TRAITEMENT ANTISEPTIQUE DES MALADIES GÉNÉRALES INFECTIEUSES
Nous traiterons ici des maladies suivantes : variole et vancelle, rougeole et rubéole, scarlatine, érysipèle, oreil ons fièvre typhoïde, typhus, méningite cérébro-spinale epidemique, choléra, fièvre jaune, suette miliaire, gnppe rage, tétanos, fièvres de marais ou impaludisme, syphilis:
Variole et Varicelle.
On trouve dans les boutons de la variole, dans le <;an" de la veine porte, dans le foie et le rein des individus catteints de cette maladie, des microbes de plusieurs espèces {Micrococcus), et notamment la Pasteurdla Hlavai irevisan, et les Streptococcus pyogcnes et St. variolœ, Cohn D après Pfeifîer, ces prétendus microcoques, que l'on n'a pas encore réussi à cultiver artificiellement, seraient des sporozoaires analogues à ceux de l'impaludisme. Quoi qu'il en soit, la nature infectieuse, inoculable et contagieuse de la maladie est admise par la grande majorité des médecins. Le traitement antiseptique inlus et extra est donc formellement indiqué.
Traitement interne. - On fera l'antisepsie insteslinale et générale à l'aide du naj^hiol, du bétol, ou du benzonaphtol suivant les indications.
TRAITEMENT ANTISEPTIQUE
Dans la fièvre secondaire de suppuration des varioles confluentes graves, M. Audhoui donne la potion suivante :
Acide pliénique 1 gr-
Sirop do quinquina 30 gr.
Julcp gommeux 120 gr.
(Par cuillerées à bouche d'heure en heui-e.)
Dans la variole hémorragique, M. Descroizilles donne le sulfate de quinine :
Sulfate de quinine ^ gr.
Sucre ^ ë^'-
(Pour 12 paquets. — 6 par jour.)
M. DU Castel, dans les mêmes circonstances (variole he'morragique), fait prendre une potion contenant 20 gouttes de perchlorure de fer.
On a donné également l'acide salicyliqiie ou le salicylate de soude, qui seraient remplacés par le henzonaphtol s'il y avait des symptômes de néphrite.
Traitement local ou externe. — Le traitement antiseptique des vésicules varioliques présente une grande importance tant au point de vue de la marche générale de l'alfection qu'à celui des cicatrices consécutives à ces ulcérations du derme.
M. GuÉNEAU DE MussY consciUe la pommade suivante :
ââ 2 gr.
Tanin
Oxyde de zinc
Calomel 0 gr. 23
Extrait thcbaïque 0 gr. 10
Cérat 30 gr.
(En application locale.)
M. Descroizilles prescrit :
Collodion 40 gr.
Huile de ricin gr.
194 LA THÉHAPEUTIQLE A N T I S K l'T I Q U li .
OU bien, dans les cas plus graves :
Glycérine. ... .„
10 er.
aVOn gri
^ 20 err.
Onguent mercuricl. . ,n
4U gv.
(En application locale .sur les vésicules.) On peut également se servir de vaseline au suôlimé (1 à :i p IQOi appliquée sur chaque pustule isolément, au moyen d'iï' petU tampon d ouate, en répétant l'opération trois fois parTourou mémo plus souvent. ^
M Talamon a formulé d'une façon beaucoup plus précise le traitement des pustules varioliques. Voici comment il procède :
Faire des pulvérisations éthérées antiseptiques, au salol si la maladie est légère, au sublimé si l'éruption est cohérenteconfluente (l'iodoforme et le tanin ont l'inconvénient de 1 odeur du premier, de la compression douloureuse du second). On donnera donc la préférence à la solution suivante :
Sublimé )
Acide citrique .......} ^ g^-
Alcool à 90o ; g cent, cubes.
^•^'^^^ q. s. pour f. 50 ce.
Pour trois à quatre pulvérisations par jour jusqu'à entière dessiccation.
