‹ La théorie platonicienne de l'amourChapitre 58 sur 69 · I.AMol'It KT l.\ MAIKUTIQUR · texte numérisé non relu

I.AMol'It KT l.\ MAIKUTIQUR

fdmlic sa |ilciiilii(l(' (i'.xyzX-x:) c\ alors il procn'c {'iv.-t'. ■/.%<. Y^wit). S'il se lidiiNC t'M lU'i'si'iici' de la laidriir, il coiisci-vc an coiilrairr son fiiiil (t: /.Jïjy.y.). cl il en soiilTic. St'iilr la hcaiilé est ('a|ial>lc (le (N'Ilvrcr l'èli-c fi-coiid de crnclles douleurs (|X£YâAf,; ô>ctv:ç) donl sa IV'condih'' iikmiic esl la cause. Sans doute dans tout ee passade, connue je lai di'jà fait oliservei- (( r. n. JO), les leruies erotiques ont un double sens, élant empruntés à la fois au désir do la génération et aux douleui's de l'enfantenient. Cependant l'idée générale est bien la même i[ue dans le T/u'ctète : c'est que, dans l'Ame, sont caclié's un i^tM-me ou un embryon, une semence ou un fruil, et(|ue l'Ame ne peut donniu- la preuve de sa fécondité que dans certaines conditions favorables. Pour le Banquet, c'est la préstMice d'un bel objet. Le Théétète, de son côté, n'oublie pas cette condition, car c'est sur les beaux jeunes gens que Socrate exerce de préférence son talent d'accoucheur (210 CD fm du dial .) ; mais la cause déterminante, c'est l'intervention d'un honune qui ne sait rien par lui-même (quoique ce dernier trait, d'ailleurs, ne soit peut-être pas oublié dans le Banquet ^^^), qui est stérile en fait de sagesse, mais qui sait reconnaître et faire reconnaître la grossesse, provoquer l'accouchement au moment voulu et dire ce que vaut le produit mis au jour.

§ 146. — Mais, dira-ton, si la condition nécessaire pour que l'àme grosse se délivre de son fruit est la présence d'un bel objet et que, d'autre part, Socrate soit merveilleusement habile à provoquer de telles délivrances, faut-il donc croire que Socrate soit un bel objet et un homme digne d'amour?

A cette question il faut répondre affirmativement et ajouter que c'est à cette qualité même qu'il doit ses dons ad-

198. Cf. 216 D, — si loulefois les mots -/.ai a-j àvvosr Tiâvxa xa\ oùSàv olôsv

ne sont pas interpolés, comme l'ont pensé Jahn et, à sa suite, plusieurs autres éditeurs, cf. Hlg p. 231. Cependant, dans la comparaison établie à cet endroit entre Socrate et les rustiques Silènes ou Satyres, divinités des bois bien connues pour l'impudence de leurs désirs, il n'est pas surprenant, semble-l-il, d'apprendre d'abord que Socrate court toujours sans vergogne après les jeunes gens, puis, qu'il est grossier et ignorant, du moin&en apparence, comp. 221 DE.

mirables pour la maïeutique intellectuelle. Tout d'abord le Théétète ne fait-il pas dépendre l'exercice de cet art d'une auvcjjîa*^^ de ceux à qui il profite et de Socrate qui le pratique? Sans doute, dans la considération de l'amour, il ne faut pas séparer l'amant de l'aimé, il ne faut pas n'envisager que ce dernier, comme a eu le tort de faire Ag-athon {Banq. 204 C), ni s'imaginer, comme Lysias, que l'amitié d'un homme sans amour peut donner quelque fruit. L'amant, c'est l'âme grosse qui est impatiente de produire : de même, si les esprits ne portaient pas en eux la vérité et si, dans certains d'entre eux, il n'y avait pas^ une gestation actuelle, la maïeutique serait sans objet. Mais, d'autre part c'est au bien-aimé qu'appartient le rôle stimulateur à l'égard de l'amant : le Banquet et le Phèdre ne laissent aucun doute, ni à ce sujet, ni relativement à la nature du pouvoir qui appartient à Socrate en particulier dans l'accouchement des esprits. Comment se ranime en effet dans une âme la vertu des ailes? C'est par les émanations que la Beauté, représentée dans l'objet aimé, fait passer de celui-ci dans l'âme de l'amant. Elles reviennent d'ailleurs ensuite vers l'aimé qui en est tout troublé et qui comprend mal le sentiment qui l'agite. Ce qui fait qu'un homme est aimé d'un autre, c'est que ce dernier croit retrouver en lui l'image de son dieu, et les efforts qu'il fait pour façonner et pour parfaire cette image suscitent en lui un effort parallèle pour imiter la vie divine, pour en retrouver en lui-même l'image (%ot.Ç)' eauTwv âv£'jp{a-/.£'.v t'J;v tou açsiépou ôsou çûsi^) sous la forme qu'il veut en trouver dans son bien-aimé; il en résulte pour lui un ennoblissement en même temps qu'une satisfaction {Phèdre 251 A-252 A, D-253 C, 255 B-D). Les impressions que l'âme éprouve lorsque les émanations du Beau commencent à faire fondre ses ailes sont comparées à l'agacement causé par les dents qui veulent percer. Les douleurs qu'elle ressent, quand les ailes, à cause de l'absence du bien-aimé, cessent de se développer, sont d'une nature analogue à celles que cause le fœtus qui ne peut trouver passage'-"'^. Car, dès

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