‹ La thérapeutique antiseptiqueChapitre 2 sur 57 · BOULEVARD SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

BOULEVARD SAINT-GERMAIN

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PRÉFACE

Nous touchons à la fin du xix^ siècle, et, lorsqu'il nous faudra résumer les grands progrès accomplis par la médecine pendant cette période, je crois qu'on pourra le faire par les deux mots suivants : antisepsie et désinfection.

La part qu'a prise notre pays dans cette nouvelle orientation de la médecine est prépondérante, et l'on peut affirmer que c'est un des titres les plus glorieux de Pasteur d'avoir ouvert, par ses travaux, ces v.oies nouvelles à la médecine et à l'hygiène.

Avant Pasteur on s'était déjà occupé de l'antisepsie et de la désinfection, mais d'une façon absolument empirique. Manquant d'une base expérimentale positive et sérieuse, n'ayant pour se guider que les résultats fournis par la clinique, et oîi l'habileté chirurgicale jouait un rôle prépondérant, ce n'est qu'à tâtons que la chirurgie s'était avancée, bien timide-

VI PRÉFACE

ment, dans les nouvelles voies que lui ouvrait l'antisepsie.

Mais, lorsque Pasteur eut substitué à la théorie de la génération spontanée la théorie des germes, il plaçait le premier jalon de cette route qui a été parcourue avec tant de succès par la chirurgie, et sur laquelle avancent beaucoup plus timidement, il est vrai, la médecine et l'hygiène.

Pasteur non seulement nous montrait la cause de l'infection et celle de la contagion, mais il faisait plus encore : il isolait ces germes, les cultivait, les domestiquait, et nous permettait alors d'établir sur des bases scientifiques le rôle des substances médicamenteuses qui s'opposaient au développement de ces microorganismes et détruisaient leurs germes.

On put alors connaître la valeur réelle de ces antiseptiques ; mais on s'aperçut bientôt qu'il fallait, pour avoir des donnéesprécises sur cette action antiseptique, étudier le rôle de chacun de ces antiseptiques sur chacun des microbes pathogènes : tel pouvait être actif pour le microbe de la tuberculose, et se montrer insuffisant pour le bacille de la fièvre typhoïde. Il fallait plus encore : on devait étudier l'action de ces antiseptiques sur le bacille adulte et sur le bacille à l'état de germe ; et ces dernières recherches nous montrèrent combien l'état de germe protégeait le microbe contre les moyens de destruction mis en usage pour le combattre.

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