‹ La thérapeutique physique d'autrefoisChapitre 70 sur 87 · LONDE · texte numérisé non relu

LONDE

Europe, Charles IV d'Espagne avait songé à créer un Institut Pestalozzien, à Madrid. Amoros avait été nommé directeur de cet Institut qui ne dura qu'un an. Devenu bonapartiste à l'avènement de Joseph sur le trône d'Espagne, Amoros dut suivre la fortune du frère de Napoléon et se réfugier en France après la capitidation de Baylen.

En 1816, il se fit naturaliser Français; mais cette circonstance, loin d'être avantageuse au colonel, eut pour effet de lui faire supprimer la pension de six cents francs par mois dont il jouissait comme réfugié espagnol (1). Réduit à ses seules ressources, Amoros enseigna la gymnastique dans la pension Dourdan, puis dans d'autres institutions.

Le gymnase de la place Dupleix, à Grenelle, avait été cons- Iruit de 1819 à 1820. Les qualités professionnelles d'Amoros attirèrent l'attention du gouvernement et le préfet delà Seine, M. de Chabrol, le nomma bientôt directeur de la nouvelle fondation. Amoros jouit d'une faveur considérable ; c'est ainsi que l'immense parc de Grenelle lui fut concédé sa vie durant et que de 1820 à 1826, 3ooooo francs y furent dépensés sur sa demande pour les appareils et l'entretien des bâtiments.

Amoros est mort en 1847.

Ce maître fut un excellent professeur; mais il n'eut aucune idée personnelle; et nous ne nous arrêterons pas à ses livres inspirés de Clias et de Pestalozzi. Amoros s'est surtout rendu célèbre par les élèves qu'il a formés, et qui ont illustré la gymnastique militaire: Napoléon Laisné, le colonel d'Argy, le capitaine Vergnes, le capitaine de Féraudy, etc.

§ i3. — Londe.

En 1821, Charles Londe, docteur en médecine delà Faculté de Paris, publia la Gymnastique médicale ou l'exercice appliqué

(1) Voir : Lettre de M. Amoros, réfugie espagnol et naturalisé Français, à tous ceux nui l'ont insulté, calomnié et qui ont cherché à l'avilir dans son malheur. Paris, Hougcron, 1817.

aux organes de l'homme, d'après les lois de la physiologie, de l'hygiène et de la thérapeutique.

Ce livre dédié à Chaussier fut l'objet d'un rapport d'Esquirol

et de Chaussier à la Société de la Faculté de médecine de Paris.

Cet ouvrage, suivant l'expression d'Esquirol, envisage la

gymnastique étudiée dans ses rapports avec l'hygiène et

appliquée à l'homme sain.

On y rencontre déjà une critique sévère des livres et des institutions de gymnastique qui s'étaient répandus en France d'après les idées de Gutsmuths: « Mon but, dit Londe, n'est pas, comme on doit bien le présumer, de composer un traité élémentaire de gymnastique et de faire une démonstration d'exercices... J'ai particulièrement pour objet dans ce travail de rechercher l'influence de l'exercice sur nos organes, leurs facultés, leurs fonctions, leurs altérations; de rappeler l'attention sur des ressources bien précieuses et trop négligées, de tracer sur leur emploi quelques règles plus individuelles qu'on ne l'a fait jusqu'à présent, de jeter, si mes faibles moyens le permettent, une clarté salutaire sur quelques points delà physiologie hygiénique, d'appliquer à d'autres, sinon des idées nouvelles, du moins un langage moins contradictoire et plus convenable (i). »

Londe entreprit donc une étude savante de l'effet de l'exercice sur l'état général, et cette étude n'est pas sans intérêt; mais il a eu le tort de négliger l'observation de chaque muscle ou groupe de muscles pris en particulier.

Son livre, malgré ses mérites réels, justifie les critiques de N. Daily qui lui reprochait d'être une revue des exercices envisagéeau point de vue philosophique plutôt qu'une méthode pratique de gymnastique médicale.

11 constituait un effort vers une conception plus scientifique de l'art des exercices corporels, mais dans l'état actuel de nos connaissances, il n'exprime plus rien ou presque rien, et la langue même de l'auteur ne nous est plus familière.

(i) Londe. Gymnastique médicale. Paris, Croullebois, 1821, in-8 ,J , p, i5 et 16.

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