SOINS A DONNER AU FUMIE
DE PERME.—I] existe en Amérique, tant aux Etats-Unis qu'au Canada, plusieurs théories sur la conservation ct l'emploi du fumier de ferme, D'aucuns sont partisans de son charroyage sur la terre, en application immédiate, aussitôt après qu'il devient disponible, en toutes saisons. D'autres conseillent de le charroyer en hiver, en Sros tas, sur le terrain, pour être ensuite épandu au printemps là où l'on en a besoin, Enfin, un grand nombre sont d'avis qu'on doit le garder dans des caves ou sous des abris, en recueil'ir le purin dans des citernes “ad hoc,” pendant tout le temps de Son accumulation, Comme les opinions sont fort divisées dans chicun de ces sens, et comme il nous paraît qu: es divergences viennent surtout du fait que ces théories, quelles qu'elles soient, ne sont pas applicables partout, Tout en étant peut-être excellentes chacune à sa place, il nous semb'e absolument nécessaire d'établir par des expériences locales, faites sans parti pris, où et quand ces diverses théories sont applicables,
CULTURE DES VERGERS.—L'arboriculture fruitière fait, depuis quelques années beaucoup de progrès dans notre province, 1] nous a fallu, en commençant, à nous appliquer à cette branche si importante et si intéres- Sante de l'industrie agricole, travailkr d'après des théories nous venant de l'étranger, modifier ces théories pour les rendre, dans l'application, conformes à la qualité de nos terres, aux variations de notre climat, à la valeur des variétés de fruits plantées et à leur adaptation possible aux diverses régions que comporte notre province. Le dernier mot est loin d'étre dit là-dessus, et il faudra encore beaucoup d'essais pour qu'il le soit.
MRAVAIL A FAIRE POUR ETA- BIIR LA VALEUR DE CERTAI- NES THEORIES POUR NOUS.— TeFminant, ci, j'énumération des quelques théories dont nous venons de parler, bien qu'il y en ait beaucoup d'autres qui seraient à discuter, nous avons à expliquer pourquoi nous croyons qu'il est important pour le progrès de l’agriculture de notre province, de bien déterminer lesquelles de ces théories conviennent à nos diverses régions, En effet, rien n'entrave le progrès comme les tâtonnements qu'il nous faut faire à cause d'une insuffisante acccumulation de faits et de données et d’une surproduction de théories établies sur des bases peu solides et de conclusions qu'on pourrait appeler tirées par les cheveux, si les conclusions avaient des cheveux.
Au sujet de notre province de Québec, il existe un fait remarquable et pourtant fort méconnu en ce qui concerne la différence climatérique que présentent les diverses régions qui la composent. Depuis vingt-huit ans que nous faisons, de l’agriculture
expérimentale et pratique, notre unique occupation, nous avons passé notre temps à lutter pour obtenir l'accord entre la théorie nous venant d'ailleurs et la pratique de chez-nous, pendant quelques années d'abord dans la région sud-ouest, éèlle de Montréal et ensuite, pendant plus de vingt ans, dans la région nord-est, celle de Québêc, de notre province. Nous avons fait constamment des expériences nous-mêmes, nous en avons fait faire Par de nombreux cultivateurs de diverses régions, et nous en avons étudié un grand nombre faites en dehors de notre concours et de nos conseils.
Or, d2 tous ces essais et observations multiples, nous est venu la constatation que du nord-est au sud-ouest, il Y a dans nos lignes isothermes, une Variation qui nous met à certains points d'une même latitude, en présence de conditions climatériques absolument différentes les unes des autres, à vingt-cinq lieues de distance Seulement. Une définition devient ici, nécessaire, avant que nous allions plus join.
QU'EST-CE QU'UNE LIGNE ISO- TITERME ?—Dans la géographie que nous sommes à consulter pour trouver la réponse cette question, afin de l'avoir pli, claire que nous ne saurions la donner nous-mêmes, nous li- Sons : “ Diverses causes locales telles que la proximité de la mer ou des montagnes, la direction des vents, l'exposition au nord ou au sud, concourent avec l'altitude pour modifier la température moyenne, de sorte que lies lignes isothermes, ou lignes pas- Sant par les points d'égale tempéra- ‘se moyenne sont irrégulières, sinueuses et ne concordent pas sur le globe avec les cercles parallèle. ou les latitudes.” (F, J. C.)
