‹ La thérapeutique antiseptiqueChapitre 5 sur 57 · ViSBECQ, Thèse do Lyon · texte numérisé non relu

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2. Bouchard, Thérapeutique des maladies infectieuses, p. 203.

LA ÏHÉHAPHUTIQUE ANTISEPTIQUE.

Définition des antiseptiques. — Celte définition est assez difficile à donner, pour peu qu'on la veuille complète et générale : elle ressort cependant des considérations dans lesquelles nous sommes entré ci-dessus sur l'emploi des agents thérapeutiques qui portent ce nom.

Les chimistes appellent antiseptiques « tous les moyens capables d'empêcher les fermentations elles putréfactions en tuant les microbes qui en sont la cause, ou d'arrêter celles qui sont en voie de développement. » (E. Bourgoin.)

Le professeur Vallin, dans son traité de la désinfection, n'appelle antiseptiques que les substances qui empêchent la décomposition des matières susceptibles de se putréfier, et adopte l'épithète de neutralisants pour celles qui détruisent ou rendent inertes les virus et les « miasmes», c'està-dire les microbes. Mais, dit Le Gendre, cette distinction n'a plus sa raison d'être, « puisque les progrès de la microbiologie rendent de plus en plus subtile la différence entre les maladies putrides, les infectieuses et les virulentes ».

En fait, si ce sont surtout les toxines qui constituent le danger des maladies infectieuses, il semble nécessaire de faire entrer cette notion dans la définition des antiseptiques, et l'on pourra dire que « la médication antiseptique est celle qui a pour but de détruire les organismes microscopiques qui se sont introduits dans l'économie et les principes septiques qui s'y sont développés sous leur influence, ou poiir toute autre cause. » (Alphandéry.)

Malheureusement la nature chimique des virus, des ferments solubles et des toxines nous est encore si peu connue, que, dans la plupart des cas, il est impossible d'indiquer ce qu'on pourrait appeler leur contre -poison K Nous sommes donc forcés de nous en tenir aux antiseptiques qui agissent seulement sur les microbes producteurs de ces toxines. Mais on ne saurait refuser le nom d'antisep-

1. . on peut oitar l'acide salicylique comme un '"«"'f "l^^^ ''^^"[^^^^ la neutralisation des ferments solubles, bien que ce so.t ^é-liocre antiseptique au point de vue de son action sur les microbes. « (Bouchard. Thérapeutique des maladies infectieuses, p. 200.)

INTRODUCTION

tiques aux médicaments qui agissent de la même manière sur les cellules dégénérées de l'organisme, sécrétant, elles aussi des toxines, comme on l'a dit plus haut.

On doit encore, par extension, appliquer le nom d'antiseptiques aux agents thérapeutiques employés pour combattre l'action virulente des substances toxiques (ferments solubles, venins d'animaux, etc.), introduits dans l'organisme sous forme liquide et sans l'élément figuré (cellule ou microbe) qui leur a donné naissance. Mais on n'appliquera pas ce nom aux agents thérapeutiques "destinés à combattre les poisons proprement dits, substances chimiques d'origine minérale ou organique, bien que l'action de ces derniers sur l'organisme produise souvent des désordres semblables à ceux des substances septiques d'origine microbienne. Aux agents thérapeutiques de ce dernier groupe on conservera le nom de contre-poisons.

M. Bouchard va plus loin. Considérant comme regrettable « que le même mot de fermentation désigne deux catégories de phénomènes aussi dissemblables que ceux qui sont produits par les ferments figurés et par les ferments solubles », il est conduit à donner des antiseptiques une définition basée uniquement sur la théorie microbienne, et il définit les antiseptiques en ;disant que « ce nom est applicable à tout ce qui impressionne directement la vie, la multiplication ou le fonctionnement d'un microbe k dose inofTensive pour l'homme * ».

Dans l'état actuel de la science, une définition plus générale nous semble préférable, et, tout en reconnaissant que le plus rjrand nombre des antiseptiques agit spécialement sur les microbes pathogènes, nous adopterons, comme plus pratique, la définition suivante, modification de celle du Alphandéry citée plus haut :

1. Bouchard, loc. cit.. p. 81 et 189. - On a essayé récemment de t^rL^rH «° dcsinrectanU,anthepliques proprement dits et

baci,-nc des [MoTVi'm^ kt Bodrcart, Les anlUeptiqucs, 1891). Cette distmcfon, toute théorique et haséo sur des considérations chimiques

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avoir lait 1 étude chimique dos antiseptiques.

; Les médicaments antiseptiques sont ceux qui ont pour but de détruire ou d'arréLer dans leur développement les microbes qui se sont introduits dans l'organisme, et de neutraliser l'action des principes septiques qui s'y sont développés sous leur inlluencc ou pour toute autre came, ou qui ont pu être introduits, tout formes, du dehors.

Procédés employés pour fixer la valeur relative des divers antiseptiques. — Les antiseptiques actuellement en usage sont ou des médicaments anciennement connus et précédemment employés, empiriquement, à titre de « désinfectants » et de « spécifiques », — ou des substances récemment introduites dans la matière médicale par les progrès de la chimie moderne et que leur composition fait considérer a priori comme devant posséder des propriétés antiseptiques. Dans un cas comme dans l'autre il convient de se rendre compte d'une façon précise de la double action de ces agents thérapeutiques sur l'organisme de l'homme et sur les microbes pathogènes.

