‹ La théorie platonicienne de l'amourChapitre 30 sur 69 · I.A MKIIIitDK DIALECTIQUE DANS LE PHÈDRE · texte numérisé non relu

I.A MKIIIitDK DIALECTIQUE DANS LE PHÈDRE

C-23(i("-. HV.\ A à la iin) on, plus pailiciiliriTinciil. de lldi'-c (l'arl (le Irii'r [l'ICt H-Î'M H), (|iii alioiilisscnl, si l'on pirnd toujours sur la droite (conii». Soph. 2(;'i 10 avec Phèdre 1(\(] \) i\ l'Mi'tMlo sophistique; la (h'Iinitiou (pii y est donnée de la Dialeetique {^2:^'^ \W.) i'a[)pelle très exactement non seulement le passai^i' déjà eilé du Phèdre, mais d'autres encore. 270 I), tlW hK, 277 l> (cf. 2'tO l)C). Des remarcpies analogues s'applicpiei'ait'iil an Politique : l'importance de la méthode de division. It>s erreurs auxtpielles elle est exposée (comp. Phèdre 2G.i H *-. fin. avec Polit. 278 I) s. in.) y sont encore mieux mis en relief (285 A-C, 286 D-287 A, cf.' 262 A-264 B); les exemples sont plus noml)reux encore que dans le Sophiste et plus variés (2:18 B-268 I); 275 C-277 A; 279 A-284 B [l'art de tisser]; 287 B-305 E); enfin la division rationnelle y est comparée, comme dans le Phèdre, avec la division des membres d'un corps vivant (287 C). La concordance de la conception que le Phitèbe (16 C-17 A) nous donne de la Dialectique avec celle du Phèdre (cf. 277 B), comme avec les précédentes, n'est pas moins remarquable : elle les rappelle très fidèlement, tout en les précisant, et la solennité du ton n'est pas moindre, bien loin de là, dans le Philèbe (16 C) que dans le Phèdre (266 B); en conclurait-on que, lorsqu'il écrivit le Philèbe, Platon venait d'inventer la Dialectique? Ainsi la parenté du Phèdre avec le Sophiste, le Politique et le Philèbe paraît établie; ce résultat doit nous suffire, et, aussi bien que plus haut à propos des rapports du Phèdre avec le Timée, il est inutile de poursuivre une plus grande précision et de chercher à déterminer plus exactement, de ce point de vue, l'âge relatif du Phèdre. Rappelons seulement, pour iinir, le rapprochement déjà signalé (§ 69. p. 46) entre les formules du Phèdre au sujet de la Dialectique et celles que l'on trouve dans le XII^^ livre des Lois, 963 A, C-964 A, 965 BC, 966 A. L'idée d'une première opération ramenant à l'unité du concept la multiplicité des faits, puis d'une seconde, déterminant les différentes espèces et les subordonnant à f unité primitive dans une synthèse hiérarchisée, où sont exactement marqués les intermédiaires qui lient l'unité à la multiplicité, — cette

idée est exprimée, dans les passages auxquels nous faisons allusion, brièvement, mais avec une grande netteté'"*.

§ 96. — En résumé, le Phèdre nous apparaît comme un dialogue non seulement postérieur au Banquet, mais même voisin des derniers dialogues de Platon. A la vérité, en outre des raisons que j'ai données pour le prouver, on en a allégué un grand nombre d'autres, que j'ai cru devoir laisser de côté comme peu décisives. Il convient donc sans doute d'expliquer maintenant, le plus brièvement possible, pour quels motifs il n'a pas été tenu compte de quelques-unes d'entre elles relativement aux rapports du Phèdre et du Banquet, auxquelles cependant les partisans de la théorie que j'ai adoptée accordent une grande valeur.

Je mentionnerai tout d'abord ces allusions au Banquet, qu'on prétend apercevoir dans le Phèdre. Les plus notables ont été signalées au cours de l'analyse du Phèdre dans le chapitre précédent. Il faut signaler en même temps l'intéressante conjecture de Teichmueller '^^ d'après laquelle l'Eroticos de Lysias, au début du Phèdre, aurait été une critique du discours de Pausanias dans le Banquet : ainsi s'expliquerait l'ironie particulièrement mordante avec laquelle cet échantillon de la rhétorique non philosophique est, à son tour, critiqué par Platon. Mais, en premier lieu, le discours en question est-il vraiment de Lysias ''°? A cet égard, l'incer-

108. 965 BG : (ao ij-Ôvov ocïv upôç -rà ■noXXà (SâsticIV ouvaxciv etvai, Tipbç oà to £V èueîyeffôat yvwvaî zz xa\ yvôvra Tipô; èxeîvo ffu VTâÇadôat Ttâv-ra ^uvopwvra — Ttpbç (Asav tSIav ex tcov TioXXiov y.ai àvopioiwv Suvatôv etvat pXéitstv... 966 A :

il ne faut pas se contenter de savoir wç ti6).a' ecttiv... É'xaffTov..., mais il faut encore être en état de dire, en outre, ôttojî h te xat oTtr,... — Sur l'antériorité de la conception de la Dialectique dans Rep. par rapport au Phèdre, cf. Teichmueller LU. Fehd. I, 81, Raeder op. cit. 261. Sur la théorie de la Dialectique, Rodier art. cit. Ann. philos. XVI, 1905, 55-59; Brochard Les « Lois » de Platon et la Théorie des Idées Ann. philos. XIII, 1902, p. 10.

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