‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 80 sur 361 · I. Gril. 3o ocl. i558 (III, aG · texte numérisé non relu

I. Gril. 3o ocl. i558 (III, aG

li. Ordonnance 5i oct. i5j4 (H> ^^q) j Ordonnanceg nov. ij55 (III, i8>.

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trop au noir (i). Inconvénients de l'altération des espèces: par le fait que les monnaies élrang-èreSjque le métal non monnayé, viennent désormais en concurrence avec la monnaie locale, le cours arbitrairement fixé par le prince ne peut se maintenir ; et dans le royaume, le phénomène si bien décrit par Th. Gresham se produit automatiquement : la monnaie inférieure expulse la bonne de la circulation. Inconvénients de la mutation des espèces : avec un commerce déjà actif, toutes les transactions sont journellement faussées (2), les paiements devien-

1 . Sur les elfels des mutations au xw" siècle, on consultera, de préférence aux tableaux tracés par les modernes, quelquefois avec trop d'imaginalion, les anciens historiens qui en ont pu recueillir encore l'écho : du Ilaiilan, Etat et succrz des affaires de France, éd. Paris iSjo, II, çp ; Paul .Emil. Veronens. Be rébus gestis Frauc&rum, éd. iS/iS, f** 563 r" ; Papire-Masson, Annales, lib. III, éd. 1577, p. 426. Ils ne sont nulle pari mieux exprimés que dans un mémoire de P. Dubois, mis au jour par M. Langlois « Gravamen per mutationem pecuni;e proveniens sensibiliter potest videri, judicari, presurai per hoc quod redditus nobilium et aliorum quorumlibet in pecunia facti non sunt augmentali, cum unum solum habeant denarium, ubi duos habere consueverunt et omnes res ad victura et vestitum necessarie sunt in duplo fere solito cariores... Prcetereaqui habet trecentas libras reditus extra regnum portandas amittit terciam partem, quia plus ante pecunie mutationem habebalur de auro vel argento pro ducentis libris quam modo pro trecentis... Et sic omnes subdili per mutationem pecuniarum dampnifîcanlur, exceplis solum principe, firmariis^ et factoribus monetarum elc... (P.Dubois, De ahreriatione liiium, fo 02 v*', éditéparM. Langlois, en noie sur le Dereciiperatione terre sancte, p. 124).

2. «A grant peine, reconnaît le roi Jean lui-même, esloit home qui en juste payement de monnoies, de jour en jour se pust connoîlre » (Lettre du 17 sept. l36i, Ord. III, p. 52o). L'interpolateur du prologue du Traité français dit de même a aujourdhuy y a plus de faire entre les marchands destre d'accord du pris de la monnoie et evaluacion, qu'il n'y a de la marchandise dont ils traictent (Traidie, éd. Wol., p. 3).

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lient incertains, les opérations commerciales à longterme impossibles (i) ; la g^ônc et la ruine sont portées dans les fortunes privées.

Les maux sont si évidents, maintenant, que nul ne songe à les nier. Le ton des historiens a changé ; ils blâment énergiquement maintenant les mutations, et se font l'écho des « clameurs et murmures » du populaire : ils se répandent en lamentations sur les maux qu'elles ont entraînés (2). De tous côtés, les princes n'osent plus nier le mal; ils reconnaissent que le peuple est « grandement grevez et damagiez » (3) ; que « par le cours de tels mauvaises monnoies, ceulx qui souloient habunder en richesses sont cheuz en g-rant pouvreté » (4). Et le peuple, (( qui a les espèces affebloyees en indi^nacion et moult conlrecueur » (5), le peuple commence à chercher

I . Cf. sur les difficultés des paiements : Nat. de Wailly Mémoires sur les variations de la livre tournois, dans Mém. Ac. Inscr., XVIII, \^^ part., p. .îa ; Secousse, préface du tome III desOriloutiances, p. cv-cvi ; L. Delisle, Essai sur la condition des classes rurales, c. 20, p. 572-575 ; Glasson, Hist. du droit et des inslilutions de la France, VI, p. i35-i38.

•i. « Karolus rex novus, contra bonum commune, patris sui, sequens vestigia, qui suo terapore monetas mutaverat, hoc anno, quorumdam seductus perversorum consilio, debilem monetam poni instituit, unde in populo, postea, damna innumerabilia sunt secuta » (Contin. Guill de Nangis, éd. Giraud, p. 45) ; Cf. Villani, Istorie Fiorentine, a" i3i2, i34o, lib. XI (dans Muratori, éd. cit.); Chronique d'^s premiers Valois, a"^ i337, éd. Siméon Luce, p. 8; Grandes chroniq. de Saint Denis, a" i344) '^J- t*- Paris, t. VI.

3. Ordonn. 21 mars 1028 (II, 27) ; Ordonn. 25 mars i3j2 (Il 84).

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