Meunier, Essai, p
4. Extrait des comptes de des Essarts, publié par Ch. Leber (dans Dissertations sur l'Hist. de France, X, p. igS). Raoul de Presles avait reçu quatre cents livres pour translater le Livre de la Cité de Dieu a pour l'autorité publique du royaume et de toute la chrétienté » (L. Delisle, Mandements, préface, p. vu). Si l'on veut se faire une idée de la quotité ordinaire des libéralités du roi, on n'a qu'à rapprocher quelques pièces. En février i364.
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Mais la vérité est qu'Oresme reçut beaucoup plus que cela. Les comptes de François Chanteprime, dont M. Van Praët avait donné, dans son édition du catalog-ue de G. Mallet, l'extrait visé par M. Meunier portent bien à l'année iSyi un versement pour le roi de cent livres « à M. Nicole Oresme, lequel lui a translaté de latin en François les A^^A/y^z^.ç et les Politiques » (i). Mais en marg-e même de ce compte, il est noté qu'un autre versement avait déjà été effectué l'année précédente, et dans le courant de cette même année iSyi, un autre paiement est porté, dont la somme n'est pas marquée. D'autres documents qui prouvent la libéralité du prince à l'égard
donation de 200 fr. d'or à Jehan Dendin, chanoine de la Sainte- Chapelle « paur ce qui! a translaté de nostre commandement du latin en françoys ung livre appelé Patrac » {Mandement no i6p6, p. 836). En 1376, donation de 100 livres à Jehan de Tancarville, clerc, « pour lui aidier a avoir ses nécessitez à lecole » (Mrind. no i38o, p. 785). Et, en regard, don de 20 fr. d'or a Jehanin d'Amiens, « garde de noz tourterelles blanches » (Mand. n" i3pq, p. 7i5); de 200 fr. aux ménestrels chaque jour de Toussaint (Mand. n» i5o4, p. 756;; de 40 fr. «pour acheter vesce pour les dains de nostre bois de Vincennes » {Mand. no i56i, p. 779).
I. Extrait du compte de François Clianteprime. « Le roy a donné cent livres a M. Nicole Oresme, lequel lui a translaté de latin en françois les Etlnrjues et les Politiques, MCCCLXXL — En marge il y a : « Dictus magister Nicolaus habuit alios denarios pro dicta causa, prout in computo praecedenti videtur », — Autre extrait : « A Nicole Oresme, doyen de l'église N. -D. de Rouen, pour avoir écrit et translaté de latin en françois un livre appelé Politiques, par le commandement du roy, lan MCGCLXXI » (Catalogue de Gilles-Malet, publié par Van Praët, p. 46, note i).
I. Cf. sur ces versements, Bulaeus, H. U. P., IV, p. 977. « Ob versionem istam video Oresmio attributos G. francos ex lit' teris ejusdem régis, datis 10 decemb. 1571, insertis in Carthophylacio Camerae, et ad raarginam haec habentur verba ; dictus M. Nicolaus habuit alios denarios praedicta causa, prout in computo prœcedenti videtur, fol. 88 ».
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d'Oresme ont aujourd'hui disparu. Pierre Dupuy avait relevé, dans les Archives de la Chambre des comptes, la mention de plusieurs versements qui ne doivent pas se confondre avec les précédents (i). La publication par M. Delisle des mandements de Charles V conservés à la Bibliothèque Nationale est venue depuis enrichir encore cette liste. Nous y trouvons en effet, sous le n" 889, qu'à la date du 21 mai 1872, Oresme avait reçu deux cents francs d'or pour la traduction des Politiques et des Economiques (2 , et sous le w 1061, à la date du 3i avril 1.374, une nouvelle somme de deux cents francs d'or lui est encore allouée sur le trésor royal, (3). Cette répétition, à intervalles à peu près ég^aux, de sommes égales ressemble assez bien à une pension et c'est croyons nous à cette conclusion qu'il faudrait s'arrêter : Oresme a été pensionné, et certainement pour une somme assez forte, sur le trésor royal, pendant tout le temps qu'il a mis à faire ses traductions (4).
1. Bibl. Nat., Mss. Dupuy 755, fol. 97 v". « Oresme, doyen de l'Eglise de Rouen, a translaté pour le l'oy un livre appelé Politiques, 5 février 1572 » (i373, N. S.).
2. Mandement n" 889 (Orig. Claireinbault, Sceaux. 187, p. 6997). En l'aljbaye de Chaliz, 21 mai 1372, dans Delisle, Mandements, p. 458.
3. Mandement n** 1061 (Orig. Clairambauit. Sceaux, 2i5 p. 9621). Au fjoiz de Vincennes, 3i août 1374. Ce dernier document avait déjà été publié par M. Richard : Notice sur l'ancienne Bibliothèque des Echevins de Rouen, i865, 8", p. 176. Le style particulièrement pressant de ces mandements trahit l'intérêt tout singulier que le roi portait à l'entreprise d'Oresme ; au bas du premier mandement, le roi a lui-même, de sa main, ajouté deux lignes pour accélérer la délivrance de sa libéralité (V. L. Delisle, Le cabinet des Mss de ta Bibl. Nat , I, p. 40.
4. BulcX'us, H. U. P., IV, p. 977 : « Eadem versione donavit Politica et Œconoraica, ob iisque idem Carohis illum pensione annua muneratum vohiit, ut ex ejus litteris datis 5 febr. an 1372
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Les mandements que nous venons de citer nous permettent de préciser d'une façon plus exacte qu'on ne l'a fait ordinairement la date de la composition des traductions d'Aristote. La question pour nous ne manque pas d'intérêt, puisque nous saurons par là si les traductions ont précédé, ou suivi, le Traité des monnaies.
Quelques auteurs récents, trompés par une apparente filiation des idées, ont cru en effet que les traductions avaient dû nécessairement précéder le Traité. Il semble bien que telle soit par exemple l'idée de M. Hertrych (i) Et c'est aussi à ce résultat que sont arrivés forcément ceux qui ont accepté pour la date de la composition la période trop basse des années iSyy-iSSo (2).
De leur côté, les biblioj^^raphes anciens paraissent avoir été assez embarrassés pour fixer une date, et celles qu'ils apportent, un peu au hasard, paraît-il, sont notablement diverg-entes. Ce qui les a déroutés, évidemment, c'est que pendant des années on voit Oresme continuer à recevoir des gratifications successives, pour une œuvre qui, semble-t-il, était déjà auparavant achevée.
La difficulté pourtant n'est qu'apparente, et elle peut
patet, quae servantur a Carlophylario caméra* Comp. ». Cette lettre est évidemment la même qui a été relevée par Dupuy (suprà, p. 88, n. 1). Cf. Crevier, Hist. de Paris, lll. 427 ; Franklin, Hist. de la Bibliothèque du Roi. p. la.
i. Hertrych, Les théories monétaires au XI V^ s., Nicole Oresme, 1899. 8«, p. 58.
2. V. par ex. : Galtia Christiana, éd. 1759, t. XI, col. 789 ; Lecointre-Dupont. Lettres sur l'histoire moiietaire, p. 49 ; Benoist, La politique financière de CItarles V, p. 92, etc., etc.
Pour les Ethiques, la plupart des bibliographes ont adopté la date de 1370 (Bulseus, H . U. P., IV, 977 ; Oudin. Supplément à Bellarmin, p. 643)- Pour les Politiques, Oudin et Hauréau donnent la date très basse de 1578 ; pour l'Economique, ce dernier avance seulement jusqu'à 1577.