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ABISTOTE ET L'INFLUENCE DES CLIMATS

§ 4- — Aristote et l'influence DES CLIMATS.

Les idées d'Aristote sur la science des climats diffèrent peu de celles d'Hippocrate ; on peut même dire qu'elles en émanent. Aristote est plus déterministe encore. Il affirme à nouveau l'influence des climats sur le physique et le moral (i) et fait cette observation très judicieuse que les sciences sont nées dans les pays où les climats rendaient la culture facile et laissaient aux hommes des loisirs. « C'est ainsi, dit-il, que les sciences mathématiques prirent naissance en Egypte, où la caste des prêtres employait de cette façon les loisirs qui lui avaient été ménagés (2). »

Il reconnaissait aussi aux climats une influence sur la longévité. Dans les problèmes (Sect. 1/4, § 7) il s'était posé cette question : « Pourquoi vieillit-on lentement dans les lieux où l'air est bon, tandis qu'on vieillit plus vite dans les régions basses et marécageuses? — N'est-ce pas que la vieillesse est une sorte de pourriture, et que tout ce qui reste en place se gâte? Au contraire, le mouvement fait que les choses ne se gâtent pas ou se gâtent moins, comme on le voit pour l'eau. Dans les lieux élevés, bien exposés au vent, l'air est en mouvement continuel, dans les lieux bas, il est en repos. De plus, dans les lieux élevés, l'air est très pur à cause de son agitation, car il se renouvelle sans cesse, mais dans les régions marécageuses, il ne bouge point. »

Au xvi" siècle, Bodin (1677), dans sa République, devait pousser les idées d'Hippocrate jusqu'au paradoxe et attribuer aux variations topographiques des villes, les différences de caractères de leurs habitants (3).

(1) Politique d'Aristote (traduction B. Saint-Hilaire), Imprimerie royale, 1887, livre IV, chap. vi.

(2) Métaphysique d'Aristote, traduite par J.-B. Saint-IIilaire. Paris, Baillière, 1879, tome I er , chap. i, g 18, p. 10 et II.

(3) " Aussi pouvons-nous dire qu'il y a presque autant de variété au naturel des hommes, qu'il y a de pays; voire en mesmes climats, il se trouve que le peuple

5/, CLIMATOTHÉRAPIE

La tuberculose et la navigation.

Gelse paraît avoir été l'un des premiers auteurs qui se soient occupés de climatothérapie proprement dite et sur ses conseils, l'antiquité latine avait recours aux vertus de l'atmosphère marine pour le traitement de la phtisie.

« Si, dit-il, le mal est grave et qu'il y ait phtisie véritable, il est nécessaire d'y porter remède dès le principe ; car il n'est pas facile de détruire cette affection lorsqu'elle a jeté de profondes racines. Quand le malade en a la force, il doit entreprendre de longues navigations et changer de climat, pour trouver un air plus épais (plus brumeux, clensiits) que celui du pays dont il s'éloigne. On fait très bien, par exemple, de quitter l'Italie pour Alexandrie. En général, on supporte facilement le voyage au début de cette maladie, d'autant mieux qu'elle se déclare à l'époque de la vie où l'homme a le plus de vigueur, c'est-à-dire de dix-huit à trente-cinq ans. Mais lorsque la faiblesse du sujet s'oppose à ces courses lointaines, il devient très convenable alors d'essayer de courtes promenades en mer ; et si quelque raison les interdit également, on doit se faire porter en litière ou chercher d'autres moyens de mettre le corps en mouvement. Dans cette position, il faut renoncer aux affaires, éloigner de soi toute cause d'inquiétude et s'abandonner au sommeil ; de plus se tenir en garde

Oriental est fort différent à l'Occidental : et en mesme laliturle, et distance de l'équatcur, le peuple de Septentrion, est différend du Méridional. Et qui pins est, en mesme climat, latitude et longitude, et soubs mesme degré, on apperçoit la différence du lieu montueux à la plaine : de sorte qu'en mesme ville, la diversité des liants lieux aux valées, tire après sov variété d'humeurs, et de meurs aussi : Qui sait que les villes assises en lieux inégaux sont i>lus surjettes aux séditions et changemens, ijue relies qui sont situées, en lieu du tout crjal. Aussi la ville de Rome, qui a sept montaignes, ne fut jamais gueres sans quelque sédition, »

(Les six livres de la République de J. Rodin Angevin, A Paris, chez Jacques du l'uvs, Libraire Juré, à la Samaritaine, 1577, in-folio, p. 5ifi, livre 5.) Bibliolh. Xat : inventaire E 53, *Ex356 A.

contre les rhumes, qui pourraient détruire l'amélioration due aux soins qu'on a pris (i)... »

Pline ajoutait :

« On s'embarque pour l'Egvpte non en raison du pays même, mais en raison de la longueur du voyage (2). »

C'était par conséquent l'atmosphère vraiment marine, les voyages au long cours, que les anciens recommandaient aux phtisiques. Seul, Galien envoyait ses malades à Tabie (aujourd'hui Castellamare), petite ville située près de Naples, à trente stades de la Méditerranée, mais il leur conseillait toujours de s'y rendre par la voie d'eau (3).

De l'antiquité latine aux temps modernes, les médecins compilateurs, acceptant sans discussion l'autorité des anciens, Mercurialis à Pise (4), Sennert à Wittemberg, Mercatus à Yalladolid prescrivaient aussi les voyages en mer pour la phtisie. Au xn 1 ' siècle, Averrhoës, au xvi° siècle, Cardan donnèrent les mêmes conseils, mais s'efforcèrent d'interpréter leur thérapeutique.

L'air vraiment marin tirait ses qualités, à leurs yeux : i° de sa salure; 2 de son humidité ; 3 U de sa pureté; 4° de la constance de sa température (5).

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