LING, FONDATEUR DE LÀ GYMNASTIQUE SUÉDOISE
iloppement d'un groupe musculaire dépend des mouvements actifs auxquels on le soumet. Il voulut créer et créa la gymnastique scientifique .
Ling est l'inventeur des mouvements doublés ou synergiques (duplicirt). Il y a deux genres de mouvements synergiques; tous s'exécutent soit avec résistance du malade, ils sont alors appelés semi-passil's, soit avec résistance d'un gymnaste, ils sont appelés semi-actifs.
Un exemple permettra de comprendre mieux ces définitions: quand on plie l'avant-bras, celui-ci serait jeté violemment contre le bras par la contraction des fléchisseurs (muscles antérieurs du bras), si les extenseurs de l'avant-bras (muscles postérieurs du bras) ne réglaient pas le mouvement en se contractant aussi de leur côté. Pour obtenir l'isolation du mouvement sur les muscles fléchisseurs de l'avant-bras, il suffit de donner une résistance suffisamment forte du côté de l'avant-bras quand il va se plier, et de cette manière les extenseurs restent complètement au repos (i). Ce mouvement est un mouvement synergique ou doublé semi-actif, puisqu'il y a résistance d'un gymnaste.
Si, au contraire, nous supposons par exemple, un mouvement de flexion de l'avant-bras sur le bras exécuté par le gymnaste, le malade, s'efforçant de s'opposer au mouvement, nous obtenons un mouvement doublé ou synergique semipassif. « En d'autres termes, le mouvement synergique semiactif est celui que le malade exécute contre une légère opposition de la main du gymnaste, tandis que le mouvement synergique semi-passif est celui que le gymnaste exécute sur le malade contre la légère opposition de celui-ci. Les deux individus ou organismes agissent donc ensemble et d'accord au profit de l'un d'eux qui est le malade.
11 est facile de prévoir qu'on pourra de cette manière produire deux genres d'excitation musculaire qu'on est convenu d'appeler contraction concentrique et contraction excentrique selon que l'insertion et le point de départ du muscle
(i) R. ScHENsTRc'JM. Rélle\ions sur l'éducation physique et les mouvements corporels. Paris, Delahaye et C'"', 1880, p. II.
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se rapprochent ou s'éloignent (i). » Ces deux modes decontraction ont des effets différents que nous n'avons pas à étudier ici.
Le système de Ling attache grande importance dans les exercices musculaires aux positions d'entrée (commencing positions, ausgangslellungen) et aux positions finales qui doivent marquer le commencement et la fin des mouvements gymnastiques. Pour Ling et ses élèves (2), ces mouvements sont limités par le temps, la direction et l'étendue.
La détermination de ces trois catégories constitue le mouvement gymnastique. Le chemin à parcourir entre la position d'entrée et la position finale forme, par la coopération du malade et du gymnaste, le mouvement synergique qui doit s'exécuter d'après un certain rythme. Le mouvement doit être lent et léger au commencement, plus fort constamment vers le milieu et pendant les trois quarts de sa durée, et lent et léger vers la fin, à quelques exceptions près. La résultante du mouvement est le produit de la masse par la vitesse. La force à employer ne doit jamais aller jusqu'à produire même le plus léger tremblement ou une vacillation quelconque.
Plus un membre est petit, plus le mouvement peut et doit être accéléré ; plus un membre est grand ou plus une partie du corps contient d'organes essentiels, plus le mouvement doit être lent.
Ling et ses élèves pratiquent aussi, sous le nom de mouvements passifs, toutes les formes du massage.
§ 12. — Amobos.
Quand l'enseignement de Pestalozzi s'était répandu en
(1) H.L. Meding. Op. cit., p. 7 et 8.
(2) Le plus célèbre a été Gabriel Branting qui a succédé à Ling dans la direction de l'Institut.
A cette époque, cet établissement consistait en cinq bâtiments comprenant les divisions suivantes : i° salle d'instruction théorique, 2" amphithéâtre anatomique, 3° bibliothèque et musée anatomique, 4° salle de gymnastique pédagogique et médicale. 5" salle d'armes, 6° manège (pour la voltige), ■;" logements du directeur et des deux sous-directeurs. Deux cours spacieuses, un petit jardin et une galerie pour le tir au pistolet complétaient l'établissement.