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CHAPITRE PREMIER Propriétés des solutions

Analogie entre les gaz et les solutions» — Avant créludier la théorie de Télectrolyse proprement dite, il est indispensa])le de connaître quelques-unes des propriétés dont jouissent les corps qui sont en dissolution.

Un corps dissous a ])eaucoup d'analogie avec un gaz, et ils obéissent Tun et Tautre, connue nous allons le voir, à un grand nonil)re de lois communes :

i^ Tout d'abord, un gaz peut être considéré comme dissous dans le iiiilieu éthei\ ce qui fîût qu'entre une dissolution d'un corps quelconque et un gaz, il n'y a qu'une différence de milieu. Les molécules du corps dissous se meuvent au sein du dissolvant, comme les molécules d'un gaz se meuvent dans l'éther qui les environne (^). Van't Iloff(-) a montré tout le parti que Ton peut tirer de ce rapprochement.

(1) ROSENTHIEL. C. R., t. LXX, p.617.

(2) Va?5't Hoff. Zeitsch. fiir physik. Chem., I,p. 481 (1887); IX, p. 477 (1892).

8 PROPRIÉTÉS DES SOLVTIOSS

2** Un gaz exerce sur les parois du récipient qui renferme, une certaine pression. Par analogie, un corps dissous doit exercer une certaine pression contre les parois du vase qui contient sa solution. Cette pression est appelée /?/'e5^/o/i osmotique. De fait, dans les conditions ordinaires, cette pression est masquée par une pression en sens contraire, la pression qui maintient les molécules liquides en une masse, mobile il est vrai, et les empêche de se répandre dans l'espace environnant ('). Si on arrivait à supprimer la pression du milieu dissolvant, les molécules dissoutes se répandraient dans un volume plus grand, comme le ferait un gaz, et il faudrait, pour ramener ce nouveau volume au volume primitif, exercer sur lui une pression précisément égale à la pression osraotique.

C'est ce que démontrent les expériences de Pfeffer(^). Ce physicien introduit une dissolution aqueuse d'un corps soluble, de sucre par exemple, dans un tube de verre fermé à la partie inférieure par une paroi dite « semi-perméable » (^), c'est-à-dire perméable à Teau, mais imperméable aux molécules du (*orps dissous, au sucre, dans l'exemple choisi; puis il plonge le tout dans un vase contenant de l'eau pure, et amène les niveaux des deux liquides sur le même plan horizontal. S'il est vrai que les molécules de sucre, contenues dans le tube, cherchent à se répandre librement dans un volume plus grand, comme elles ne peuvent sortir de leur liquide, elles tendront à augmenter le volume de celui-ci; comme d'autre part, il n'est pas expansible.

(ij Pli. A. GuYE. Dissociation éîectrolytique ; article paru clans le Dictionnaire de Wtirtz, 2« suppl.

(i) Pfeffer. Osmotische Untersuchungen, Leipzig, 1877.

(3) Pfefifer se servait d*une paroi poreuse imprégnée de ferrocyanure de cuivre ; d'autres substances jouent un rôle analogue, le papier parchemin par exemple.

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