Tr.: c. i6, p. 49;= lat. CXVI
5. Tr.: c. I, p. ()4 ^^ f''- IX' Dans le sermon pour le dimanche de Quasimodo, sur le texte de la conversion de saint Thomas « bifer dif/itum iuum hue, et vide ma nus meas^i, Oresme a trouvé moyen par une suite de raisonnements des plus inattendus sur le rôle du pouce, qui est dit-il comme la mesure et la justice des autres doigts, quia cum omnes alii digiti cum illo applicaverunl, ad aequilatem quandam reducuntur, de parler de la justice coramutative, et par suite de l'origine de la monnaie. Le passage est intéressant à rapprocher du texte du Traité et des Traductions :
« Girca primum nota quod antiquitus, antequam peccunia esset inventa, non erant in mundo proprie eraptiones et vendiciones, sed rerum commutaciones, sicut unus dahat vinura etrecipiebat bladum, secundum valorem illius vini. Sed quia erat valde difficile merca-
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cherchée, chose naturelle et marchandise par elle-même comme les autres, mais marchandise à laquelle une convention générale des hommes vivant en société a précisément, pour l'utilité commune de tous, pro commiini omnium ntilitate, donné une fonction particulière, et qu'elle a fait uniformément accepter par tous comme intermédiaire commun des échanges.
§ S. — Fonctions et rôle de la monnaie (1)
Ce rôle d'intermédiaire des échanges, c'est en effet celui que les hommes ont demandé avant tout à la monnaie de remplir (2), c'est la raison même pour laquelle ils l'ont créée. Mais en réalité, elle intervient ici d'une double manière ; à la fois comme instrument, comme mesure commune des valeurs, et aussi comme objet propre, tierce marchandise entre les objets. Ces deux
toribus, inventas est usus peccunie, raediante quâ que fuerunt hominibus necessaria, satis facile possunt haberi, quia peccunie obediunt omnia. Inventus est usus statere vel bilancie, ut de nullis quae venduntur possit fîeri deceptio. Qui ergo juste vendunt et peccuniam bonam expendunt, et qui cum staVera juste pondérant, habent primam partem digiti, et primam partem justicie, sed mali mercatores, qui rem malani vendunt pro bona, peccuniam falsam pro vera expendunt, qui cum unâ staterâ majoris ponderis erannt, et cura aliâ minoris ponderis vendunt, non habent istam justitiam, de quibus dici polest secundura Proverbiorum lib. II. « Abhominatio est domino pondus et starera dolosa » (Ms. Lai. 16.873, /■« 49, r«).
1. Tr., passim ; Ethiq., 1. Y, c. 1 1, i° L \° ; Politiq..!. I, c. 10, f° XIX, 1°.
2. « Et pour ce convient-il que toutes choses de quoy len fait commutacion soient comparées aulcunement et évaluées lune a laultre. Et pour ce fut premièrement trouvée monnoie, et de ce vint elle ». Ethiq., 1. V, c. 11, Texte, C XLIX, r".
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fonctions rationnellement distinctes, de mesure et de tierce marchandise, on les confond souvent dans l'usage courant, et Oresme, si nous en croyons sa terminologie, paraît bien ne les avoir pas non plus nettement distinguées. Il appelle bien et très justement la monnaie « la mesure en commutacion des choses que Ion vendt et acheté » (i), « la mesure par quoj Ion amaine a equalite les choses qui par ce sont mesurées » (2), « la chose par quoy Ion ramaine a évaluation commune la superhabondance et la delïaulte » (3), mais il la considère aussi indifféremment, comme « le moien en commutacion », (( linstrument pour marchander » (4), « linstrument pour les naturelles richesses plus legierement permuer » (5). Toutes ces expressions, et quelques autres analogues, se présentent, semble-t-il, tout à fait arbitrairement sous sa plume quand il s'agit de caractériser la fonction du numéraire ; et par là il semble bien que pour lui les deux idées se confondent, ou, plutôt peutêtre, que sous des formules variables, il n'envisage en réalité qu'une seule et même chose : le rôle intermédiaire de la monnaie dans l'échange.
Mais si c'est là la fonction primitive du numéraire, et