‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 81 sur 361 · Lettres du 15 déc. J317 (Avch. Nat., JJ 55, f · texte numérisé non relu

Lettres du 15 déc. J317 (Avch. Nat., JJ 55, f

5. Remontrances des villes de Toulouse, Montpellier, Carcassonne, Narbonne, etc., sur le fait des monnaies, en Tannée i3i7, citées par dom Vaisselle, Hist. du Languedoc, t. IV, preuves, p. 160.

mille moyens de se soustraire aux conséquences des opérations monétaires : tantôt, par révolte ouverte, il refuse de recevoir les nouvelles espèces, tantôt il conserve dans le commerce, malgré les peines portées aux ordonnances, les pièces anciennes; plus souvent il shabitue à contracter en lingots, en pièces déterminées, non plus « à solz et à livres » mais « en mars d'or et d'argent » (i), « en agnels, moutons d'or, florins de Florence ». Malgré les efforts des rois, un cours volontaire s'établit ainsi (2), où l'on ne tient plus compte que de la valeur réelle des espèces (3) ; c'est-à-dire qu'en somme on revient au troc, à la monnaie pesée et essayée (4), que l'on ne veut plus se servir dans le commerce de la monnaie frappée, marquée au seing du roi.

C'est là, manifestement, un signe que la vieille conception monétaire ne convient plus à l'état économique nouveau, puisque le commerce en fait, s'en débarrasse, et rejette la monnaie réglée suivants ses principes. Dès ce moment, évidemment, on eût dû procéder à une revision complète du problème monétaire, on eût dû renoncer à la conception d'une monnaie domaniale, maintenant démentie par les faits dans son principe même, renoncer surtout aux pratiques dangereuses qui en découlaient.

Mais rien n'est plus malaisé, comme on sait, que de répudier immédiatement des idées de longtemps traditionnelles, rien n'est plus difficile que d'abandonner des procédés financiers accoutumés, surtout lorsqu'il faut en

I. Ordonnances des 2?) oct. i35o (II, 53); 12 mars i556(III, 148) ; 25 janvier i'5ùy, A 3 (III, 296); 27 sept. i36i (III, 52i).

2-5. Nat. de Wailly, Mémoires sur les variations de la livre tournois, passim : Secousse, préface du tome III des Ordonnances, I X, p. cv.

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