‹ La Théorie géogénique et la science des anciens [microform]Chapitre 2 sur 3 · VESPERE ET MANE, DIES UNDS · texte numérisé non relu

VESPERE ET MANE, DIES UNDS

L'accord sur le sens précis des expressions vespere et mane, dies unusy est loin d'être unanime entre les commentateurs du récit génésiaque.

Les uns , parmi lesquels se trouve le savant abbé de Vence, ne voient dans les paroles précitées qu'une sorte à'hébraïstne, une locution propre à la langue dans laquelle écrivait Moïse (l ). Beaucoup d'autres prétendentque marie représente l'ordre, eihespere^ le désordre. D'où vespere, avant mane^ parce que le chaos a précédé l'arrangement de toute chose. — Ou bien encore vespere , la mise en rapport des éléments, et mane^ l'éclosion , la production de ce rapport.

Un des derniers défenseurs des jours ' ordinaires , M. l'dbbé Sorignet, voit les choses autrement que (ous ses devanciers. Pour lui , les expressions de la Genèse , identiquement répétées^ seraient comme un cri d'enthou-^ siasme, comme le refrain d'une grande ode (2).

(i) La Bible en latin et en français, avec des notes, (2) Cesmogonit de la Bible.

On peut juger, par ces manières de traduire, si divergentes entre elles, que lé sens de vespere et mane n'est pas aussi clair qu'affectent de l'affirmer certains interprètes, toujours attachés à l'idée de voir, dans les jours de la Genèse, des jours de vingt-quatre heures.

Cependant l'indication de^soirs et de matins antérieurs à l'existence du soleil, devient déjà une protestation significative contre le sens trop facilement prêté aux paroles de l'écrivain sacré ; puisque nos aurores actuelles et les crépuscules prédécesseurs de nos nuits ne sauraient être assimilés à ceux de jours sans soleil.

• Essayons, à l'aide des notions acquises, et du témoignage des traditions les plus anciennes et les plus universelles, de fixer le sens des expressions vespere et mane. ^

Nous l'avons déjà dit, la longueur, d'une part, et de l'autre la composition des périodes primitives, doivent faire immédiatement écarter l'idée de similitude entre le soir et le matin, en tant que durée de nos jours actuels et ceux des temps anciens. Mais ce que les périodes primitives et le jour présent ont de commun, c'est que nous trouvons, dans les unes et lés autres, le même ordre de succession des parties composantes. C'est à cet ordre de choses nettement exprimé que nous devons demander la solution de la difficulté qui nous occupe, parce que lui seul peut et doit nous la donner.

. Le commencement de la première période remonte évidemment au premier acte créateur que la Genèse nous

-Inédit avoir eu lieu dans le principe de toute chose, in principio. Mais, ce commencement de la preibière époque est en même temps celui de 1^ première puit. L'historien sacré nous dit positivement que le temps a commencé par les ténèbres : Tenebrœ erant super faciçm ahyssL Voilà donc un point sur lequel iltie peut y avoir de doute. /

11 en do:i être de même du moment qui a vu clore cette première nuit, devenue d'une importance excep- ' tionnelle, comme nous le verrons bientôt, aux yeux de tous les anciens peuples de la terre, (l'est le premier fîat^ le fiât te, qui l'a fait cesser. Voilà pour le vespere.

Quant an maîîe, son ordre d'existence et son commencement ne sont pas plus difficiles à déterminer L'un a commencé où l'autre a fini, et s'est poursuivi jusqu'à ce que la nuit de la seconde période vînt succéder au premier jour complet et composé de ténèbres et de lumière.

Tel est l'exposé exact de l'ordre dans lequel les faits se sont accomplis au commencement, faits dont Moïse avait ù rendre compte aux généraûons à venir. Et, pour cela,' je le demande, peut-on s'y prendre autrement que ne l'a fait l'historien dont nous cherchons la pensée intime. En écrivant comme il a écrit, ne peut-on pas dire que l'auteur de la Genèse a cédé non-seulement aux exigences de la vérité, mais aussi aux lois du langage et du bon sens ?

La première période, répétons-le encore, était composée de deux parties distinctes , la partie ténébreuse et la partie lumineuse, qu'il fallait énoncer. iN'élait-il pas

de toute logique, comme de toute exactitude, de commencer par le commencement, pour terminer par la fin, et d'exposer les faits dans Tordre suivant lequel ils se sont produits?

