Le Blanc, Traité historique des moiiiiaies, p. iSa
3. Charte de Louis VI, de 1120, dans Mabillon, De re diplomalica, p. 598; Chronique de Meleac, dans Labbé, Nova Bibliotheca, 1643, II, 219. Cf.: Luchaire. Institutions des premiers Capétiens, 1, c)5 ; Luchaire, Annales de Louis VI le Gros, p. i58 et 296.
4. Bimbenet, Examen critique de la charte octroyée par Louis Vil aux habitants dOrléans en llo7 (dans Mém. Soc. agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans, t. XVI, p. 67 sq.).
r». Paul. .Emil. Veronensis, De rébus qestis fraMorum, Phil. Pulcher rex 45 (éd. Paris, i5^|.'5, f ."65, v").
COiNCEPTION FÉuDALt DE LA MON.NAIK 12o
Le droit, en effet — il importe d'y insister, puisque on a voulu justement le contester — le droit est en soi parfaitement reconnu, parfaitement avoué (i). La monnaie étant la chose du prince, il peut en faire ce qu'il veut, et il n"a pour cela de comptes à rendre à personne : « Ouando voluerit stabit, quando voluerit, mutabitur », disent énerg-iquement les coutumes de Namur. En France, lorsqu'en 1290 Philippe le Bel diminue pour la première fois la valeur de ses espèces, loin de se cacher, loin de dissimuler son acte, il le fait connaître publiquement, en invoquant hautement la pénurie du Trésor qui le force à recourir à un moyen avoué par la coutume et reconnu à ses prédécesseurs (2). Quand le pape Boniface VIII plus tard, au cours de ses démêlés avec la couronne de France, s'avise de lui reprocher le tort [injuria) qu'il a causé à ses sujets par les changements qu'il a par deux fois apportés à sa monnaie (( contra œquitatem et juris ordinem », le roi peut le prendre de très haut et faire répondre « Sur le neuviesme article, — qu'il a pu de son autorite faire de la monnoye de son royaume ce que bon lui sembloil, a limitation de ses prédécesseurs » (3). Et il ne fait en effet, en rehaussant
1 . En ce sens : dom Secousse, Ordonnances, Prêfdce dii tome III, p. Cl : Delisle, Les revenus publics en Normandie, 4'' article, dans Bibl. Ec Chartes, 3e série, t. lll, io5 ; Claraageran, Hist. de V impôt, p. 216 ; Prou, Esquisse de la politique monétaire des rois de France, p. 84.