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Annales de l'Institut Pasteur

LA TUÉRAPEUTIQUE ANTISEPTIQUE.

raiter par les antiseptiques locaux. Lorsqu'il s'agit du tétanos id.opathique (c'est-à-dire non consécutif aux plaies sanglantes CL aux opérations chirurgicales), la cautérisation par le fer rouge sera préférable à tous les autres caustiques. - Le pansement antiseptique des plaies accidentelles ou opératoires, aujourd'hui pratiqué par la grande majorité des médecins, met ordinairement àl'abri decetl' complication.

Quant au traitement général antiseptique il ne diffère pas de celui des autres maladies infectieuses. La rapidité des accidents permet rarement de l'instituer : le salol le nar>htol et le benzonaphtol pourront être utilisés. Les symptômes nerveux seront combattus par le Moral et la mo^p/nne Les courants continus sont indiqués contre les accès de sulfocation (Verneuil).

Fièvres de marais, Impaludisme.

Les fièvres intermittentes ou fièvres de marais ont pou acteur un organisme microscopique qui n'est pas un végétal de la famille des bactéries, comme la plupart des autres microbes pathogènes, mais un animal du groupe des Sporozoaim désigné sous les noms de Eœmogregarina malariw, Uanilewsivy, Hœmatophyllum malariœ, MetchnikofT ou Laverama malariœ, du nom de M. Laveran, qui l'a découvert dans le sang des malades atteints d'impaludisme.

L'antiseptique que l'on peut considérer comme spécifique dans ces affections est la quinine, que l'on administre sous forme de sulfate, de chlorhydrate, de bibromhydrate ou de sahcylate de cette base.

M. Jaccoud formule ainsi le mode d'administration des sels de quinine :

Dans la fièvre quotidienne l'administration du remède doit être achevée 8 heures avant l'accès, de sorte qu'il convient de le donner presque aussitôt après l'accès précédent;

Dans la fièvre tierce, on donnera la quinine 12 heures avant l'accès à prévenir ;

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

Dans la /lém quarte, enfin, on l'administrera 15 à 18 heures à l'avance.

L'élimination du médicament étant rapide, il faut rapprocher les fractions de dose, de manière à maintenir l'orsanismesous l'influence quinique. Si Ion juge Ja dose de 1 gramme suffisante, on donnera cette dose en 3 ou 4 prises dans l'espace d'une heure au plus. ^

Les fortes doses (2 grammes et plus) sont souvent nécessaires jusqu'à suppression des accès : on abaissera ensuite la dose h 0 gr. To par jour donnée pendant plusieurs mois.

Dans les cas graves, ou lorsque l'estomac tolère mal les sels de quinine, on fera des injections avec :

Bibromhydrate de quinine ^ ë^-

Eau distillée » •

(3 ou 4 injections par jour.)

Au lieu de cachets ou de pilules, on peut donner des potions ainsi formulées :

POTION (dujardin-beaumetz) :

Sulfate de quinine n In

Acide tanique " gr- i"

sulfuriquc deux gouttes

Sirop de coings. ^0 g"^-

Eau distihée 100 S^'-

(Par cuillerées à soupe, de quart d'heure en quart d'heure dans les cas graves.)

POTION (g. sée) :

Salicylatc de quinine

Sirop d'écorces d'oranger \

Rhum Ifgr.

Julep gommeux l.iu gr.

(Par cuillerées à soupe.)

Les préparations de quinquina, l'arsenic et ses sels, sont utilisés plus particulièrement dans les formes chroniques de l'impaludisme.

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LA TnÉKAPEUTIQUE ANTISEPTIQUE.

Syphilis.

Celte maladie infectieuse, contagieuse et inoculable par les plaies de toute nature, est considérée comme produite par la présence dans le sang, et consécutivement dans le tissu cellulo-vasculaire et les os, du bacille découvert par Lustgarten {Pacinia syphilitica, Trévisan), microbe dont la spécificité reste douteuse.

Sauf dans la syphilis congénitale (héréditaire), il est admis aujourd'hui que le point de départ de l'infection syphilitique est toujours une inoculation dont l'accident initial est le chancre induré (ou infectant). Le chana-e mou (ou simple) ne donne pas la syphilis constitutionnelle, ce qui revient à dire qu'il ne renferme pas le bacille spécifique de cette affection, bien qu'il soit également de nature infectieuse et microbienne. Le microbe ou les microbes qui le produisent n'ont pas encore été suffisamment étudiés. Il est probable que plusieurs espèces, notamment celles du pus, se retrouvent ici associées.

Traitement locaL — Qu'il s'agisse d'ailleurs d'un chaiicre simple (chancre mou) ou d'un chancre induré (infectant), le traitement antiseptique local est à peu près le même.

Ricord se servait du nitrate d'argent (solution à d p. 30), qui amenait la guérison en 2a à 30 jours. — L'iodofonne, qui n'a contre lui que son odeur, peut guérir le chancre en huit jours.

L'acide salicylique serait encore plus actif (d'après Hebra), puisqu'il amènerait la cicatrisation en quatre à six jours. On l'emploie en poudre fine, et l'on recouvre d'une mince couche d'ouate et d'un bandage adhésif. On renouvelle une ou deux fois par jour, suivant la suppuration, et on lave chaque fois la plaie.

