CHAPITRE PREMIER
Théorie de la dissolution des éléments entrant dans la composition des électrodes.
Oénéralitée. — Nous connaissons maintenant les propriétés des ions, nous savons calculer leur nombre et leur vitesse, nous (connaissons leur charge, toutes valeurs qui sont les variables indépendantes de la fonction : quantité d'électricité.
Il nous reste à connaître les conditions qui permettent aux éléments constituant Fanode, quand celle-ci est soluble, de passer à Fétat d'ions dans Télectrolyte (phénomènes de dissolution), et inversement les conditions qui permettent aux ions de repasser sur la catode à Fétat d'éléments moléculaires. Toutes ces conditions sont intimement liées au deuxième facteur de Fénergie électrique nécessaire au fonctionnement de Félectrolj se : la tension électrique.
Avant de calculer ce facteur, il nous importe de connaître les conditions de la dissolution des éléments et les phénomènes qui Faccompagnent.
D'après Fhypothèse d*Arrhénius, les éléments, en
entrant en solution ne peuvent passer de leur état moléculaire à Tétat d'ions que si : i*^ ils trouvent Toccasion de recevoir une certaine charge électrique ; 2® ils trouvent en solution des ions dont la charge soit égale et contraire à celle qu'ils envoient.
Les métaux^ y compris l'hydrogène, passent toujours lors de leur dissolution à Tétat d'ions et doivent conséquemment recevoir une certaine charge électrique ; comme cations ils reçoivent des charges positives. Plongés dans des électrolytes ils enlèvent cette charge aux ions-métal qui se trouvent en dissolution. Mais si ces ions-métal perdent leur charge, ils passent à l'état de métal moléculaire et se précipitent, à moins qu'ils ne soient plurivalents, dans quel cas ils peuvent ne céder qu'une partie de leur charge et ne perdre qu'une partie de leur valence. Abstraction faite des processus secondaires qui peuvent se produire, on observe donc lors de la dissolution des métaux une précipitation de métal (ou d'hydrogène) ou une diminution de la valence d'un des métaux présents en solution.
Ainsi, dans la dissolution d'un métal au sein d'un électrolyte, il y a substitution de ce métal à un autre avec cession de la charge de celui-ci au premier; pendant cet échange, l'ion positif constituant le radical acide est toujours resté le même avec sa même charge égale et contraire à celle de l'ion-métal quelle que soit la nature des métaux en présence. La même interprétation s'applique à la dissolution des anodes solubles au cours de l'électrolyse ; par exemple aux anodes de cuivre dans un bain de sulfate de cuivre : ici l'anode de cuivre, pour passer à l'état d'ions, reçoit des charges positives, non plus des ions de la solution mais d'une source électrique extérieure ; en même temps la catode reçoit, d'une source extérieure, des charges négatives