‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 227 sur 276 · République, X, 616 ec, sqq · texte numérisé non relu

République, X, 616 ec, sqq

2. C'est là une variation importante dans la pensée de Platon, car on ne saurait voir ici l'expression de la combinaison de deux mouve- . ments : l'un de révolution sur soi-même, l'autre de rotation avec dépla- eement (Timée, 40 a b), mais bien de deux mouvements de rotation “avec déplacement. Maintenant faut-il admettre que Platon, dans les Lois, immobilise, comme l'auteur de l'Epinomis (987 b) parait le vouloir, 8 ciel des étoiles fixes ? C'est la théorie de MM. Schiaparelli et Tannery ; +0 le texte qu'ils invoquent ne suflit pas, semble-t-il, à établir la théorie. Des mouvements célestes, écrit Platon (Lois, VII, 822 a) « le plus apide apparait faussement comme le plus lent, et inversement Phrase qui suppose, nous dit-on, l'adoption par Platon de la théorie Ecphante selon laquelle les vitesses décroissent de la terre jusqu'au des fixes, immobile. Mais, d'abord Platon s'exprimerait plus tement, dans cette hypothèse, s'il disait que « l'immobile est pris ur le mobile » et non pas seulement le plus lent pour le plus rapide, plus, dans la théorie platonicienne, la vitesse du ciel des fixes pas mesurée comme vitesse, elle sert de point de comparaison, ité de mesure aux autres vitesses; le plus rapide, le plus lent, c'est plus rapide, le plus lent par répport au mouvement diurne d'Orient in Occident. La proposition se laisse donc parfaitement interpréter sl'hypothèse du Timée (cf.39 a ὃ: Θᾶττον... βραδύτερον, βραδύτατα... Joù les vitesses vont décroissant jusqu'au ciel des fixes exeludont la vitesse de révolution sur soi-même est relativement

sous une forme mythique, d’insister sur l’objet vrai «

de l’astronomie. Le ciel, objet de l'astronomie, est, idéalement, un système harmonique de mouvements circulaires qui soutiennent entre eux des relations d'identité et de différence; et, pour le véritable savant, il est indifférent de savoir si ces mouvements sont produits par des impulsions ou des nécessités physiques; ces actions matérielles sont pour lui comme si elles n'étaient pas. Au point de vue où se place l’astronomie vraie, les mouvements circulaires des parties de la sphère céleste ne sont que par l’intelligibilité de leurs relations mutuelles, là est leur cause intelligible et « divine » : 115 sont parce qu'ils constituent un système harmonique. Mais cette harmonie provient de deux causes : l’uniformité et la périodicité des mouvements célestes. Ils sont uniformes (κατὰ ταὐτά) !. Car à cette condition seule ils peuvent recevoir une définition scientifique ; l’uniformité d’un mouvement constitue une nouvelle alliance, dans ce mouvement, de la mobilité et de limmobilité. Mais alors, puisqu'ils

sont circulaires, ils sont périodiques, ils reviennent

aux mêmes points de l’espace après des temps égaux. Grâce à cette périodicité, une mesure du temps est possible, et, par suite enfin, une science du mouvement. La science du nombre suppose deux

1. Le Politique, 269 6. — Timée, 34 a, 36 c, 40 b.— Lois, X, 898 a, — οἵ passim.

sonditions, deux principes élémentaires : la relation Pidentité ou d'égalité, qui est par rapport à soi, lest-à-dire absolue ; la relation de différence ou Pinégalité, qui est par rapport à autre chose que oi, c'est-à-dire relative : tout nombre est une

ation à l'unité. Cela est symbolisé, sous les espèces du mouvement, dans le ciel visible. La science du nouvement suppose deux formes élémentaires du nouvement : l’une, définie par l'identité, mouvement δ révolution sur soi; l’autre, définie par la différence, mouvement de révolution avec déplacement dans l'espace'. Par rapport au premier mouveent, tous les autres sont mesurés. Le jour, C lurée de la révolution de la sphère céleste sur elleème, est l'unité naturelle de mesure du temps ; et lacune des révolutions planétaires fournit une inité de mesure dérivée, multiple de celle-là. Le tour de la lune à son point de départ produit le le retour du soleil à son point de départ ἴδοι! l’année * ; de même chaque planète, dans ἢ mouvement circulaire, détermine un cycle d’une plus ou moins étendue; un cycle différent , encore défini lorsque le soleil et la lune sont venus, l’un et l'autre £n même temps, à une é ne position relative*; enfin la grande année

κι ie, 86.

. de + 39 c.

h Cf. République, IX, 88 a.

(ὁ τέλεος ἐνιαυτός) se produit lorsque toutes les γόνος lutions célestes ramènent en même temps toutes les planètes à leur point de départ". Par l'intermédiaire du ciel visible, le temps trouve sa mesure, et l’on peut aller jusqu’à dire que le temps est créé en même temps que le ciel”. Car la durée indéterminée ne devient temps, comme l'infini ne devient quantités que lorsqu'il est mesuré. Par la comparaison des temps et des espaces, la comparaison des vitesses € | des lenteurs, la connaissance des mouvements de vient possible : l'astronomie se définit, non comme l’obse. vation, par les sens, des mouvements du ciel visible, mais comme la connaissance idéale du mouvement et du repos, ou, plus précisément, de la ᾿ vitesse et de la lenteur. ἃ

Si l'opposition de la vitesse et de la lenteur est" irréductible, et fonde une forme nouvelle de la

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