La durée des pulvérisations est variable : on s'arrêtera quand la couche de sublimé déposé commence à blanchir la pustule (ce résultat s'obtient au bout d'une minute en moyenne). Dans les varioles hémorragiques ou confluentes primitives ces pulvérisations sont inutiles ou contre-indiquées, mais elles arrêtent l'évolution des vésicules dans les formes abondantes et cohérentes-confluentes .
Un quart d'heure après la pulvérisation on recouvrira la face d'une couche de la pommade suivante au moyen d'un tampon d'ouate et en frottant assez fortement :
TRAIT'eM ENT antiseptique. 195
Après le quatrième jour on ne fera plus que deux pulvérisations par jour, tout en continuant les badigconnages de pomniade aussi nombreux. On cesse les pulvérisations le sixième ou le septième jour.
Quand les croûtes sont détachées, on remplace le glycérofé par la vaseline salolée ou boriqiœe, et l'on fait prendre des baius avec 30 grammes de sublimé.
Les yeux, sont lavés fréquemment avec l'eau boriquée chaude. L'éruption de la bouche et de la gorge sera traitée par des irrigations et des, gargarismes antiseptiques fréquemment répétés. Toutes les deux heures on badigeonnera la muqueuse avec un collutoire formé de parties égales de salol et glycérine.
La varicelle, forme atténuée de la variole, sera traitée selon les mêmes principes, mais avec moins de rigueur. La vaseline salolée ou au sublimé suffira pour arrêter l'évolution des vésicules et empêcher toute ulcération du derme pouvant entraîner des cicatrices.
Le traitement prophylactique de la variole par la vaccine ne doit pas nous arrêter ici, ce sujet sortant du cadre que nous nous sommes tracé. Nous rappellerons cependant que l'inoculation vaccinale a été employée avec succès, dès le début de la variole, comme moyen d'atténuer les manifestations de cette maladie, et notamment l'éruption cutanée, si redoutée à cause des cicatrices consécutives.
Rourjeole et Rubéole.
Les microbes que l'on trouve dans les boutons et les sécrétions pulmonaires de la rougeole ont été décrits par Babes et caractérisés, sous le nom de Streplococcus morbillosus, par Trévisan. Plus récemment M. Le Bel a trouvé dans l'urine des enfants atteints de rougeole un Bacillus qu'il a pu cultiver, mais non inoculer, comme Babes l'a fait pour le précédent, aux animaux.
On sait que cette affection n'est grave qu'en raison des complications pulmonaires (bronchite, pneumonie) qui l'accompagnent souvent. Le traitement est celui des com-
plications que le repos au lit ou à la chambre, une hyeiène raisonnee permettent le plus souvent d'éviter
Plusieurs antiseptiques peuvent trouver leur emploi dans cette maladie (antipyrine, etc.)
' f -^D'EULAFOY traite les rougeoles malignes par les bains a 26» (pendant 12 minutes) avec affusions froides sur la tête. On donne ces bains de quatre heures en quatre heures jusqu'à effet produit, c'est-à-dire jusqu'à ce que la température soit abaissée à 38" o et que les urines reparaissent.
Lapeaudevientsouple,etl'éruptionpâ]itmaissuitsoncours La rubéole, forme atténuée de la rougeole, ne présente pas d indications spéciales.
Scarlatine.
Le microbe considéré comme producteur de cette maladie est le -Perronciloa scadatinosa, Trévisan, qui est un diplocoque transversal, c'est-à-dire à cellules articulées deux à deux de manière à former une double chaîne. Cependant dans les cas graves on trouve constamment dans les organes le Streptococcus pyogcnes, et M. Cornil serait porté à supposer, en raison de la présence constante de cet organisme dans les formes graves des fièvres exanthématiques « que des microbes pathogènes connus, ayant puisé dans des conditions particulières de milieu une virulence spéciale, auraient la faculté de produire les maladies éruptives ,). — Il est possible aussi que ces maladies soient constituées par des associations mia-obiennes.