Pour atteindre ce but, on commence par expérimenter ces produits chimiques dans les laboratoires, et les expériences sont de deux et même de trois sortes. ^

Les unes sont destinées à nous faire connaître faction du produit en question sur un microbe pathogène donne. Elles s'opèrent in vitro, c'est-à-dire dans une culture de ce microbe ensemencé dans un liquide artificiel, mais de composition chimique analogue à celle des liqmdes que le microbe rencontre dans l'organisme.

Les autres nous font connaître l'action toxique du môme produit sur des animaux d'une organisation plus ou moins semblable à celle de l'homme (lapins, cobayes, etc.), afin d'arriver, par tâtonnement, à fixer la dose maxima qui pourra être administrée, sans danger, a ces mêmes animaux d'abord, puis à l'homme lui-même. . Dans une troisième série d'expériences on cherche a apprécier le rôle thérapeutique du produi considère. Pour cela, on inocule à un animal le microbe en que tion, et lorsque ce microbe a produit la maladie dont il

INTRODUCTION

est l'agent pathogène, on administre à l'animal l'antiseptique dont on veut apprécier l'action thérapeutique, à la dose que les expériences précédentes ont indiquée. Un second animal, inoculé de la même manière, mais qui ne reçoit pas d'antiseptique, sert de témoin.

C'est alors seulement, et si les expériences précédentes ont donné un résultat favorable, que l'on se hasarde à expérimenter le nouveau produit sur l'homme lui-même, en administrant d'abord des doses bien inférieures à celles que l'expérimentation sur les animaux a indiquées théoriquement comme la dose non toxique pour l'organisme humain. On augmente ensuite progressivement ou l'on diminue cette dose suivant l'effet obtenu.

Ces dernières séries d'expériences pratiquées dans les hôpitaux par des maîtres éclairés, avec toute la prudence désirable et en s'entourant des précautions indispensables pour éviter toute chance d'erreur , classent définitivement le médicament et permettent d'indiquer sa valeur réelle comme antiseptique, ou le font rejeter de la pratique médicale.

' 11 n'entre pas dans le plan de cet ouvrage de décrire en détail les procédés techniques qu'exige ce genre de recherches. Nous renverrons pour cette étude aux traités publiés par M. le professeur Bouchard et par ses élèves '. Il suffira d'indiquer ici la méthode générale qui dirige ces opérations délicates et les résultats obtenus.

La recherche du pouvoir thérapeutique d'un antiseptique donné est ce que M. Bouchard appelle la recherche de son équivalent antiseptique.

■ ■ « Jusqu'à ce jour, dit M. Bouchard, les chercheurs se sont bornés en général à établir... la dose qui empêche la germination de tel ou tel microbe dans 1000 grammes de bouillon (de culture). C'est l'équivalent antiseptique, dose bien inférieure à celle qui tue le microbe, mais supérieure de moitié, au moins, à la dose qui retarde seulement sa

1. Bouchard, Thiirapfutiqtic des maladies infectieuses, p. 207 et suiv. — Leobndre, Barette et Lepage, Traité pratique d'antisepsie, 1888.

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germination, et qui est déjà une dose fort utile en thérapeutique. »

Quant à l'é5Mii;fl«ennoa;igwe, M. Bouchard considère comme tel « la quantité de l'antiseptique nécessaire pour tuer un kilogramme de matière vivante «appartenant, bien entendu, à l'animal sur lequel on expérimente, car cette quantité est variable d'une espèce à l'autre. En médecine humaine, l'équivalent toxique sera donc la quantité de l'antiseptique nécessaire pour tuer un kilogramme du corps de l'homme. Cet équivalent varie, d'ailleurs, non seulement smvant le poids du sujet en expérience, mais suivant l'âge, le sexe, l'accoutumance ou la disposition du moment, ou suivant des idiosymrasies tout à fait individuelles. - « La connaissance de l'équivalent toxique doit suivre la notion de l'équivalent antiseptique » (Bouchard).

Entre ces deux équivalents, ou à côté d'eux, se place Véquivalent thérapeutique, celui qui nous intéresse le plus dans la pratique. Comme on le conçoit facilement, celui-ci sera représenté par des chiffres toujours inférieurs a ceux de Véquivalent toxique.

Pour obtenir cet équivalent, M. Bouchard injecte le médicament directement dans une veine, et considère comme représentantcetéquivalent/adose qui a été injectée aumoment précisoùsemanisfestentlespremierseffetsphysiologiquesidû^tationpupillaire pour l'atropine, narcose pour 1 alcool). La voie digestive et la voie hypodermique, bien^que prei érables en thérapeutique, ne peuvent donner des résultats aussi précis, en raison de la lenteur de l'absorption par les voies stomacale et sous-cutanée. ^ . j„

Un grand nombre d'auteurs ont publié le résultat de leurs recherches sur la valeur comparée des antiseptiques, mais la plupart ne font connaître que Véquivalent antiseptique des médicaments étudiés par eux. 0^^^;^^'^'"^^"^^^ ce genre ont été publiés notamment, en 1881, par Jalan DELV Croix., en 1883 parMIQUEL^ en 1888, par BoucHAKuet

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