Que dirait-on d'un écrivain qui , ayant à nous faire connaître les trois phases principales de la vie humaine, les énoncerait en commençant par- la dernière, et dirait .-^ la vieillesse, l'âge mûr et la jeunesse constituent la vie humaine ? Ne serait-on pas choqué de le voir renverser l'ordre naturel des idées, et s'exprimer au rebours de l'usage, on peut dire aussi du sens commun?

Ainsi n'a point fait MdisQ. Sa pensée est clairement, régulièrement, grammaticalement exprimée. La partie ténébreuse du jour primitif est mentionnée la première, parce qu'elle a existé la première, et la seconde ensuite, parce qu'elle est venue après. La chose est sans mystère. L'expression faclum estvespere et mane,diesunus,deme\ire aussi naturelle et aussi claire que possible (1). ^ Mais voici un autre fait considérable, qui prête au sens que nous venons de donner au texte précité un vrai caractère de démonstration.

Si nous portons, notre attention sur la manière dont

(i) A ces raisons nous pouvons ajouter la suivante, déjà indiquée ailleurs, et qui les prime toutes. C'est que le ciel et la terre,- au témoignage de la Genèse> ont été créés en six jours. Or il est manifeste que si le premier avait commencé par la partie lumineuse , ou au fiât lux , nous aurions eu en plus des six jours toute la partie ténébreuse, ou la nuit première, ce qui n'est pas admissible d'après le texte sacré.

les peuples anciens ont compté leurs jours, nous ne sommes pas peu surpris de les voir généralement les commiencer au soir, contrairement au sentiment naturel qui nous fait voir, dans le jour , l'image de la vie, et, dans la nuit, celle de la mort. Il semble qu'on devait s'attendre à tout le contraire de ce que nous trouvons.

Cepend.u t^ lo fait que nous affirmons ne peut être douteux. Ecoulons comment s'exprime le savant et judicieux abbé de Verice : :

« Chez les Juifs, voici quelle était la manière de composer les jour?. Les jours se comptaient d'un soir à l'autre. iMoïse marque le jour par ces deux iermes vespere et mane. Lq soir ou la nuit allait avant le joiir, qu'on nomme le matin. Moïse ne marque aucune différence entre les jours civils et les jours sacrés. Or , les fêles commençaient au soir, et finissaient de même. ^ vesperâ in vesperam celébrabitis sabbata vestra. Cette coutume a toujours persévéré parmi les Juifs, et elle est passée de ce peuple à l'Eglise chrétienne, qui commence l'office du jour parles Matines, au soir, à l'entrée delà nuit précédente (1).

(1) Le jour, ainsi que la nuit, chez les Romains, se divisait en quatre parties. Pour le jour, ces parties s'appelaient Prime, Tierce, Sexfe et None. Elles étaient chacune de- trois heures, plus ou moins longues, suivant les saisons.

Il en était de même pour la nuit, dont les parties étaient appelées Veilles. L'office de Laudes, dans l'Eglise chrétienne, devait être clianté à, la quatrième veille, ou à l'arrivée du jour, en mémoire de la première aube qui a éclairé le monde, au commencement des temps.

Ce qui doit encore être remarqué, c'est que, aujourd'hui même , la

» Les Athéniens, selon Varron et Macrobe, les Egyptiens, les Gaulois, les Germains, les Numides et- beaucoup d'aulrés, comptaient leurs jours comme les Juifs.

» Cette pratique se voit .encore dans quelques titres allemands, oii l'on met trois nuits au lieu de trois jours. . Les Anglais s'expriment de même. Ils nomment la semaine sennight qui, à la lettre, veut dire sept nuits (1). Dans la Bohême, et dans les pays voisins, du côté de la Polo-, gne, on commence le jour au soir, et l'on compte vingtquatre heures d'un soir à l'autre. » - ( La Bible en latin et en français,) -.

Le docte commentateur, que nous venons d'entendre, aurait pu ajouter à. la longue liste des peuples qui ont compté, ou qui comptent encore leurs jours, en commençant au soir, celui-là même qui est le gardien né des traditions religieuses, et qui les conserve avec plus de, respect que tous les autres. Je veux parler du peuple romain.

