‹ La Thrombose et L'Embolie Post-OpératoiresChapitre 15 sur 40 · PR COR · texte numérisé non relu

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pouvant se prolonger dans une veine voisine, doit se détacher sous l'influence du courant ambiant pour donner l’embolie.

STRUCTURE MICROSCOPIQUE.— C’est la partie de l’ana-

tomie du thrombus qui a été la plus remaniée ces tempsei. Asch@ff, en Allemagne, poursuit depuis plusieurs années une patiente étude sur cette structure intime du thrombus. Il en a donné des descriptions successives dans divers articles et nous ferons à ses travaux de nombreux emprunts. 1

On crut longtemps que le thrombus était un simple caillot constitué essentiellement par un réticulum fibrineux englobant dans ses mailles les éléments figurés du sang. Zahn contribua pour la plus grande part à détruire cette erreur. [l montra le rôle primordial du thrombus blane, et par cette couleur même fut appelé à supposer qu'il ne s'agissait point là d’un caillot banal.

Etudiant lhémostase spontanée après piqûre d’une veine mésentérique de grenouille, il vit les globules blancs se masser aux environs de la plaie et former par leur agglomération une sorte de bouchon obturant: la tête blanche du thrombus. Les travaux de Pitres concordaient avee ceux de Zahn. La structure spéciale du thrombus blanc, portion primitive et surtout importante, était décrite. Ce fut la phase de thrombus leucocytique, de « caillot lymphalique » succédant au caillot sanguin.

Hayem y montra un élément nouveau : les hématoblastes, dont il ne pressentait encore pas le rôle primordial. Reelus cependant dès T890 écrivait: « En examinant la pelite masse déposée sur la paroi veineuse, on constate qu'elle est blanche et ne contient presque pas d'hématies. Sous l'influence du ralentissement du courant sanguin,

les hématoblastes, devenus visqueux, irréguliers, perdent leur forme Hécoide et s'accumulent en un coagulum où l’on trouve en petit nombre des globules rouges et des globules blancs, mais pas de fibrine. » On passe ainsi insensiblement au caillot hématoblastique. Aschoff, dans ses récentes recherches, a mis en évidence le rôle primordial qui prennent les plaquettes sanguines dans la formation du thrombus, rôlé que Le Sourd et Pagniez avalent déjà phy Ho nnou affirmé (1909-1911).

Sur unecoupe longitudinale du thrombus, passant sur la tête et le cou, on s'aperçoit que les déssins décrits à la surface par Zahn, sous forme de stries ou de réseaux d’aspect divers, sont les extrémités périphériques, saillantes à la surface, d’un système trabéculaire occupant tout le thrombus. Ce système trabéculaire, qui constitue la charpente essentielle du thrombus, présente une disposition coralliforme fort graeieuse. Ces travées sont dans les diverses parties du thrombus régulièrement orientées. Elles sontrégulièrement espacées et se groupent en systèmes dans lesquelselles présentent toutes une direction semblable, avec évidemment quelques irrégularités. Plus on approche du sommet du thrombus, plus les travées sont épaisses et plus elles sontrapprochées ; elles confluent en une masse commune vers le point eulminant tout à fait blanc.

En somme le thrombus est composé d’une charpente, d'aspect trabéculaire encoupe, qui en réalité délimite des alvéoles(Ferge). En tousles points lestravées ontla même structure ainsi que le contenu des alvéoles;-leur importance réciproque seule varie. Ces travées sont constituées par un amas de fines granulations, et, si l'on regarde à un plus fort grossissement, on reconnait en elles autant de plaquettes sanguines agglomérées (ceci