Le traitement antiseptique a surtout pour objectif la néphrite albumineuse, qui complique si souvent cette maladie. L'examen journalier des urines devraservir de guide.
M. Descroizilles donne le carbonate d'ammoniaque sous la forme suivante :
Carbonate d'ammoniaque 1 gr.
Eau do menthe 5 gr.
— do tilleul 20 gr.
Sirop simple 15 gr.
(4 à 6 cuillerées à café par jour.)
TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. 19T
La néphrite sera combattue par les moyens connus, notamment h l'aide de la potion suivante (H. Roger) :
Tanin 0 g^"- 20
Alcoolature d'aconit x gouttes
Julep gommeux 100 gr.
(Une cuillerée à dessert toutes les 2 heures.)
On fera sur la région rénale des badigeonnages de teinture d'iode, ou bien on appliquera une flanelle imbibée d'essence de térébenthine.
On donnera, une cà deux fois par jour, un peu d'eau nitrée sucrée avec une cuillerée à bouche du sirop suivant :
Oxymcl scyllitique 30 gr.
Sirop de digitale 40 gr.
La fuchsine en cachets pourra rendre des services, mais l'on insistera sur les bains de vapeur, surtout s'il y a de l'anasarque. afin de suppléer à l'insuffisance rénale et de favoriser l'établissement des fonctions du filtre urinaire.
L'angine scarlatineuse sera traitée par des irrigations boriquêes ou salolées, des gargarismes au borax :
Borate do soude 10 gr.
Miel blanc 20 gr-
On donnera simultanément une potion au benzoate de soude ou bien la suivante :
Chlorate de potasse 1 gi"-
Eau de laitue 40 gr.
Sirop de mûres 20 gr.
(Par cuillerées à bouche.)
Le régime lacté, institué dès le début, suffit souvent à pre'venir les complications rénales. Dans les cas graves, on utilisera les bains froids suivant la formule indiquée dans le traitement de la rougeole.
Érysipèle.
Le microbe de cette affection {Streplococcm erysipelatis) n'est probablement qu'une variété' du St. pyogcnes ou mi-
I9« LA TIII^RAPRUTIQUE ANTISEPTIQUE.
crobe du pus. Les cultures de ces deux microbes sont identiques (Cornil).
etÏnérir""' '''' ' I«cal
Le fe'«7men? /ocaZ ou externe a d'autant plus d'impor tance ici qu'il est possible, par des pansements antiseptiques, de localiser l'inflammation de la peau au point primitivement atteint et de tracer en quelque sorte une ligne de démarcation qui, dans la plupart des cas et moyennant une surveillance constante, ne sera pas 'dépassée. On réduit ainsi une affection, qui ne devient grave que par sa généralisation à tout l'organisme, aux proportions d un phlegmon local. '
Un grand nombre d'antiseptiques, notamment l'acide phémque, le sublimé, ïacide salicylique, etc., ont été employés dans ce but.
M. Verneuil fait faire des pulvérisations avec une solution phemquée à 3 p. 100 sur les parties malades.
M. Hallopeau emploie Vacide salicylique (solution au 20") ou le salicylate de soude. - Un masque de toile en plusieurs doubles est imbibé de la solution à 1 p lOO et applique sur les parties malades, puis recouvert d'un second masque de taffetas gommé qui empêche l'évaporation. Le résultat est des plus satisfaisants : le gonflement et la tension de la peau diminuent et s'éteignent, et même quand 1 éruption dépasse le masque, la douleur est beaucoup moins grande et les symptômes cérébraux bien moins intenses.
M. Talamon fait pulvériser pendant une minute sur la zone limite de l'érysipèle, en dedans et en dehors du bourrelet érysipélateux, la solution suivante ;
Sublimé ^ j
Acide citrique ou tartrique. ( -Vi '
Alcool à 9Uo '. o' ce
iitlier sull'furiquo q s'
(Pour faii-o 100 cent, cubes.) Cette solution étant caustique, il faut protéger les yeux, les na-
TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. "199
rincs et les lèvres. On répétera ces pulvérisations 2 ou » fois par Jour. Employé dès le début, co traitement amené la resolution dès le quatrième jour.