> Contrairement à tous les Etals qui l'entourent, celui de Rome, en effet, commence ses jours au soir, à V Angélus, ou h la naissance des ténèbres. Tous ceux qui ont passé quelque temps dans la ville éternelle ont pu constater, par eux-mêmes, cet antique et précieux usage (2).

presque totalité des hymnes de l'Office férial, soit pour le jour, soit pour la nuit, ont trait à la création.

(1) Dans la campagne les paysans disent encore anuit pour ce jour, aujourd'hui.

(2) A Rome, l'heure de l'Ave, Maria, ou du commencement du jour, nç

Le fait des traditions anciennes relativement au commencement du jour par les ténèbres est donc bien établi. Mais comment le rattacher au vespere k manedxx récit: mosaïque? Le voici ;

La semaine primitive a été composée àe sept jours, dont le dernier, comme on sait, dure encore. C'est le jour du repos du Créateur.JSous imitons nous-mêmes ce repos du divin ouvrier, quand à la fin d'un grand travail ou d'une difficulté vaincue., nous établissons un ou plusieurs jours de fête. Qui ne connaît les réjouissances auxquelles donnent lieu le lever de la dernière gerbe, dans la moisson, et la pose de la première et de la dernière pièce d'un édifice ?

Des deux termes du grand oeuvre de la création, le dernier est devenu l'objet d'une bénédiction spéciale et d'un précepte sainU L'institution qui doit en conserver le souvenir parmi les hommes, est celle du repos sabbatique.

Le monument auquel a été confiée lia mémoire du premier jour de la création* pour la transmettre aux générations les plus reculées, paraît avoir été l'obligation imposée par l'entremise du premier homme, aux an-

sonne jamais avant cinq heures du soir, et jamais après huit heures, suivant les saisons*

Si l'on tient compte de la différence entre cinq et huit, et qu'on cherche à quelle heure tombera midi, aux diverses saisons de l'année, on voit qu'il ne peut se trouver au-delà de dix-neuf heures, ni en deçà de seize heures. C'est delà, sans doute, qu! est venu le vieux proverbe Chercher midi à quaterse heures, pour dire- chercher une chose impossible à trouver.

ciens peuples^ d'avoir à composer leurs jours sur le modèle du jour primitif. . -

La preuve de ce fait so trouve dans les prescriptions ' mêmes faites par Moïse au peuple hébreu, qui ne fut pas libre de^ marquer le commencement et la fin de ses jours religieux.

C'est du soir au soir; lui a dit le grand législateur, que doivent être célébrés les jours de sabbat. A vesperâ in vesperam celebrabitis mbbala vestra ( 1 ).

Je ne sais si l'on peut produire un précepte plus formel.. Ce qu'il y a au moins de certain, c'est que le peuple juif, d'un côté, et, de l'autre, l'Eglise chrétienne, ont été constamment fidèles à maintenir intactes les. traditions primitives. ' • - Ainsi, le mspere et mane de la Genèse ne sont qu'un détail de la semaine de Dieu, de la grande semaine qui a vu naître et organiser l'univers.

Veut-on savoir mainten/mt ce qu'a été cette semaine elle-même, aux yeux de toutes les nations ? Ecoutons notre célèbre astronome La place :

« La semaine, dit-il, depuis la plus haute antiquité, dans laquelle se perd son origine, circule sans interruption à travers les siècles, en se mêlant aux calendriers

(1) Lévitique, xxin-32- Mais ce qui prouve clairement que le principe relatif au septième jour est de date ancienne et bien antérieure à celle, du temps où vivait Moïse, c'est que ce chef du peuplé de Dieu ne formule pas - un commandement venant de lui-même : il se contente de rappeler un ordre ancien, une loi primitive. Metmnto ut diem sabbati sanchflces. Ex., xx-8. Et de fait nous les voyons observés au désert de Sin avant la loi du Sinaï,

successifs des dififérenls peuples^ il est Irès-remarquable qu'elle se trouve la même par toute la terre. C'est peutêtre le monument le plus ancien et le plus incontestable des connaissances humaines. Il paraît indiquer une source commune, d'où elles se seraient répandues (1). »

L'Eglise chrétienne, en réservanlpuur elle, comme nous l'avons vu, l'obïigalion d'honorer particulièrement le commencement de la création^ par la manière de compter le jour, n'a pas cru devoir, cependant, l'imposer aux divers peuples qui la constituent, n'ayant pas à cet égard de mandat spécial comme pour le. repos du septième jour. Mais elle nous montre assez, par sa propre conduite, en quel haut degré -de respect nous devons tenir les traditions qui se rattachent aux opéralions dfvines dans la création.

