DE LA IMOUALE DANS LE ROMAN IX
Quand le fils d Ulysse s écrie : « Eucharis^ si Mentor me quitte, je n'ai plus que vous », çaut'il mieux quon lise : « Louis XIV aux premières couches de La Valliêre dit : Rendez-la-moi et prenez tout ce que f ai. »
Encore : « Eucharis tendit la main à Cal/pso pour la souten'r : elle la repoussa en jetant sur elle un regard terrible. » Est-il mieux de lire : « Madame donna tant de dégoût à La Vall ère, que cette fille fut obligée de se retirer au couvent de Chaillot mais le rojr ly ^^^^ chercher, et lui fit peu après sa maison. »
Entre la fiction du prélat et le fait historique le moraliste n'hésitera pas : il jugera la nymphe Eucharis et Calypso moins nuisibles à une jeune imagination que la rivalité d'Henriette d'Angleterre et de 3f'' de La Valliêre.
Les parents se trompent, en accueillant l'étude historique comme lecture morale.
Il est défendu aux jeunes gens de lire TAncien Testament^joarc^ qu'il contient des
parties historiques^ pleines de boue et sang-, comme les autres annales humaines.
Encore les tableaux ne sont-ils pas aussi pernicieux que la conclusion qu'ils inspirent, vraiment dépravante ; car Vinjustice triomphe constamment et les portes de V enfer pré-calent à chaque page y sans que l'auteur pense à répéter chaque fois le thème idéal que le romancier introduit à son gré.
Balzac est le plus grand des romanciers. Sa Comédie Humaine dépasse^ en hauteur et profondeur y tout autre ouvrage de cet ordre.
Lareligion et la monarchie le revendiquent justement comme docteur ins'gne : on tirerait de son œuvre les maximes les plus saines de la tradition. En outre, sa pudeur descriptive est telle que Von ne comprend l horreur cachée de certaines de ses fictions que bien des années après les avoir lues.
Il a les caractères du bon auteur : principes purs et expression bienséante.
Et cependant il a engendré Henri Mauperin de Gonconrt, Bel Ami de Maupassant