L'eau très chaude, préconisée par M. Aubert (de Lyon), sous forme de bains prolongés (plusieurs heures), suffirait dans la plupart des cas.

TRAITEMENT AN T I SE PTIQU 15

Voici quelques formules de pommades employées plus -spécialement contre le chancre induré :

lodoformo 1 gf-

Baume du Pérou 3 gr.

Vaseline 8 gr.

(Pour pansements (Dujardin-Beaumetz).

Calomcl j '^'^

Oxyde de zinc ) 2 gr.

Lanoline )

Vaseline i 15 gi".

(Pour pansements (Mauriac).

Si le chancre est phagédénique, après avoir fait tomber les croûtes on pansera trois fois par jour avec de l'ouate • enduite de :

Calomel 2 gr.

Cold-cream 20 gr.

I ou bien :

Acide pyrogallique 5 à 10 gr.

Vaseline 50 gr.

(Pour pansement une fois le jour (Vidal).

ou bien (quand la plaie bourgeonne) :

Chloral 1 gr-

Eau 100 gr.

(En lavages : saupoudrer ensuite avec sous-carbonate de fer.)

M. Terhillon emploie aussi l'acide pyrogallique contre le chancre phagédénique :

Acide pyrogallique 10 gr.

Poudre d'amidon 40 gr.

(Pour pansements.)

D'après M. du Castel, le chancre induré guérit de luimême dans un laps de temps donné, et le traitement local a un rôle plutôt hygiénique et prophylactique que curatif.

Aux topiques irritants il préfère les poudres de salol,

LA TllÉHAl'KUÏIOUE ANTISEPTIQUE.

d'aristol,de quinquina, qui agissent à la fois comme isolants et antise])tiqucs.

La rùsorcim, le sublimé en poudre (Hallopkau), l'eau phéniquée, etc., peuvent ôtre employés suivant les indications. On peut faire des badigeonnages avec le liquide suivant :

Alcool à 90O 20 gr.

Huile phéniqucc 2 gr.

(Un badigconnage le matin pendant 3 ou 4 jours transforme rapidement le chancre en plaie simple. Un pansement au salol ou au vin aromatique suivra.)

M. QurNOUAUD préconise Varistol comme un bon cicatrisant, surtout aux périodes avancées de l'ulcération.

Traitement général ou interne de la syphilis confirmée. — Ce traitement est basé surl'eraploidu mercure ou de ses sels, qui ont ici une efficacité telle qu'on peut les considérer comme des spécifiques. L'iode et les iodures sont souvent associés au mercure ou alternent avec lui.

On peut employer les injections hypodermiques suivant les formules suivantes :

Peptone on poudre . . ) àà.

Chlorure d'ammonium pur j 0 gr. 30

Sublimé 0 gr. 20

Glycérine 5 gi".

Eau 15 gr.

Chaque seringue contient 1 centigramme de sublimé. Une injection tons les jours ou tous les deux ou trois jours (Dujardin- Beaumetz).

M. Mauriac donne le protoîodure en pilules :

Protoïodure de mercure 0 gr. 03

Extrait thcl)aïquc 0 gr. 01

— do quinquina 0 gr. 06

(Pour 1 pilule. — Dépasser rarement 3 à 4 par jour.) ou bien :

Sublimé ) 'l'i

Extrait thébaïque ) 0 gr. 01

— de quinquina 0 gr. 06

(Pour 1 pilule. — 2 à 3 par jour.)

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

-OU bien le sirop suivant :

Biiodure do mercure 0 gr. 10

loduro do potassium îj à 20 gr.

Sirop d'oranges amèrcs 200 gr.

2 à 3 cuillerées à bouche par jour. — On donnera le maximum lid'iodure dans les syphilis ulcéreuses. On peut même donner ce dernnier médicament seul, en supprimant le biiodure do mercure s'il jy a lieu.

M. FouRNiER est resté fidèle au mode d'administration , du mercure par la peau, sous forme de frictions d'onguent t napolitain (4 à 6 et 8 grammes, en débutant parla première . dose et augmentant au bout de quelques jours chez l'homme . adulte). La femme et surtout l'enfant sont plus sensibles à (Ces frictions : chez ce dernier, dans le cours de la première . année, 1 à 2 grammes suffisent. La pommade est laissée en place huit ou dix heures, recouverte d'ouate et de taffetas gommé. Au bout de ce temps on lave au savon. La durée du traitement est de trois à quatre semaines.

L&s bains de sublimé, le calomelet l'oxyde jaune de mercure à l'intérieur, les fumigations mercurielles, etc., ont été également employés contre la syphilis.

Quant à la marche à suivre, dans ce traitement on distinguera trois périodes (Dujardin- Beauuetz) :

Dans la première période, on fera le traitement local des chancres et des bubons, s'il s'en produit;

Dans la deuxième période, on instituera le traitement mercuriel proprement dit, suivant les formules que nous avons données ci-dessus ;

Dans la période de transition, on fera le traitement mixte en associant les iodures au mercure ;

Dans la troisième période (période tertiaire), le traitement ioduré sera employé seul ou presque seul.

Le traitement de la syphilis constitutionnelle exige souvent de trois à quatre ans. Dans ce long espace de temps, on utilisera la méthodedes traitements successifs (Fommm), avec des stades de repos dits stades d'accoutumance.

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