Aux avantages qui les recommandent à l'altenlion des esprits observateurs, et en particulier à celle du très-honorable et Irès-judicîeux M. Paye, les précédentes explications pourraient j(»indre celui de rendre mieux compte qu'aucune autre, peul-êlr^, du transfert du repos sabbatique , chez les chrétiens , du septième jour de la semaine au premier. Car si le mémorandum de la grande semaine de Dieu n'a pas varié depuis le berceau de l'humanité, il n'en est pas de même de la disposition des jours qui demeurent fixés, dans le christianisme, comme il vient d'être dit. De quelque intérêt que

(1) Système du pionde.

soient ces nouvelles considérations, je dois pourtant en ajourner le développement, pour ne pas prolonger outre inesure la longueur de celte élude. Je me résume donc, et je finis.

Les Anciens, on ne peut le nier, avaient une science, soit acquise, soit traditionnelle. Moïse, par son éducation distinguée et son inslruclion faite à la cour des Pharaons, a eu tous les moyens désirables de réunir les connaissances de son temps. Par son génie incontesté, il était, plus que tout autre, à mênie de tirer profit des trésors littéraires el scientifiques renfermés dans les bibliothèques égyptiennes. Car il y avait en Egypte des bibliothèques, c'est un fait qui ne peut être mis en doute, et les bibliothèques, comme de juste, supposent des livres qui ne sont autres que les papyrus, aujourd'hui en partie répandus parmi les diverses collections de l'Europe. En dehors de l'inspiration, Je grand et très^intelligent libérateur du peuple hébreu avait donc toutes les facilités à sa disposition pour connaître et compiler les traditions des patriarches, ses ancêtres. La conséquence de ces observations instructives, c'est que Moïse, en parlant d'un moyen 'provisoire d'irrigation^ m comprenait parfaitement le. sens et la portée. •

En d'autres termes, l'Annaliste des six jours tenait, devant ses contemporains, un langage qui, évidemment, était coniiu de tous. D'où il suit que s'il nous était permis de supposer, pour un instant. Moïse.

présent au milieu de nous, lé plus grand étonnement

de cet illustre historien serait, sans doute, de nous .entendre disputer sur des faits qui vraisemblablement ne lui paraissaient pas même susceptibles de deux interprétations. Tant il importe de tenir compte des temps, des circonstances et des dispositions des esprits, au. milieu desquels un livre a élé écrit, lorsqu'on veut avoir la pensée exacte de son auteur.

Q'cani à. la théorie géogénique de l'Ecrivain sàcré^ elle se dégage avec netteté des commentaires bibliques auxquels nous avons eu recours. Mfoïse fait naître la terre ferme dans le sein d'une masse primitivement aqueuse, et il affirme que noire planète doit à une loi, instituée au troisième jour, le grand phénomène du passage de la matière liquide à l'état solide. C'est à ce moment solennel que des transformations chimiques jusque-là inconnues se sont faites et ont donné naissance à nos continents. Et, comme particularité remarquable, nous avons vu les montagnes se .construire autour des abîmes de la mer. — Une fausse interprétation, avons-nous dit, de Ce texte de saint Jérôme : Congregentur aquœ in unum locum, et appareat arida, avait fait se déplacer les eaux de ces mêmes océans pour rouler dans des excavations imaginaires et préexistantes.

Enfin, comme motifs d'une plus grande confiance dans une- complète solution des difficultés que nous avons t43uchées , il faut rappeler, en terminant, les convictions instinctives des savants de nos jours, et les lîieltre en regard de l'exposé que nous venons de faire

de nos propres recherches sur rorigine aqueuse de la lerre.