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à condition d'examiner un thrombus jeune). Autour de cet axe hématoblastique se trouve une gaine complètede leucocytes plus ou moins dégénérés. Telle est la structure typique et constante dela travée blanche qui se distingue nettement delamasserouge ambiante emplissantles alvéoles. Cette dernière a la structure banale du caillot simple et contient des hématies. « Le plus important, l'essentiel, est que dans tout le système la fibrine manque presque totalement. Si elle existe, elle présente elle aussi une très grande régularité. Les premières fibres de fibrine naissent à l'extrémité des cloisons trabéculaires, là où le sang vient baigner ces travées ; et elles s’avancent peu à peu dans le sang. »

Au niveau de la queue rouge l'aspect change, il s s'agit d'un caillot banal, réticulum fibrineux enserrant pêlemêle dans ses mailles tous les éléments figurés du sang. Au niveau du cou se trouve une zone intermédiaire, dans laquelle les alvéoles, limitées par les cloisons trabéculaires, sont de plus en plus spacieuses et sont emplies d’un amas rougeâtre présentant la structure du caillot de queue.

EVOLUTION. — La description que nous venons de donner est celle du thrombus récemment constitué. À côté de ce thrombus adulte, il est un thrombus jeune et un thrombus vieux.

« C'est toujours, dit Reclus, au niveau d'unesaillie ou d'une dépression, dans le nid d'une valvule, sur une rugosité de la paroi ou dans un point où la circulation est très peu active que se dépose le premier caillot. Aschoff considère aussi comme point d'élection les confluents veineux. C'est la tête du caillot qui se forme ansi, le thrombus blane, Celui-ci, en évoluant, finit par

HE Naf SRE obstruer toute re lumière du vaisseau, et alors seule-

ment se forme se la queue rouge.

. Nous verrons, à propos des eine pathogéni-

Caillot libre non organisé.

Paroi veineuse. — {. e. tunique externe ; {.m. tunique moyenne ; {. à. tunique interne ; | e. endothélium.

l. lumière vasculaire c. caillot: i. infiltration leucocytaire dans une zone éosinophile.

ques, que les auteurs tendent aujourd’hui à admettre que le caillot prend naissance non pas sur la paroi veineuse, dans les cas de thrombus autochtone, mais

que» 7 :

au centre même de la lumière vasculaire. Quand l’adhérence avec les parois s’est produite, quand la queues’est développée, le caillot est adulte. C'est à ce moment-là que nous en avons étudié la structure. Mais celle-ci va être bientôt modifiée. +

Dans la masse solide vont pénétrer des éléments migrateurs qui vont la remanier de fond en comble. Ces éléments, d'après Virchow, Pirogoff, Rindfleisch sont les leucocytes du sang englobés par le thrombus même ou immigrés des parties voisines. Les travaux successifs de Thierseh, Waldeyer, Cornil et Ranvier, Prenant, Troisier et Forgue montrent que l’endothélium vasculaire y prend une part active. Suivant les cas’ cette évolution du caillot peut‘aboutir à des termes fort différents :

1° Organisation. — Elle à été bien étudiée par Cornil. Les cellules endothéliales, primitivement accolées contre les parois, s’orientent en sens inverse, pénètrent bientot toute la masse du thrombus et perdant tout point d'appui pariétal, envalissent les néoformations en vraies cellules migratrices ; elles s'anastomosent en un fin réseau donnant la trame fibreuse. D'autres cellules endothéliales s’incurvent en tuiles et s’accolent deux par deux pour donner les néocapillaires. Après un temps plus ou moins long il ne reste à la place du thrombus qu'un tractus fibreux plus où moins vasculaire.

2° Dégénérescence granuleuse où hyaline et résorption. — L'importance de cette vascularisation est fort variable; quand elle est abondante elle peut suffire à rétablir la perméabilité du vaisseau, tandis que la masse ambiante subit une résorption progressive par l'intermédiare de la fonte granulo-hyaline des divers éléments du thrombus.

. D'après Vulpian, ce travail d'organisation, ces adhérences commenceraient dans les quarante-huit premièr heures de la formation du thrombus, Vers la fin de

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