Dans les cas de faible intensité on se contentera de pansements au salicylale de bismuth en poudre (Marc See).
A Vinlcriew; M. Hallopeau emploie alternativement le sulfate de quinine et le salicylate de soude, à un jour d'intervalle, ou bien donne l'acide salicylique (4 grammes en trois'fois dans les vingt-quatre heures), pourvu qu'il n'y ait ni accidents cérébraux ni dyspnée.
Comme antiseptiques généraux, le naphtol et le benzona-ghtol peuvent rendre des services dans cette maladie.
Oreillons.
Par sa nature épidémique et contagieuse et son mode d'évolution, cette maladie se rapproche des fièvres éruptives et doit être considérée comme une parotidite infectieuse produite par un microbe spécial qui n'a pas encore été suffisamment étudié.
M. BoDciiARD donne la potion suivante :
Acide phonique 0 gr. 50
Sulfate de quinine . • • • | ^ gr.
Acide salicylique 1 àà
Rhum 123 gr.
(A prendre en 8 fois, par cuillerées à bouche d'heure en heure.)
Des applications émoUientes, des onctions avec Vhuile camphrée ou le glycéroU d'amidon additionnés au besoin d'opium, suffisent pour le traitement externe. Les purgatifs ou laxatifs sont indiqués.
Fièvre lyplioïde.
Le microbe producteur de cette maladie estle Vibriotyphosus, Trévisan, ou Bacillus typhosus d'Eberth, qui serait distinct, d'après Trévisan, du Bacillus typhosus de Kebs.
Il est peu de maladies où l'antisepsie intestinale s'im-
2"" LA TliÉHAPEUTIQUE ANTISEPTIQUE
lipyretique, enfin régime meaication an-
en évitant laîltatta„ ' * j»-.
» lois au besoin en 24 hpnrPQ c-?„* . . '^^'^'^^^ aiip s'il ^ n 1 ' meures, ne sont contre-indigués
que s 11 y a hémorragie intestinale ou hépatisation nnl monaire. Pas d'alimpnf« • ino i " "'^^^'^"sauon pulde pentones et^ 'Z ] ' "f^^P^^^'^^ Par 50 grammes
Pour r de citron. ^
Pour 1 antisepsie intestinale. M. Bouchard préfère actuel lement le napktol «, qu'il administre sous la formTsuivante NajDlitoI
Salicylatc do bismuth.! l (Divisez en 10 paquets à prendre toutes les hcrcs.j
Le benzonaphtol, récemment introduit dans la théraoeu tique, peut être substitué avec avantage aunaphtol sului SI les reins fonctionnent mal. Dans dernier «a ' /^f tera également le salicylate de bismuth
lellfl7J"~''r""'' ' '°^Stemps employé avec succès
tZti^i' f "'"^^''^ l'antisepsie intestinale dans
la flevre typhoïde. Actuellement il emploie, dans le même "^P'^^°>^^h^^ofet enfin le benzonap'htoUorsqae" betol (qui contient do l'acide salicylique) est cont e-indiqu
TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. 201
M Jaccood emploie l'alcool associé à Vextrait de quinquina et au besoin à Vacétate d'ammoniaque. Dans les cas plus graves le bibromhydrate de quinine (2 grammes en 4 cachets) de quart d'heure en quart d'heure, 8 heures avant l'exacerbation fébrile. On diminue la dose les jours suivants.
L'acide salicylique, prescrit par Jacgoud, Hallopeau et d'autres, est contre-indiqué quand il y a faiblesse du cœur, déterminations rénales, accidents thoraciques intenses.
M. HiRTz prescrit le salol associé ausalicylate de bismuth, à la dose de 4 grammes par jour. C'est à la fois un antiseptique intestinal et un antiseptique urinaire, à la condition que le rein soit indemne.
Typhus.
