Cf. DuGAS op. cit
200. àTiopoiJua XuxTà 251 E — ocTtopscv, c'est proprement ne pas trouver
LE IHKN-AIMK IM'.INCII'K DK I. ACTION MAl'kUTIQUE 177
qui' r.niic se icli'oiivc en pn'sciicc du hicii iiimi' cl (jiic l'i;coimiiriin' IV'closinn iiil('rr()iM|)ii(' dus uil(!S, alors cllo reprend haleinu cl les soullVaiiciîs du Iriiviiil s'éteignent (xva- T:vor;v cz Xxozjix /.ïvTpwv-'" -i y.xl (oî'vcov sXy;;îv). Enfin l'inqiiiélude de làmo grosse el impalienle de produire, mais qui ne comprend pas la naluri! (l(^ ses impressions (Théct. 118 E), n'est pjis sans analo^^ie avee le trouble mysliM'ieux que les iinies auxquelles il est reslt' (piel(|ut' soiixciiir des choses célestes éprouvent lors(pi'elles voient quehpie iina^-e terrestre de ces choses [l^hrdrr :i50 A). En d'autres termes, l'étonnement, principe de la science, est proche parent du trouble qui saisit les amants.
Ainsi l'àme dans laquelle se produit le travail de parturition, c'est bien l'àme de l'amant et, manifestement, c'est du bien-aimé tpie vient l'action maïeutique. Nous ne serons donc pas surpris que, dans le Banquet, Socrate nous soit représenté comme étant, en apparence seulement, l'amant des beaux éphèbes; il le leur fait croire, et, en réalité, le rôle qu'il joue auprès d'eux c'est celui du bien-aimé [Banq. 222 B, 216 D, 217 B, CD, 218 E; cf. 213 CD, 214 D, 218 CD, 219 C, 222 CD, 223 A). Au reste l'ironie se lie, chez Socrate, à la maïeutique et, dans son rapport avec l'Amour, cette ironie consiste précisément à laisser croire qu'il est ce qu'il n'est pas, qu'il est l'amant, alors qu'il est véritablement l'aimé; qu'il attend tout des autres, alors qu'il possède lui-même le bien dont ils manquent [Banq. 215 B, 216 DE [cf. n. i98\, 221 E-222 B). Rien n'est plus conforme que cette attitude à l'esprit de l'ironie socratique. De plus, le trouble que ressent Alcibiade à la vue et dans la compagnie de Socrate est décrit
passage. T.h'-^^it signifie en efTet parfois le passage qui l'ait communiquer la matrice avec le dehors. Au reste, dans le Théél. 151 A, Socrate dit que
ceux qui s'attachent à lui (spio'i a-JYYtYVÔ[Aîvoc) wSivouai xai àTtopia; £[j.7iia-
TiAavtai, bien plus vivement que les femmes en travail. Dans cet emploi des mots iT-ooix et àTiopsïv^ il y a, je crois, un jeu de mots étymologique intentionnel.
201. xÉvTpa rapproché de wôîvîç paraît signiOer que les douleurs de l'accouchement sont un aiguillon pour l'e.xpulsion de l'enfant, cf. Phèdre 251 B-E.
par lui dans les mêmes termes qui serviront à Platon, dans le Phèdre, pour peindre le trouble ressenti par l'amant en présence du bien-aimé. Quand il entend parler Socrate, quand il le voit, Alcibiade éprouve — et il n'est pas le seul — une émotion incompréhensible : le cœur lui bat avec violence, il est comme possédé d'un dieu (/.aTsycixsOa) et cette émotion est faite de respect et de vénération : ce qu'il cherche auprès de Socrate, c'est à se perfectionner lui-même; il a honte de l'esclavage de son âme et ce sentiment s'impose à lui avec tant de force qu'il n'a pas d'autre moyen d'y échapper que de se soustraire à la compagnie de Socrate, ou bien de se boucher les oreilles, comme pour ne pas entendre la voix des Sirènes (213 G-216 G, 218 D). Or c'est de la même façon que le Phèdre nous peint le frémissement de l'amant à la vue du bienaimé et il insiste tout particulièrement sur ce qu'il y a d'impérieux et de tyrannique dans ce pouvoir de l'aimé sur l'amant, sur le respect religieux que celui-ci éprouve en présence du premier, comme en présence d'un dieu : n'est-ce pas en effet un dieu dont l'amant croit trouver en son bienaimé une image dont il cherche à reproduire les traits; c'est donc l'amant qui travaille auprès de l'aimé à se rendre meilleur {Phèdre 251 A-252 B, 252 D-253 G; cf. 254 B, E). La comparaison qu' Alcibiade fait entre Socrate et ces boîtes en forme de silènes dans lesquelles on enferme les images des dieux (221 D-222 A, 216 D) confirme de tout point cette interprétation : comme, dans l'enveloppe mortelle du bienaimé, il y a quelque chose de divin, la beauté et une image de la divinité, de même les discours grotesques de Socrate sont tout ce qu'il y a de plus divin ; ils renferment en euxmêmes les plus abondantes et les plus riches images de la vertu, qui s'offrent comme des modèles à quiconque veut vivre en homme de bien '^^^. Socrate lui-même s'explique d'ail-
202. Comparer principalement Banquet 222 A : ...tcXeîctt' àyâX [lax' apexTiç ev a'jxoï; s/ovraç [touç Xôyou; toO Swxpâxou;] xai éiri nXeïfftov xetvovca;, (j.àX).ov 6k £ii\ Ttâv ôaov TtpoffYixct axoitsiv tw [aÉXXovti xaXô) xaya6(î) ïae,a^0Li avec Phèdre 252 D : <Ji>; ôsbv aùiov Ixeïvov [se. tôv k'pwTa toO xaXoO, cf. plus bas v?' avTwv £pa)(jL£vov] ovTa layTw oîov ayaXiJia TîxTatvîTai te xat xaTaxoaiAeT,