‹ La théorie platonicienne de l'amourChapitre 32 sur 69 · Thompson 170, ap. Lutolawsri 347 sq · texte numérisé non relu

Thompson 170, ap. Lutolawsri 347 sq

Pourquoi, alors que les critiques adressées à Théodore, à Evénus, à Prodicus, à Polus, à Thrasymaque les concerneraient en réalité, seules celles qui sont relatives à Tisias et à Gorgias cacheraient-elles une autre destination? Ne retrouvet-on pas la même définition dans la bouche de Gorgias, dans le dialogue qui porte son nom (449 G), et qui est, certainement, bien antérieur au Panégyrique^. Au reste Isocrate, après l'avoir exposée, ajoute que d'autres l'ont soutenue avant lui (-cajxa xepl wv sxôpoi TCpôxepov ei'pvjxxci). De plus, puisque Platon condamne cette conception de l'éloquence, on ne voit pas comment le fait de l'avoir soutenue aurait pu valoir à Isocrate l'éloge spécial par lequel Platon, à la fin du dialogue, le met à part de ses rivaux. 11 est bien plus probable, au contraire, qu'Isocrate, en reprenant une théorie que Platon a ouvertement critiquée, cherche à faire pièce à ce dernier***. Enfin, quand Isocrate écrivait le Panégyrique, il avait, au moins, cinquante-deux ans, peut-être cinquante-six. N'eût-il pas été absurde, de la part de Platon, fût-ce en mettant ces paroles dans la bouche de Socrate, de parler alors, et à plus forte raison un peu après, des espérances que lui fait concevoir Isocrate, vécç à'xi, quand il sera plus âgé ? Il eût été contraire à toute vraisemblance littéraire d'exprimer à propos d'un personnage vivant une solennelle prophétie, quand cette prophétie ne peut apparaître à celui qui l'énonce comme confirmée par la carrière antérieure de celui à qui elle s'applique. On ne peut donc, concluent les adversaires de la thèse que j'ai adoptée, considérer le Phèdre comme postérieur au Panégijrique d'Isocrate.

§ 99. — Ce n'est pas à dire pourtant qu'il faille, selon eux, abandonner toute recherche analogue, tendant à expliquer le passage élogieux de la fin du Phèdre. — Bien longtemps avant le Panégyrique , Isocrate avait écrit un discours contre les Sophistes, que l'on considère généralement comme le programme d'ouverture de son école de Rhétorique (cf. \V, 19.3) et que l'on s'accorde assez bien à placer entre 393 et 390 *'^

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