‹ La thérapeutique physique d'autrefoisChapitre 17 sur 87 · MACHINES A COMPRIMER OU A RARÉFIER L'AIR · texte numérisé non relu

MACHINES A COMPRIMER OU A RARÉFIER L'AIR

3° La raréfaction locale sur les membres ;

k" La condensation et la raréfaction alternatives et locales sur les membres ;

5° La raréfaction sur toute l'habitude du corps, sauf la tète ;

6° Le jeu des condensations et des raréfactions alternatives sur toute l'habitude du corps, sauf la bouche, d'où résulte une respiration artificielle et complète contre l'asphyxie (i).

« Qui ne voit à l'énoncé du cinquième procédé, et même du sixième, que Tabarié, à cette époque de ses recherches, cédait beaucoup aux inspirations de son imagination ? La raréfaction, en effet, sur toute l'habitude du corps hors la tète, produirait sur le cerveau un appauvrissement circulatoire qui pourrait occasionner des défaillances mortelles. Mais plus avisé dans la pratique, Tabarié recueillit bientôt des faits curieux qui ne tardèrent pas à devenir le sujet de communications académiques dans lesquelles les effets de l'air comprimé se précisaient d'une manière nette en termes clignes d'intérêt (2). »

Pravaz de Lyon (3), Bertin de Montpellier, Dubreuil de Marseille s'occupèrent plus tard du même sujet et Paul Bert, en 1878, grâce aux appareils de Jourdanet, put indiquer les limites de compression ou de raréfaction de l'air qu'il ne fallait pas dépasser dans les appareils sous peine d'amener de graves perturbations organiques et parfois la mort.

Ces divers travaux ont posé les principes de la thérapeutique moderne par l'air condensé ou raréfié.

(1) Comptes rendus hebdomadaires de l'Académie des sciences, t. VI, p. So.fi.

(2) Jourdanet. Influence de la pression de l'air sur la vie de l'homme. Ouvrage cité, tome II, p. 270. Voir : Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XI, p. 27.

(3) Pravaz (G. -G.). Mémoire sur l'application du bain d'air comprimé au traitement des affections tuberculeuses, des hémorragies capillaires et des surdités catarrhales. Bull. Acad. deméd., Paris, i837-i838, II, g85. — Mémoire sur l'emploi du bain d'air comprimé au traitement des affections tuberculeuses, des hémorragies capillaires et des surdités catarrhales. Expérience. Paris, 18^0, V, 177-192. — Des effets de l'air comprimé sur certains vices de conformation. Bail, de l'Acad. roy. de mcd., Paris, i8io-i84i, VI, 223-227. — Mémoire sur l'emploi médical du bain d'air comprimé. Journ. de méd. de Lyon, 1 8 1 1 , I, 200-232.

CLIMAT0THÉRAP1E

« La Jouvence de l'avenir se trouvedans ces deux choses :

Une science de l'émigration ; Un art de l'acclimatation. »

(MlCnELET.)

§ I. Le TRAITÉ « DES AIRS, DES EAUX ET DES LIEUX (i) ».

L'influence du milieu extérieur sur la genèse et l'évolutiondes races humaines était déjà connue du monde grec. Avant Darwin, Iiippocrate avait observé que les espèces animales étaient déterminées, si l'on peut dire, par des conditions météorologiques, par l'exposition des lieux, par la qualité des eaux et le choix d'aliments plus ou moins appropriés au tube digestif des différentes espèces. Il est le fondateur d'une science que l'on imagine toute nouvelle, tant les théories sur lesquelles elle repose aujourd'hui paraissent modernes et neuves: il est l'initiateur de la climatologie médicale.

Le titre même de son ouvrage de climatologie « Des airs, des eaux et des lieux », dont nous allons faire une brève étude, aurait pu servir au naturaliste anglais pour la démonstration

(i) Nous ne suivrons pas les historiens de la médecine dans la discussion qu'ils ont ouverte (cf. : Daroiberg. Histoire des sciences médicales. Paris, Baillière, 1870, t. I er , p. 10G) pour savoir si le Traité des airs, des eaux et des lieux est d'Hippocrate, d'un disciple d Iiippocrate ou d'un médecin de Cnide. Cette discussion n'offre à notre sens qu'un intérêt relatif et quand nous écrivons Iiippocrate, le lecteur devra lire Hippocrate ou l'auteur « hippocratique » du Traité : Des airs, des eaux et des lieux.

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