‹ La ThériaqueChapitre 2 sur 10 · DE LA MORALE DANS LE ROMAN · texte numérisé non relu

DE LA MORALE DANS LE ROMAN

« Il faut des romans aux peuples corrompus. » D'après cette assertion de Jean-Jacques^nous nous serions singulièrement amendés depuis quinze ans. Ce qu^on appelle^ en langage positifs la mévente du roman^ a une autre raison que V éparpillement de l'esprit public, qui sollicité de toutes parts et par des jeux d'habileté extrême^ n accorde plus que des suffrages brefs ou partiels. L'histoire^ la petite histoire^ biographique et anecdotique^ a pris une place dont témoigne la moindre bibliographie. Ce ne sont que mémoires et correspondances : tous les fonds de tiroir

VllI LA THÉRIAQUE

deviennent des volumes^ à l'apparence grave et documentaire ; en réalité^ V attrait de ces publications tient à leur caractère d'intimité dévoilée et elles continuent à peu près les mémoires secrets de Bachaumont.

Ce qu^on trouve en fouillant la vie d'un grand homme ce sont ses faiblesses : et ce spectacle^ quoi qu'on prêt nde, ne vaut rien : il rassure chacun sur ses péchés , en les lui montrant chez un être admirable et supérieurement douéy associés aux merveilleuses qualités.

Etrange illusion de croire que la vie d^une Catherine de Russie ou d'un maréchal de Richelieu ne soit pas de mauvais livres.

« Ce Télémaque qui a méprisé tous les plaisirs de l île Chj^pre ne peut résister à la médiocre beauté d'une de mes nj^mphes », dit Caljyso.

Que gagnera la morale, si Henriette d'Angleterre se plaint au Comte de Quiche et à M^'' de Montalet, de se voir préférer M^^' de La Vallière ?

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