REMARQUES SUR NOS LIGNES ISOTHERMES.—En consultant Ja ligne isotherme qui passe par Québec située par à peu près 460 49’ de latitude nord, nous trouvons: qu'à ce point ‘on a la même température qu'à Stockholm, Suède, qui, comme on le sait est sur le 590. Nous trouvons aussi qu'en tirant une ligne à peu près droite à partir de 460 30’ sur la frontière ouest de la Province de Quebec jusqu'à 150 30° de latitude nord, sur la frontière est, nous divisons la province en deux parties ayant chacune un climat bien différent, Au nord .e cette ligne, nous avons une saison plus courte en moyenne de trois semaines à partir du printemps et de trois semaines en gagnant vers i’automne, soit, plus courte d'un mois et demi en tout qu'au sud. Ceci amène un changement notable dans l'époque d'ensemencement, de germination, de croissance, de meturation et de récolte des plantes, et dans les conditions générales sous lesquelles se font toutes les opérations qui sont du ressort de l'économie rurale. Ceci fait aus*i que d£s plantes qui sont de culture courante au sud de cette ligne, ne réussissent que médiocrement au nord et, que d’autres y faillisent complètement.
EFRETS DE LA DI FFERENCE DE CLIMAT EN CE QUI CONCER- NE LE NORD-EST DE QUERBEC — Nos ancêtres, à nous Canadiens-français, venus surtout de Bretagne et de Normandie, en France, se sont trouvés, en arrivant ici, au point de vue agricole, dans une région bien au nord géographiquement de la ligne isotherme de leur pays d'origine. Le ré sultat a été, pour eux, qu'il leur a fallu procéder par tâtonnements pour arriver à produire les principales cho-
ses nécessaires à la vie. La rigueur même du climat, a rendu leur cuiture beaucoup plus difficfe à faire que dans leur propre pays. Quand, par suite de la routine dans laquelle 118 sont tombés, surtout après que ceux d'entre eux qui avaient quelques moyens, ont quitté le Canada, après la conquête, ils ont vu leurs terres s'appauvrir et qu'il leur a fallu s'essayer à suivre d'autres méthodes de culture pour remédie: à ce triste état de choses, il s'est trouvé que ces méthodes leur étaient suggérées, où par des étrangers ayant eu du succès avec elles sous des climats bien différents du nôtre, ou par des nôtres qui ont été apprendre la pratique de ces mêmes méthodes ailleurs, dans de toutes autres conditions que celles où nous nous trouvons, Le là des bour-
des mémorables de la part de ces agronomes qui ont été la cause que
nos gens en sont venus à se moquer de ce que certains cultivateurs anglais appellent : ‘“ Book Farming,” appellation très expressive dans sa concision et qui perd beaucoup à la traduction qu'on en fait au moyen des mots : Culture par theorie ou d’'après les livres. De là un préjugé contre la théorie seulement envisagée comn. telle et une grande difficulté à amener nos cultivateurs à accepter certaines bonnes théories, parce qu'ôn a cherché à leur en imposer qui réellement ne conviennent pas à notre chiymat,
MOYENS A PRENDRE POUR DEDRUIRE LES PREJUGES DE NOS CULTI VATEURS.—Nous allons entrer, maintenant, dans la discussion fort délicate des moyens que nous croyons bons à prendre pour faire faire à l'agriculture, dans notre province, tout le progrès que l'on voudrait lui voir faire, En les proposant, nous ne
voulons pas dire qu'il n'y a pas eu de grands progrès de réalisés, depuis surtout vingt-cinq ans, Mais, constatant que ces progrès ne constituent Peut-être que la dime de celut que nous aurions pu faire en agissant autrement, nous venons donner notre opinion que, d'ailleurs, nous invitons cordialement tout le monde à discuter amicalement avec nous, sur ces Moyens que nous voudrions voir emp'oyer,