On peut dire qu'il n'est pas, à l'heure qu'il est^ un

écrivain devant traiter de la naissance de l'univers; qu'il

n'est pas un professeur de sciences naturelles, se prépa-

rant à entretenir un auditoire des lois fondamentales de

la combinaison,' qui ne fassent réserve le premier dans

la préface de ^on livre, le second à l'ouverture de son

COUTS, sur la propension des esprits cultivés etobserva-

•leurs à n'admettre qu'un très-petit nombre d'éléments

- générateurs de la matière, un, deux ou trois au plus.

Tous les corps aujourd'hui appelés corps simples, les me*

. taux eux-mêmes compris, ne seraient que des composés.

Toutes les études, toutes les observations, toutes les ana-

logies, au témoignage des hommes spéciaux, conduisent

à cette hypothèse^ presque nécessaire à l'explication de

l'état actuel des chose^.

Ce n'est pas nous assurément qui contredirons celte reçaarquable manière de voir des? esprits particulièrement adonnés à Tétude des lois du Créateur, qui travaillerons à amoindrir ce flatteur espoir de l'investigateur des secrets de la nature. Tout ce que nous avons dit jusqu'ici, tout ce qui nous reste à déduire des faits que nous nous proposons ultérieurement d'examiner, suppose^ au conlraire, cette vérité soupçonnée, indiquée par la science, et pour ainsi dire réclamée par la teneur -du plan divin. Si donc le pressentiment universel du monde savant devenait jamais une réahlé , l'époque

précise du commencement de la grande transformation de la matière liquide en composés solides, ne serait plus à chercher. Nous l'avons indiquée et marquée pour toujours ; c'est, celle où il fut enjoint aux éléments de laisser apparaître un aride. Espérons, oui espérons que Dieu donnera^ un jour, à la science dont il est seul l'inspirateur, de franchir la limite aujourd'hui imposée à nos laborieux efforts, et applaudissons d'avance, à la gloire de l'heureux génie qui aura le premier renversé l'invincible barrière.

Par lui et par son inappréciable découverte, la pensée de Moïse sera mise dans un jour tout nouveau. Le caractère de l'œuvre essentiellement progressive du Créateur deviendra plus saisissant, et nous comprendrons mieux les grands phénomènes de la cosmogonie en gé néral et ceux de la géogé'nie en particulier. Tels, par exemple, que la formation de l'atmosphère pour coercer les vapeurs, que la science moderne, de concert avec l'historiographe sacré, affirme avoir primitivement occupé un volume considérable autour du noyau terrestre ^ tels que la transformation d'une partie du liquide aqueux en un aride que toutes les observations, nous l'avons déjà dit, s'accordent à nous présenter comme une vaste agglomération de composés multiples et dérivés d'une matière préexistante ; tels que l'apparition de la vie sur le globe, et la naissance des végétaux en germe ; tels enfin que le développement de ces mêmes végétaux, au milieu d'une alnaosphère tiède et humide.

ainsi qu'il le fallait aux jeunes pousses des plantes tendres etfragilesquele sol venait démettre au jour.

Ainsi, le progrès des sciences que tout fait pressentir, nous promet un ensemble de dépositions en parfaite harmonie avec celles de la Bible et des faits observés. Comme eux, il témoigne d'avance en faveur de la marche attentive et mesurée qu'a suivie le Tout-Puissant dans sa manifestation extérieure, dans la production de ses , incomparables rnerveilles devant les intelligences créées, à celles de ces dernières que l'étude des lois de la nature a élevées plushaut^ il appartient évidemment de mieux comprendre l'œuvre des six jours, et aussi d'en adresser à Dieu une louange plus parfaite. Puissent ces pages obtenir quelque crédit auprès des savants, et leur venir en aide pour l'accomplissement du grand devoir dont il vient d'être parlé, et qu.e leur supériorité elle-même leur impose (i).

Aux Carmes, à Angers, le 12 novembre 1871.

(i) Le caractère de discussion particulière qu'a dû prendre l'opuscule que je termine ici, ne m'a pas permis de inettre en regard, et comme- contrôle des explications neuves qu'il contient, l'exposé des faits géologiques observés et acceptés par toutes les opinions. - -

Mais ce complément' nécessaire de mon travail,, déjà en partie préparé, ne se fera pas longtemps attendre. - '

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