‹ La théorie des ions et l'électrolyseChapitre 37 sur 82 · TENSION DE DISSOLUTION ÉLECTROLYTIQVE · texte numérisé non relu

TENSION DE DISSOLUTION ÉLECTROLYTIQVE

pression osjnotique [V > p), — Dans ce cas le métal se dissout, c'est-à-dire envoie en solution des ions de charge positive, si toutefois (voir p. 76 et suivantes) il reçoit cette charge, soit des ions-métal présents (lesquels se séparent alors à Tétat métallique ou diminuent de valence), soit encore d'une source extérieure. En dehors du cas où Ton fait intervenir une source extérieure, le métal primitivement neutre prend une charge négative et le liquide se charge d'électricité positive.

Dans le cas que nous venons d'étudier, il se produit simultanément une pression osmotique qui croît et une pression de dissolution qui décroît jusqu'à ce qu'il y ait équilibre ; et alors :

2° La pression de dissolution est égale à la pression osmotique (P =/?). — Dans cet état d'équilibre le métal plongé a conservé sa charge négative et le liquide sa charge positive.

Plongeons maintenant dans le même bain que le métal un conducteur inattaquable et relions-le au métal par un fil conducteur extérieur au liquide ; la charge négative du métal neutralisera par l'intermédiaire de ce conducteur la charge positive des ions-métal de la solution; ces ions ainsi neutralisés se précipiteront à l'état métallique sur le conducteur inattaquable; la pression osmoiique p diminuera donc; on aura de nouveau P >/? ; l'équilibre sera rompu, le métal se dissoudra de nouveau et les ions qu'il enverra dans la solution se déchargeront à travers le conducteur en se précipitant à l'état métallique sur le conducteur inattaquable. Le métal enverra ainsi indéfiniment des ions en solution. Le métal et la solution auront constamment des charges de signe contraire qui se neutraliseront à travers le conducteur; c'est-à-dire que le circuit sera le siège d'un courant électrique. On aura ainsi réalisé un élément de pile.

Par le fait de sa charge, le métal a un certain potentiel; il en est de même du liquide. La différence de ces deux potentiels constitue la véritable source du courant dans un élément de pile ; c'est la tension électrique aux bornes de ce générateur de courant.

Nous avons supposé que, des deux métaux plongeant dans le même bain, un seul était attaquable; supposons maintenant que les deux métaux soient attaquables par Télectrolyte. Le courant de Télément de pile dépend alors de deux différences de potentiel, de celle qui existe entre le premier métal et le bain, et de celle qui existe entre le second métal et le bain ; ce qui revient à dire que le courant dépend de la différence des potentiels des deux métaux. Le courant circule, par définition, du métal ayant le plus haut potentiel à celui qui a le plus bas potentiel.

3° La tension de dissolution est plus petite que la pression osmotique {P<p). — Dans ce cas les ions-métal se précipitent à Tétat métallique sur le métal plongé en lui cédant leur charge positive^ si toutefois le métal plongé reçoit une charge négative destinée à neutraliser cette charge positive. C'est le cas, par exemple, de la lame de cuivre de la pile Daniell qui plonge dans une solution de sulfate de cuivre, lorsque cette lame est reliée par un conducteur extérieur, à Tautre pôle constitué par une lame de zinc chargé négativement. C'est encore le cas de la catode dans une cuve électrolytique quelconque.

Le tableau suivant indique les tensions de dissolution calculées par Le Blanc (*) (voir note V) et exercées par les métaux plongeant dans des solutions à I molécule-gramme par litre d'un de leurs sels

(i) Le Blanc. Lehrbuchder Elektrochemie (1896), p. i85.

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