Nous prions notre auditoire si distingué et âi Canadien-français de vouloir bien ne pas oublier que nous fai- Sons de la présente conférence un véritable plaidoyer “ pro domo,'” sa- Chant combien je nord de la province de Québec que nous habitons a souffert, faute d'une connaissance sufti- Sante de la condition dans laquelle il se trouve, de la part de ceux qui tra- Vaillent au bien général, mais qui Sont portés à trop généraliser quand il s'agit de Jui appliquer certaines théories excellentes d'ailleurs et ailleurs,
Si nous parai:sons parler avec beau:
Coup d'assurance de l'efficacité des moyens que nous suggérons pour activer chez-nous !e progrès agricole, c'est que nous les avons mis en pratique personnellement et qu'il n'y a qu'eux qui nous ont réus:i depuis vingt-huit ans, En effet, nous avons expérimenté à Varennes, près Montréal, puis St-Denis, en bas de Québec, avec les céréales, les plantes fourragères, les races de bétail, ies fruits, les légumes, jes Machines, les modes de culiure, Notre méthode d'essai a été, d'abord, de nous mettre Parfaitement au courant des théories mises en app'ication par les maîtres agrc10omes des Etats-Unis et du Canada après avoir étudié dans les ouvrages qu'ils ont publiés, celles des
eux,
agronomes européens. Puis, nous avons travaillés nous-mêmes à l'application de ces mêmes théories et induit nombre de cultivateurs de progrès dans nos régions à en faire autant. Nous avons gardé un record quotidien ab:olument exact, auquel il ne manque pas une journée, et ,.:
nous avons devant nous en écrivant ces lign£s, de nos opérations de culture et de notes météoro!ogiques et agricoles de tout genre, Aucune méthode nouvelle, soit dans l'agriculture proprement dite, soit dans l'éleva- 82, soit dans l'horticulture, soit dans l'industrie laitière ne nous est restée étrangère et, nous avouons Canuidement qu'il nous prend des moments de découragement lorsque, en réponse, à des constatations faites de bonne loi, avec tout le soin possible et d'après ‘es principes posés par les théoriciens dont nous scrutons et cher- Chons à appliquer les théories, en opposition à des conclusions tirées de faits dont l'existence est incontestable et est d'ailleurs incontestée par ces mêmes théoriciens, sentant qu'ils ne peuv?nt fermer les yeux à l'évidence, <. contentent de dire en Paraissant même quelque peu hausser es épaules : “ Que voulez-vous qu'on # fa:s2, Nos théories sont inattaquables: le succès pratique chez-nous en à prouvé toute la valeur. Mais, vous autres, vous êtes dans une position exceptionnelle. Nous consentons à admettre notre position d'exception, Mais nous prétendons que nos théore3 n'en sont pas moins bonnes pour tout cela. Venez étudier chez-nous, venez vous renseigner dans nos écoles, dans nos stations expérimentale:
Nous en avons d'excellentes. Nous VouS y apprendrons à modifier vos Méthodes et en les adaptant aux nôtres, vous arriverez à rendre votre position moins mauvaise.”
Voilà trente ans qu'on nous ‘it cela et, cependant, nous constatons que les réformes quun certain nombre d'entre nous sont parvenus à opérer en étudiant ailleurs et en appiiquant Ch:z-nous le résultat de leurs études ne sont guère accept‘e; parce que ceux à qui on les propose ont «es td&s préconcues, des préjugés enracinés, dout ils ne sont pas capables de s2 défaire, mais surtout parce que des voix isolées comme les nôtres n'ont pas le caractère d'autorité voulu pour parvenir à prévaloir contre celles de certains agronomes qui, par ie passé, ne connaissant rien de nos terres, de notre climat, de nos moyens d'action, mais ayant le pres- Uge qu'à pour ‘otre population le titre d'étranger, s'en sont venus, peutêtre de bonne ‘oi, nous l'admettons,
faire maii-basse sur des méthodes qui n'étaient pas
paifait®s mais qui nous étaieñt imposées, chose dont ils ne semblaient pas se quuter, par la position spéciale dans laquelle Dieu nous a placés et nous proposaient souvent, pour les remplacer, des méthodes beaucoup plus parfaites, sans nul doute, mais qui ne peuvent nous convenir pour les raisons que nous avons exposées plus haut,
