‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 155 sur 276 · Timée · texte numérisé non relu

Timée

-L'étre qui convient à ce qui est éternellement et par nature, ce n’est pas le présent, la transition du | passé à l'avenir, mais un point de vue supérieur au point de vue du temps, où disparait, avec la dis- {inction de l'avant et de l'après, la notion même . du présent. — L'être, dans le Parménide, c'est l'être

dans le lieu et dans le temps, c’est, en d'autres

“termes, la substance du changement et la matière

du devenir, et les contradictions du Parménide ne sont que les contradictions du devenir. C'est ce que savent les mathématiciens : aux difficultés relatives à la nature du nombre, de l'unité et de la pluralité, ils répondent qu'il s’agit là seulement « de nombres possédant des corps visibles et tangibles » ; « si l'on te de diviser l’un par le raisonnement, ils s'en

rient et n’admeltent pas que cela soit possible ; mais, si on le divise, ils répondent en le multipliant, évitant que l’un cesse de paraître un, pour paraitre une multiplicité de parties! ». De même dans le Philèbe : les hommes sont troublés par le raisonnement qui démontre que le multiple est l’un, et l’un le mul- tiple, il leur suflit, pour éluder la difliculté, « de renoncer à classer l’un parmi les choses qui se développent et s'évanouissent * ».

Que l’on reprenne les deux premières déductions du Parménide. — L'être, est-il dit dans la première, 1. République, VI, 535 d e.

| 2. Philèbe, 15 a.

n’est pas un tout : car, s’il était un tout, il aurait des parties, il serait non plus unité, mais multiplicité. N'ayant pas de parties, 1] n’a pas de figure; donc il est infini (#xswcv)!. Conclusion nécessaire seulement si le fini (πέρας), qui s'oppose à l'infini, signifie le contenant d’un contenu *?, les limites extérieures d’un être*. Mais, dans le Philèbe, après un certain nombre de tâtonnements et d'approximations, Platon aboutit à la conclusion que la nature du fini (πέρας), c’est « la nature de l’égal et du double, celle: qui empèche les contraires d’être désharmoniques l'un par rapport à l’autre, et qui les faisant commensurables et harmoniques produit un nombre »#. A ce point de vue, qui n'est pas le point de vue de l'être

dans le lieu, le πέρας n’est pas la délimitation d’une

chose située tout entière à l’intérieur de cette limite, mais la définition d’une idée, dont l’être est constitué tout entier par cette définition même. Mais alors le raisonnement du Parménide ne vaut plus. L'idée est sans figure (ἀσχημάτιστος), sans contact (ἀναφής) ", elle est cependant une définition, un fini (πέρας). — De même : l’un, est-il dit, n'étant pas dans le lieu, n'est

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