MACHINES A COMPRIMER OU A RARÉFIER L'AIR
l'histoire de l'air comprimé. Les médecins commencent à s occuper du nouvel agent physique et analysent son action sur l'organisme. Ilamel descend dans une cloche à plongeur à Howth, près de Duhlin, ressentde vives douleurs d'oreilles (i) et publie son observation.
Six ans après, Colladon fait la même expérience dans le lac de Genève, éprouve les mêmes symptômes et publie à son tour la relation d'une descente en mer, sous la cloche à plongeur (2). Mais il faut arriver à Junod pour assister aux premiers essais de modification artificielle de la pression barométrique dans un but d'application médicale.
Au xvn c siècle, pourtant, l'Anglais Henshaw avait construit un appareil à chambres closes, à l'aide duquel il faisait inspirer de l'air condensé ; au moyen d'un système ingénieux, on expirait dans l'air raréfié (Londres, i6/i4).
Cet appareil peu pratique tomba bientôt en désuétude (3).
En même temps que Clanny de Sunderland (4) et que Murray de Dublin (5) qui travaillaient séparément à la môme idée, Junod conçut, vers l'année i83o, le projet d'agir sur tout ou partie du corps, par l'atmosphère comprimée ou raréfiée.
« Déjà, dit Jourdanet, vers l'année i83o M. Junod faisait au milieu de vicissitudes diverses et avec des tâtonnements mêlés d'inquiétudes, ses premiers essais sur l'air condensé et raréfié. Des difficultés matérielles et, il faut le dire aussi, le peu de faveur que ses tentatives rencontrèrent auprès des grands noms qui dominaient alors la pratique, reléguèrent les efforts de cet honorable praticien dans l'application limitée des
(i) Bibliothèque universelle des sciences, belles-lettres et arts de Genève, 1820, t. XIII, p. a3o.
(2) Relation d'une descente en mer dans la cloche des plongeurs. Paris, 1826, in-8°, i5 pages.
(3) Houssay. Thèse citée, p. i3, note 1.
(4) Clansy, de Sunderland. Appareil pour diminuer la pression atmosphérique à la surface du corps ou des membres, article de Tlte Lancet, analysé dans : Gazette médicale de Paris, i835, 2 e série, tome III, p. 328.
(5) Mukray, de Dublin. Influence locale et générale sur le corps de la diminution et de l'accroissement de la pression atmosphérique, publié in The Lancet, .analysé in Gazette médicale de Paris, i835, 2" série, tome III, p. 328.
« L'auteur fait remontera i8l3 les premières discussions qu'il eut à ce sujet. »
moyens qui occupaient sa pensée. Ses appareils à raréfier, construits d'abord dans un but d'action générale (i), ne visèrent bientôt plus qu'à s'adapter à différentes parties plus ou moins étendues des membres et de la surface du corps. Cette retraite, forcée sans doute, mais faite sans mauvaise humeur, nous démontre aisément les idées qui dominaient M. Junod dans ses premiers essais d'une application générale du vide partiel sur l'homme malade. C'était bien au mouvement des liquides que ce praticien rattachait ses espérances; ce qu'il voulait, ce qu'il cherchait avant tout, c'était une énorme révulsion, une congestion artificielle clans le but de dégorger des organes pathologiquement affectés. »
A vrai dire, la chambre à air raréfié ne donna lieu entre les mains de Junod à aucune application réellement thérapeutique, peut-être, comme le dit Jourdanet, parce que nul empressement n'accueillit au début l'annonce de cette méthode nouvelle.
Le 7 décembre 1802, Tabarié, dans un pli cacheté, lu seulement à l'Académie des sciences en i838, recommandait à l'attention de ce corps savant :
i' J La condensation générale de l'air sur toute l'économie;
2 La condensation locale sur les membres;
(1) Dans ce but Junod avait fait construire une sphère de cuivre, dans laquelle pouvait s'asseoir une personne. Le sujet était soumis, une fois isolé à la pression générale, à des variations de pression, au moyen de deux corps de pompes, l'une aspirante qui raréfiait l'air, l'autre qui le comprimait
L'appareil de Junod différait de celui de ses prédécesseurs Murray et Clanny, qui n'avaient visé que la peau. Junod, au contraire, opérait sur les surfaces cutanées et pulmonaires.
Le rapport qui a\ait été présenté à l'Académie des sciences eut moins de succès que ses « ventouses monstres », qui fonctionnaient déjà à l'Hùtcl-Dieu. Magendie, le rapporteur de la Commission, jugea que l'appareil, fort intéressant pour un cabinet de physique, n'était susceptible d'aucune application médicale (Houssay).
Voir :
Junod. Nouvelles observations sur l'emploi des appareils bémospasiques et des bains d'air comprimé. Gaz. méd. de Paris, i8!fi, 2 e s., X, 373.376.
Junod (V.-T.). Recherches physiologiques et thérapeutiques sur les effets de la compression et de la raréfaction de l'air, tant sur le corps que sur les membres isolés. Rev. méd. franc, et étrang., Paris, i83/l, 35o-368. — Arch. (jén. de méd., Paris, i835, 2° s., IX, 157-172.