LE REBMEDE !—Le remède à tout cela, le voici, m£ssieurs, dans toute sa simplicité. (‘e que que'ques-uns de Vous ont fait isolément, chacun chez soi, avec une forte dépense d'énergie, de temps et d'argent, c2 que nous avons cherché à faire dans des institutions dirigées Par Ges hommes de Drogrè mais n'ayant Maiheureugement pas les ressources suftisantes nécessaires pour faire valoir leurs idées, faisons-le aujourd'hui avec ensemble, avec méthode, théoriquement certainement, mais surtout pratiquement, chez-nous, dans des écoles ré-
gionales où nous nous adresserons À notre jeunesse, sans idées préconçues, ‘ans préjugés enracinés : mais, nous ‘e répétons, faisons le “ chez-nous." Nous ne voudrions pas qu'on nous accuse d'un chauvinisme de mauvais aloi. Nous avons déjà 15 base nécessaire pour travailler ch z-nous. Nous avons Oka avec ses grandes terres et ‘e dévouen'ent sans borne de ses moines silencieux, Nous avons Ste-\nme de la l’ocatière avec ses immenses propriétés et son expérience de bientôt cinquante ans. Vous remettant en mémoire un magnifique travail] à vous présenté, 1 dernier, en pareille occurrence. ar une voix amie et autorisée, maintenant réduite au silence de la tombe p'* un décret de l'au-delà, et dont l'absence est vivement regrettée par tous les amis de l'agriculture, nous vous soumettrons l'idée qui y était développée, d'abandonner, pour le moment, la pensée.
depuis si longtemps platoniquement caressée, mais jamais réaliste faute de moyens, d'un grand collège agricole Cañadien-français étabii à l'instar de ceux de Guelph, Ontario, déj depuis longtemps existant, et de Nte- Anne de Bellevue, en voie très avancée d'éclosion, pensée, que d'ailleurs, un voeu exprimé par vous lors «ue votre dernière convention, a déclaré Prématurée, «n ce qui concerne notre p'ovince. Au lieu d'un tel collège pour lequel notre classe agricole n'est pis encore préparée, travaillons à jeter dans l'esprit de nos enfants, à l'école primaire, le respect et l'amour de l'agriculture et dans les écoles secondaires, l'étude théorique et surtout pratique de cette bel!e et utile science, dans chacune de nos régions, cheznous, sous notre climat, en tenant compte des :constances adverses dans lesquelles nous nous trouvons.
Faisons ce travail sous la direction d'agronomes, de professeurs, ayant une parfaite connaissance de notre position, de nos ressource:, sachant tenir compte de nos moyens et surtout ne 8e croyant pas obiigés de commencer, comme on l'a fait encore tout récemment, par dénigrer nos méthodes pour bien nous convaincre que sans eux nous ne pouvons rien faire, Ihans ces écoles nous pouvons apprendre à mettre d2? côté la loi théorique d'exception sous laquelle les institutions étrangères semblent nous avoir condamnés à vivre, impuissantes qu'elles paraissent se déclarer à nous venir en aide. Je cette loi d'exception, nous ferons une théorie propre à notre région si vaste, qui s2 développe si rapidement, qui compte ucjà une population assez nombreuse pour que ça vaille la peine de baser sur les conditions spécial?s dans lesquelles ele se trouve au nord de la ligne 4ème et de ses districts limitrophes sud, une pratique à nous, dont les grandes lignes sont déjà connues et ne requièrent plus que la sanction d'un enseignement raisonné pour devenir la véritable pratique agricole du nord-est de Québec.
Et, pour cela, que nos gouvernants, consacrent le dixième des $200,000 qu il faudrait pour nous dôter d'un grand collège agricole, à relever le niveau de l'école d'Oka dans le comté «es Deux+4Montagnes, pour le profit de la jeunesse agricole qui occupe le côté sud de la ligne isotherme dont nous avons parlé plus haut, et de celle de Ste+Anne, dans le cmté de Kamouraska, pour le profi des é'èves qui y viendront du côté nord de cette meéme ligne. Qu'on commence même à considérer la nécessité d’une nouvelle école du même genre pour la région qui s'étend entre les 4Sème et 49ème dégrés de latitude au Lac St-Jean.
