par les Mss. Fr. SgiS et Fr. 25.927. De ces deux exemplaires, le prototype est 5gi3; le second, d écriture manifestement plus récente, en est une copie certainement directe, car toutes les fautes de lecture, assez nombreuses, et les blancs du 5915. s'y trouvent fidèlement reproduits. Lé seul changement que se permet le copiste du Fr. 20.927 est la correction en français de rUe-de France, des formes dialectales du premier manuscrit. A la fin du prologue français, pourtant, 11 a ajouté une petite addition de deux lignes environ. Ces lignes ont été l'amorce du développement plus considérable que l'on trouve dans les Mss. Fr. 23.926 et 20.953, et où a été glissée la mention des postulats de Liège. Enfin, le Mss. Arsenal 4^94 ^^t la dernière étape de ces remaniements, où le prologue se développe en une forme de plus en plus abondante. Le texte collationné des pro-

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ne doit pas surprendre évidemment, si l'on veut se rappeler avec quelle facilité les copistes ajoutaient alors de leur cru aux originaux qu'ils reproduisaient. Mais pour nous, qui recherchons dans les textes la doctrine d'Oresme lui-même, ces retouches continuelles rendent notre tâche assez difficile. 11 nous faut dégager de l'apport postérieur ce qui est vraiment sa propre pensée, et, comme par un hasard malencontreux, ce sont justement deux leçons déjà considérablement remaniées, deux leçons « revues et augmentées » par des copistes de la fin du xv" siècle qui sont venues aux mains des deux éditeurs du texte français, de Colard Mansion et de M. Wolovvski, la conclusion la plus sûre, c'est que, en attendant qu'une édition nouvelle qui serait bien à désirer, ait pu mettre entre les mains des économistes un texte qui soit vraiment le pur texte d'Oresme, il conviendra d'user avec la plus grande circonspection de la version française, dès qu'elle paraît s'écarter sensiblement du texte latin. De façon à ne pas attribuer, comme on l'a trop souvent fait, faute de cette critique préalable,

logues français, que nous donnons à l'Appendice de ce travail, permettra de saisir immédiatement la filiation de ces leçons successives. Après collation faite tant du prologue que de beaucoup de passages du texte de l'ouvrage sur lesquels nous ne pouvons insister ici, la filiation des textes doit, croyons-nous, s'établir ainsi qu'il suit :

Mss. d Oresme (perdu)

Mss. Fr. Sqi^

Mss. Fr. 20.927

Mss. Fr. 25.926 Mss. Fr. 25.i53

Ed. Wolowski Ed. C. Mansion Mss. Arsenal 4594

LES ÏEXTI'S 310.\ÉTAIRi:S d'oRESME 77

à Nicole Oresme des opinions ou des remarques qui sont seulement le fait de copistes postérieurs, ne seraitce pas cet exemple que la fausse « règle de douze marcs d'arg'ent pour ung- dor » qui avait si justement ému M. Blancard. A cet égard, et pour rendre à Oresme ce qui véritablement appartient à ()resme, l'étude un peu longue que nous venons de faire de la composition du Traité^ n'aura pas, nous l'espérons, été par la suite inutile.

b) Les traductions iVAristote.

Oresme, avons-nous dit, a, en d'autres ouvrages que le Traité, abordé également la question monétaire (i).

1. Oresme était si préoccupé, seinble-t-il, de la question monétaire, qu'il a trouvé moyen d'introduire d'assez longs développements sur cette question dans des œuvres où l'on ne s'attendait guère à les rencontrer, jusque dans ses Sermons. Un recueil manuscrit de ses Sermons est conservé à la Bibliothèque Nationale (F. Latin, 16.893). Nous avons pu y retrouver, non sans quelque surprise, 1 histoire de l'origine du numéraire d'après Aristote (Sermon sur le texte : Infer digitum tiium hue et vide mantis meas, pour le dimanche dans l'Octave de Pâques, f l\S v") ; ailleurs d'assez longs développements sur les conditions et les qualités intrinsèques d'une bonne monnaie (Sermon sur le texte . In his duobus mandalis, pour le 17" dimanche après la Pentecôte, f " 1 1 1 r°, — et Sermon sur le texte : Conventione fada ciuii operariis ex denario, pour le dimanche de la Septuagésime, f" 20 ro) ; même une dissertation complète sur la signification de l'image empreinte sur les deniers du tribut payé k César (Sermon sur le texte : Regnabit rex et sapiens eiit, pour le 22*^ dimanche après la Pentecôte). Tous ces passages, où les questions économiques sont amenées de la façon quelquefois la plus singulière, n'ajoutent guère, il est vrai, à la doctrine telle que nous la connaissons dans les œuvres d'Oresme ; nous ne voulons en retenir, pour le moment, qu'une preuve nouvelle de la persistance avec

78 LES TEXTES MONÉTAIRES d'oRESME

C'est avant tout des traductions des ouvrages politiques d'Aristote, les Ethiques et les Politiques, que nous voulons parler; dans ces deux traités, qu'il a traduits et glosés, Oresnie a eu l'occasion de reprendre, sous une autre forme, le problème monétaire et d'ajouter quelques idées nouvelles à la doctrine déjà exposée du Traité.

Les passages où Oresme a traité de la monnaie sont :

1° dans la traduction des Ethiques, le chapitre XI du

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