Le typhus exanthématique paraît produit par un Streptobacillus spécifique étudié par Hlava, et qui se trouve dans le sang, non dans les organes.
Cette maladie, rare en France, sera traitée conformément aux règles de l'antisepsie interne et générale : évacuants au début, quinine, alcool, naphtol et benzonaphtol.
Méningite cérébro-spinale épidémique.
Par sa marche et sa nature épidémique, cette maladie se rapproche des maladies infectieuses générales. Les microbes d'espèces variées que l'on rencontre aux autopsies ont été étudiés par Cornil, Babes et Leyden. L'espèce la plus fréquente est le microbe lancéolé de Pasteur {Klebsiella salivaris, Trévisan).
Le traitement antiseptique ne diffère pas de celui de la méningite (voyez p. 189), à part les indications symptomatiques et prophylactiques propres à la méningite épidémique. On fera surtout de l'antisepsie générale.
Choléra.
Cette maladie est produite par le Paciniacholerœ-asiaticœ de Trévisan (Spirillum cholerse-asiaticse de Fluegge et Mi-
^02 LA TlIÉRAPEUTIOUB A N T I S P T I Q U E.
crospîra comma de Schrœtter), désigné mr Vr..u nom vulgaire, latinisé à la matière L"^^ bacillus, Koch. «^'i' manae, de Komma-
M. Ha YEM, considérant le défaut d'nriHJK: j comme une des principales au et d l^^^^^^^^^ l'acide lactiçue à la dose de 4 à e lmmes n r moyen prophylactique, et à cefleT oT.o comme moyen curati, lorsque la LtdL'e t déS'"^^
Chlorure de sodium .
Sulfate de soude ' ' ' ' ' '
Eau distillée . ■ ■ ■ - 10 gr.
1 litr
médication classique. On a préconisé les essences Thun^A moutarde, etc.). en raison de leur principe vZ/t l.^^ très vivement sur les microbes. oiaui, qui agit
Dans le cAo/cr« infantile (qui paraît dû à un microbe
cn^ Ta nol ''^^"^ Sim" près-
cnt la potion suivante : ^
Salicylate de bismuth. . . , „.
Craie préparée ' ' ' ^
Eiixir parésroriciufi ■ ~
Teinture de^anneîie. " ' " ^T"'" Eau de mélisse.
Malaga. ... • on
Julep gommcux 100 à 120 |r."
(Par cuillerées à café ou à dessert toutes les heures.)
Fièvre jaune.
vis'îf '^'^ ''^ P''^'" ^«'^'"^'"^ «"'«'-yWa^. Tré-
san e ud.e par Cornil et Babes, et qui se trouve dans
le foie et le rem des malades atteints de cette affection. La fièvre jaune est très rare en Europe. Elle devrait être
TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. 203
traitée conformément aux règles de l'antisepsie intestina^^^ et générale. Les purgatifs, les boissons acidulées e gaz eu es (Champagne), le quinquina, sont les moyens employés jusqu'ici pour combattre cette affection.
Suette miliaire.
Cette maladie, encore incomplètement étudiée épidémique mais non contagieuse (?), est probablement d origine microbienne. Elle est assez commune dans certaines régions de la France (département de la Vienne), ou elle se montre associée aux fièvres éruptives et de marais. - Les lotions froides, les toniques, la quimne et 1 ipéca sont les moyens précédemment employés. M. Laboulbene indique le "traitement suivant : lotions d'eau fraîche répétées, limonade vineuse, sulfate de quinine, ventouses sèches contre l'oppression.
Grippe épidémique, Inttuenza.
Le microbe spécifique de cette maladie a été décrit d-abord par Babes, puis par Seifert,et plus récemment par Pfeiffer • c^est le Streptococcm ScifeHi, Trévisan, qui ressemble beaucoup au St. vyogenes, d'après Babes mais doit être considéré comme un véritable Baallus [B. Seiferti). Il se trouve presque toujours associé au Slaphylococcus aureus et au Klebsiella saUvaris (ou pneumocoque) dans le.s crachats des malades atteints d'influenza (voyez ce que nous avons dit de cette maladie, p. 136).
