ANALOGIE ENTRE LES GAZ ET LES SOLUTIONS
reffortdes molécules se traduira par l'appel d'une nouvelle quantité de dissolvant par la paroi inférieure. En conséquence, le liquide du tube s'élèvera, entraînant avec lui Teau pure du vase extérieur. C'est précisément ce qu'a observé Pfeffer, et la pression mesurée par la hauteur de la colonne liquide dans le tube, au-dessus du niveau extérieur, représente exactement la pression osmotique des molécules de sucre dans leur dissolution: c'est la pression qu'il aurait fallu appliquer au début de Texpérience sur la surface libre de la solution de sucre, si l'on avait voulu l'empêcher de s'élever dans le tube.
3"* Les travaux de Pfeffer, de Van't Hofl* et de Raoult ont permis d'identifier complètement la pression osmotique à la pression des gaz. Les molécules d'un corps dissous dans un liquide déi^eloppent exactement la même pression en atmosphères qu elles développeraient si on les gazéifiait dans le même espace. C'est ainsi que la pression osmotique des molécules de sucre, par. exemple, est égale à celle qu'on obtiendrait en transformant en vapeur, à la môme température et sous le même volume, la quantité de sucre contenue dans la solution considérée, en supposant, bien entendu, que cette vapeur suive les lois de Mariotte et de Gay-Lussac. De même que 32 grammes d'oxygène, 2 grammes d'hydrogène, 28 grammes d'azote, 76 grammes de gaz chlore, ou, d'une façon générale, une molécule-gramme d'un gaz quelconque, occupant le volume d'un litre, exerce à 0° une pression de 22 atm. 35, de même aussi une molécule-gramme d'un corps soluble quelconque, par exemple, 342 grammes de sucre, 260 grammes de glucose (^), exerce, dans un litre de solution, une pression osmotique de 22 atm. 35.
(^) Voir les résultats des expériences de M. Naccari [Journal de physique (1897), p. 544).
10 PROPRIÉTÉS DES SOLUTIOyS
4° Les relations qui ant été établies entre la pression osmotique d'une part et rabaissement du point de congélation et Félévation du point d'ébuUition des solutions d^'autre part, sont remarquables. On a, en effet, démontré que ces abaissements ou ces élévations de température sont directemant proportionnels à la pression osmotique des solutions et, par suite, au nom])re des molécules qu'elles contiennent. En particulier les solutions contenant le même nombre de molécules présentent les mêmes abaissements et les mêmes élévations.
Lois communes aux gaz et aux solutions. — Les lois des gaz de Mariotte, de Gay-Lussac, d'Avogadro sont applicables aux corps en dissolution, pourvu que Ton remplace la pression du gaz par la pression osmotique. Ces nouvelles lois, appelées lois osmotiqiies, ont été formulées par Van't Hoff.
I** Loi de Mariotte. — Poiw une même masse de molecilles dissoutes ^ la pression osmotique est proportionnelle à la concentration^ ou inversement proportionnelle au volume.
En désignant par S la pression osmotique et V le volume, on a :
iSV = constante.
2° Loi de Gay-Lussac. — Pour une même masse de molécules dissoutes^ la pression osmotique croit proporiionnellement à la température absolue.
Si Ton désigne par T cette température absolue, il résulte des deux lois qui précèdent la relation :