‹ La théorie de la monnaie au XIVe siècleChapitre 93 sur 361 · Tr., c. 4^ P- 99 ^^ h'. XVIII · texte numérisé non relu

Tr., c. 4^ P- 99 ^^ h'. XVIII

LA DOCTRINE d'oRESMK 193

materiae débet esse abundantia) (i). Mais s'il est utile, voire même nécessaire^ qu'il y ait (( soiiffisance de matière monnoïable » (2), il importe pourtant qu'elle ne soit pas non plus trop commune (nec expeclit politiae quodtalis materia sit niniis abundans) (3). Trop répandue en effet, elle ne pourrait plus suffisamment condenser de valeur ; et c'est pour celte raison, remarque Oresme, qu'on a dû autrefois abandonner l'usage de la monnaie de cuivre.

La matière sera donc à la fois pveciosa et rara (4). Pour être d'un usage commode, il sera bon môme qu'elle soit d'une grande valeur sous un petit volume, que pour une faible parcelle de matière on puisse se procurer les richesses naturelles en assez grande quantité {quod pro modica ipsiiis porcione, habeantiir diuitiae naturales in qiiaiititate majori) (5). Elle sera par là, comme le remarque Oresme, plus aisément maniable, et se prêtera plus docilement aux exigences du transport et du commerce lointain [faciliter manibus attrectabile seu palpabileet lévite r portabilé) (6).

Comme mesure commune des cAoses, d'autre part, la monnaie devra pouvoir suivre dans leurs degrés insensibles les variations infinies de la valeur des choses, elle devra pour cela être facilement divisible, sans diminution de valeur, en sorte qu'elle puisse par des divisions succes-

1. Ti'., c. 2, p. gS = fr, XI ; Cf. c. i5. p. 1 1 1 = fr. XL.

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