‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 27 sur 276 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

moins son amilié avec Alcibiade et Critias que son … dédain avoué pour les formes de la morale civique, traditionnelle et nationale. Nul fait ne pourrait manifester avec plus d'éclat que cette condamnation le divorce qui existe entre la philosophie et la poli- 4 tique, et c’est à cette constatation qu’aboutissent les « premières expériences de Platon. Cependant la défi- ἯἮ nition de la justice publique et privée appartient à la. | science et à la philosophie. Cest donc au philosophe à chercher la conciliation des deux termes, si cette M conciliation est possible. La contradiction provient de 1 ce que la philosophie demeure purement critique, la M politique purement empirique : voir s’il n'est pas possible de fonder scientifiquement la politique, de « définir philosophiquement et par suite de justifier M l'état, tel est l’objet de la philosophie, si elle veut prendre la direction de la vie : « Les races humaines n'échapperont pas à leur misère, tant que la race de ceux qui philosophent selon la méthode droite et véritable n'occupera pas les fonctions politiques, ou que, par le mystère divin du destin, la race de ceux qui gouvernent les états ne deviendra pas vraiment philosophe. »

La pensée platonicienne est donc plus complexe que la pensée socratique d’une part, et que la philosophie des sophistes de l’autre. Que la puis- ὡ

1. VI lettre, 326 a ὃ; --- 335 ὁ d. — Cf. République, N. Α18 ὁ d:

INTRODUCTION, XXXHH

de l’homme est définie par la science, que la ectique consiste dans une réflexion sur la science, s une science de la science, ce sont des proposins qu'il emprunte à Socrate. Mais elles prennent ΠΧ lui un sens autrement positif, Sans doute il écrit des dialogues comme Socrate ; et le dialogue a, chez lui comme chez Socrate, pour objet de vérifier, par la “succession naturelle des interrogations et des réponses, Si la pensée est, oui ou non, exempte de contradiction. . 11 semble d’ailleurs qu'il adopte aussi la conception

socralique de la sagesse, et définisse la vertu, en

un sens tout philosophique, comme un affranchis-

sement de la pensée pure, comme une libération de . l'erreur, Mais, d'autre part, il veut faire servir la ᾷ dialectique socratique à une organisation positive de la société ; et dans un système moral entendu de cette façon doivent rentrer toutes les sciences, réoriques et pratiques, la mathématique des Pytha-

point de vue de la sagesse socratique. Lorsque, dans Je Petit Hippias, dans le Lachès, dans le Charmide, Platon examine à quelles conditions les vertus parculières: justice, courage, modération ou réflexion σωφροσύνη) peuvent devenir des sciences, il suit enpas à pas les leçons de Socrate, et conclut, omme lui, d'une manière sceptique. Mais lorsqu'il herche à fonder comme science, dans le Cratyle la e, dans le Phèdre la rhétorique, dans le ς

Page 1