‹ La théorie platonicienne de l'amourChapitre 60 sur 69 · LAMOUR EST UNE INITIATION OU UNE RÉVÉLATION · texte numérisé non relu

LAMOUR EST UNE INITIATION OU UNE RÉVÉLATION

leurs, ;i\fc une littiiic ;i|i|iai'('nlc, suc l;i raison de son [lou- \(>ir iiioial cl. (Ml mriiir Icnips, des ('iiiolions aiiioureuses (|iiil inspire en relation avec ce jiouvoir moral : « Si je ItMoeiis ainsi, dit il à Alcibiadc!, si je suis ea[)al)lo de te rendre meilleur, c'est (|ue lu as sans doute aperçu en moi une beauté merveilleust> et (jui est bien supérieure à la perfection de tes formes. Si, à la vue de cette beaut(''. tu as entrepris de t'unir à moi et d'échanger une beauté contre l'autre, l'avantage que tu médites de prendre sur moi n'est pas petit, mais c'est bien au contraire une hiMutc' vt'ritable que tu entreprends d'acquérir au lieu d'une beauté apparente, et tu songes à échanger du cuivre contre de l'or véritable. » (218 D-219 A) Il y a donc en Socrate tout ce qui est condition nécessaire de l'Amour et propre à le faire éclore.

Knfin, si l'Amour est appelé sans cesse dans le Banquet et dans le Phèdre une initiation, c'est en vertu des mêmes analogies. Il fîiit apercevoir cequi restait caché, comme la ma'ieutiipie met au jour ce que l'Ame recelait en elle. Sans doute, dans le Phèdre, c'est principalement à propos de la contemjdation des réalités absolues, dans une existence antérieure, qu'il est question d'initiation et de mystères (250 A, BC, E, 2.")1 A). Néanmoins il est clair que, si la réminiscence doit nous ramener en quelque sorte vers ces réalités, elle est un renouvellement de l'initiation primitive. Les textes ne manqueraient pas d'ailleurs pour le prouver : celui qui sait bien se servir des réminiscences, dit Platon, celui-là reçoit d'une façon continue l'initiation parfaite ^°^ et il appartient sans doute à ces hommes privilégiés d'être à leur tour des initiateurs ; étant toujours capables de reconnaître dans leurs images les modèles supra-sensibles, ils guideront dans leurs réminiscences ceux qui sont moins heureux et qui ne se rendent pas compte du trouble qu'ils éprouvent en présence de ces images (250 AB) ; de même celui que l'amour ramène vers son dieu et qui s'efforce d'en retrouver l'image en son bien-

to; xiiJLT^CTwv -CE xa\ ôpytâuwv et la Suitc. Cf. 253 A : itpb; t'ov ôîbv pXÉuE'.v. Voir

aussi 251 A.

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