‹ La théorie platonicienne de l'amourChapitre 5 sur 69 · Comme le fait observer R\edeb, op. cit. p. 159 sqq · texte numérisé non relu

Comme le fait observer R\edeb, op. cit. p. 159 sqq

5. Le passage 199 D . Èpwrù) ô' oùx si [AvjTpoç v-vo; ti ttxtpÔ; ÈffTt — ycXoîov yap av EiV, tÔ èpciTr,aa, si "Epw; È(Ttiv spw; [jLY]Tpô: rj uv.xpô; — à).X'... est dilfl-

cile. Ce qui serait ridicule, ce n'est pas, ccmme le comprend Cousin, de demander si l'Amour a un père et une mère. Socrate ne peut déclarer celle question ridicule, par égard pour Phèdre qui se l'est posée (178 B), et elle ne Test pas, puisqu'il la traitera lui-même à sa manière, sous le nom de Diolime (203 A-C). L'erreur de Cousix vient de ce qu'il a suppri-

more, en tant que père et que mère (aùro tsuto -a-Apx 199 D), ne le sont-ils pas nécessairement de quelque chose, à savoir d'un fils ou d'une fille? Un frère, en tant précisément que frère [xj-zh touô' c-sp ïavy ihid. E) ne l'est-il pas de quelque chose, à savoir d'un frère ou d'une sœur? )) De même, dirons-nous, l'Amour est nécessairement amour de quelque chose. {Banq. 199D-200 A; cf. Lyi^. 218 D, 221 B-D)

§ 14. — B) Si l'Amour est amour de quelque chose, de quoi est-il amour? Cette nouvelle question doit être examinée avec la même généralité que la précédente. On peut y répondre que l'Amour désire ce dont il est amour et que, s'il le désire, c'est qu'il en est privé. 11 y a là non pas une simple vraisemblance, mais une conséquence nécessaire des prémisses posées : un homme grand et fort, par exemple, ne désirera pas être grand et fort. (200 A-B; cf. Lys. 221 DE) — Peut-être un observateur superficiel prétendra-t-il cependant que le désir porte souvent sur ce qu'on a ou sur ce qu'on est : que je sois bien portant ou riche, cela ne m'empêche pas de désirer être bien portant, de désirer être riche. Mais, faut-il répondre, ce qu'on a ou ce qu'on est, on la, ou on l'est, bon gré mal gré; comment dès lors pourrait-on le désirer? Ce qu'on désire, c'est d'avoir ou d'être encore, dans la mite, ce que l'on a ou ce que l'on est actuellement. On aime donc

mé le second Ëpfoi; dans la phrase veXoTov yàp Sv eî'-o--- Il faut au contraire le conserver : Socrate, se rappelant peut-être que Phèdre a dit de l'Amour qu'il n'a point de parents, prévoit une méprise possible sur la question

qu'il a posée (Trôxspôv ia-zi TOtoCiToç oroi; etvai t'.vôç 6 "Epw; epw;, r, o-joevoCî-") J

Agathon, faute de faire attention à la répétition du mot epojç, ne va-t-il pas croire qu'on veut lui demander si l'Amour est fils de telle mère ou de tel père? Mais ce n'est pas là ce que Socrate veut savoir; autrement, il n'aurait pas répété le mot ëpwç, et, puisqu'il l'a répété, ce serait en efTet une question ridicule de demander si l'Amour est amour d'un père ou d'une mère (cf. A.Hug ad Inc.). —On pourrait cependant comprendre d'une façon plus simple : « L'Amour est-il amour de quelque chose, ou de rien? La question que je te pose n'est pas une question particulière telle que celle-ci : l'Amour est-il amour [après -^ uatpôç ia^i, il faut sousentendre ô "Epwç ëpwç] d'un père ou d'une mère? — car il serait ridicule de poser une pareille question, qui ne nous ferait pas connaître ce que nous cherchons, à savoir quelle est ta nature de l'Amour, en général... »

ANALYSE m HANyi'RT 11

i|iii'l(|iir rhoso quo, h vv:\'\ »lin', on n'.i |)as actucllomoiil, à s;i\(iii- la oonsorvalioii poiii" soi dans I axi'nir de rr donl on joiiil acIiiclIcMiUMil. (2(10 l>-Ki

s^ 15. — ("') ()i' r.\in(Uir. dil-oii jiisiciiicnt, est ainoin- dn lieaii. non du laid. Si donc I "Amour csl amour de co don! il est |U"i\('', il l'aul ni-ccssaircmcnt roronnailn* que l'Amoui- csl privt' (\r la hcauU', (|uc, par conséqiicnl, contrairement à ee ipia dit A^atlion (lU."» D- I'.m; M; [\)1 li. C. K), il n'est pas beau. Comme, d'autre part, les choses bonnes sont p;ir là-nième lndlt^s*. le bon l'ait aussi défaut à l'Amour. Il y a là une suite ii-rt''sislible de const'cpiences. (201 A-1); cf. E; sur l'idenlilicalion du bon et du beau, voir 11)7 C, J), \'l (lans le discours d'Agathon^; 20i E, 20() AB dans la conversation de Socrate et de Diotimc ; Li/s. 21() D)

s5 16. — D) Mais de ce que l'Amour n'est pas beau, ni bon, il ne s'ensuit pas qu'il soit laid et mauvais. Car, de môme qu'il y a un milieu entre la science et l'ignorance, à savoir l'opinion vraie qui ne peut rendre raison d'elle-même, semblablement tout ce qui n'est pas beau n'est pas nécessairement laid, tout ce qui n'est pas bon n'est pas nécessairement mauvais. On dira donc de l'Amour qu'il est quelque chose d'intermédiaire entre le beau et le laid, entre le bon et le mauvais. (201 E-202 B : c'est à partir d'ici que le personnage de Diotime entre en scène ; comp. Li/s. 216 B-218 C)

§ 17. — E) Mais tout le monde ne s'accorde-t-il pas à reconuîiitre que l'Amour est un grand dieu? — Or comment cela pourrait-il être, puisque les dieux possèdent tout ce qui est bon et beau et que l'Amour, au contraire, est privé du beau et du bon? Ce n'est pas à dire pourtant que l'Amour soit un simple mortel. De même que précédemment, il faut voir en lui un être intermédiaire, intermédiaire entre le mortel et l'immortel. En d'autres termes, ce n'est pas un grand dieu, c'est un grand démon. Un démon, c'est en efTet un intermédiaire entre les dieux et les hommes : des uns aux autres il ne peut y avoir communication immédiate, mais les démons sont là

Page 1