Qu'on affilie ces écoles à notre Université-Lavo, à Québec comme à Montréal, af.n que leurs élèves aient des diplôries universitaires, tout comme les é.ève: des autres facultés dts arts et des sciences, Et alors ces éc. les, dont l'une, celle d'Oka, offre un si beau domaine en production et a déjà une tradition de quinze ans à son avoir, dont une autre, Ste-Anne, a le grand mérite de pouvoir s'affirmer comme ayant été le résultat du premier effort sérieux fait dans la voie «le l'enseignement agricole dans l'Amérique du Nord dè: l'année 1839, et dont la troisième à créer viendra compléter l'oeuvre à poursuivre par chacune d'eles, nous formerons avant tout des cultivateurs pratiques tout en étant instruits, marchant à leur besogne, non plus à la lueur atténuée d'une théorie faite pour d'autres lieux, mais aux rayons brillants d'une théotie ayant une base locale solide et étant, comme nous avons vu La Harpe le dire plus haut,l'analyse des meil- “eurs modèles pratiques choisis cheznous.
Puis, si comme cela arrivera certainement, quelques-uns des cultivateurs pratiques formé, à si bonne école se sentent la vocation de devenir des agronomes, des professeurs, des conférenciers, des régisseurs de granues propriétés domaniales, ils pourront “Iler au grand Collège, Où le flambeau de la belle et noble science agricole brillera dans toute sa splendeur et: qui, espéronsle, aura alors été créé avec ja certitude d'avoir alors les élèves nécessaires qualifiés pour justifier son existence,
EXEMPLES DEMONTRANT LE BIEN FONDE DE NOTRE THEO- RIE TELLE QU'EXPOSEE.—En émettant nos idées sur la théorie et
la pratique de l'agriculture et de son enseignement, surtout eL ce qui concerne le nord-est de la province de Québec, nous ne prétendons pas innover. Au contraire, nous voulons aider dans la faible mesure de nos forces aux autorités sur lesquelles nous comptons pour la dissémination d'une Science agr'cole sûre et proüuctrice de bons résultats, en leur suggérant d'éviter les fautes que les provinces et pays limitrophes de notre province, Ontario et les Etats-Unis, admettent avoir commises, En effet, dans ces régions lorsqu'on a voulu établir l’enseignement agrico:e, on a commencé tout de suitc sur un très haut pied scientifique. C'est alors qu'ont été créées les grandes institutions agricoles de l’Iowa, du Wisconsin, du Connecticut, de New-York, du Michigan et de tant d'autres Etats et, plus près de nous, d'Ontario, qui ont tant ébloui bon nombre de nos &conomistes, lesqueis depuis vingt-cinq ans rêvent de tels établissements pour nous, Or, qu'est-il arrivé quelques années après la création de ces grands collèges. On s'est vite aperçu qu'ils formaient d'excellents professeurs, de Savants conférenciers, d’habiles régisseurs pour les grands propriétaires ayant de forts :apitaux à investir sur leurs domaines, mais peu de cultivateurs pratiques. Alors, on a vu qu'il était nécessaire de fournir la science agricole à doses plus modérées pour la rendre accessible à cette partie de la classe agricole qui fournit les hommes pratiques, les véritables travaiileurs de la terre. Voilà que, à côté des grands foyers de hautes études agronomiques, on établit, un peu partout, soit des cours spéciaux d'enseignement agricole secondaire as5cciés à ceux-ci, pour la rmation p'eliminaire de leurs élèves, soit de ncmbreuses écoles secondaires d’agricul-
ture (Agricultural High-Schools), qui, sans diminuer le nombre des élèves des grands collèges, leur en fournissent de mieux préparés pour bien s'assimiler, non seulement la haute science agronomique, mais encore la partie pratique de l'agriculture qu'or ÿ enseigne. Ce n'est là, d'ailleurs, que l'application de la méthode dont :'efficacité esc hors ce toute discussion et qui consiste à faire passer l'élève de no+ collèges classiques à la petite école avunt de l'y envoyer, parce que l'on sait qu'il perdrait son temps au grand C llège, s'il y entrait avant de connaître les éléments de la lecture, de l'écriture, de la grammaire et du ca'cul,
A nous, maintenant de commencer Par ie commencement, en évitant, chose que n'ont pas su faire ceux dont nous venons de citer l'exemple, la faute qu'ils ont commise initialement,