M. Dujardin-Beaumetz institue le traitement de la manière suivante : . i- ; •
Forme névralgique. - On donne Vantipynne ou 1 exalgine dans un grog à la dose de 2 à 3 grammes par jour. On peut prescrire la potion suivante :
Exalgine 2 gr. 50
Alcoolat de menthe 1" gi-
Eau de tilleul i20 gr.
Sirop de fleurs d'oranger 30 gr.
(Une cuilléréc à soupe matin et soir.)
On peut donner la phénacétine en cachets de i ^^ramme deux fois par jour. feramme
Forme gastro-intestinale. - On donne les préparations op.acees par exemple l'élixir parégorique (30 gouUes pa jour en 3 doses de 10 gouttes dans dulitLX th ) e 1 on con.bat la constipation et la diarrhée par des laxaûfs ou des antiseptiques appropriés [salicylateàe bismuth bé o naphtol,henzonaphtol). t»mmn,oetol,
nileT^l TZT'"- ~ ""'^'^'^ chlorhydrate de guinme (25 centigrammes, matin et soir), associé ou non à 1 antipynne comme dans les cachets suivants :
Chlorhydrate de quinine. „„ Antipyrinc ' ' ^
(Pour 1 cachet.)
LWi^sera administré comme dans la potion suivante :
Alcoolaturc de racine d'aconit lo o-,.
Sirop de tolu ' "
Eau de laurier-ccriso. ... [oq ^j.'
oJSfSt tj;°ï:t::r ''''
Si le malade est très déprimé, on fera des injections de caféine.
Caféine i •• •■
Benzoato de soude.
2 Rv.
Eau bouillie q
(Une seringue entière do Pravaz, doux ou trois fois le jour.)
Rage.
Bien que cette maladie présente tous les caractères d'une affection inoculable et contagieuse, son microbe spécifique (bacille du cerveau décrit par Babes en 1888, Pacinia rabida de Trévisan) n'a pu encore être cultivé et doit être considéré comme douteu.x.
^Le traitement antiseptique général de cette maladie n'est pas encore fixé. L'inoculation du virus atténué par
TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. 205
la culture, suivant la méthode de M. Pasteur, est le seul qui soit actuellement usité.
Le traitement local de la plaie consiste à la cautériser, de préférence au fer rouge, les autres caustiques étant insuffisants. Au besoin on pratique la résection d'une partie plus ou moins considérable des parties molles atteintes (peau, tissu conjonctif et muscles sous-jacents).
Tétanos.
Cette affection paraît due à la présence dans le sang du microbe de Nicolaïer {Pacinia Nicolaleri, Trévisan), dont les germes se trouvent habituellement dans la terre végétale. L'inoculation se fait sous la peau par une solution de continuité souvent presque invisible.
D'après les recherches récentes de MM. Vaillard et Vincent S ce bacille agirait par une toxine très active, analogue h celle du microbe de la diphtérie, c'est-à-dire ayant les caractères chimiques des diastases. C'est un poison d'abord musculaire, puis ayant une localisation élective sur la moelle épinière.
D'après les' expériences faites par ces deux observateurs, il est à noter que le bacille pur ne semble pas capable de produire à lui seul le tétanos : il faut en outre une condition prédisposante telle qu'un traumatisme, la présence de l'acide lactique ou d'un autre microbe tel que le Microbacillus prodigiosus (association bactérienne). Or plusieurs espèces de microbes abondent dans le sol.
La présence de l'acide lactique, puis de la toxine propre à ce microbe dans les tissus, paralyse la phagoeytosé, qui dans l'état physiologique peut à elle seule empêcher la maladie, les leucocytes englobant les microbes et leurs spores et annihilant leur fonction toxique (Vaillard et Vincent).
D'après cette étiologie de la maladie, on voit qu'il est très important de rechercher, dès le début des accidents, les moindres solutions de continuité du derme et de les