‹ La Thrombose et L'Embolie Post-OpératoiresChapitre 18 sur 40 · NIET · texte numérisé non relu

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collatérales, on peut voir l'arbre thrombotique se détacher en entier sous forme d’une masse polypeuse arborisée.

Quand une partie seulement du caillot s'est détachée, elle prend des formes diverses suivant la partie du caillot intéressée, tantôt dur, dense, stratifié, blane grisâtre quand il s’agit de la tête; plus mou, plus diffluent et facilement déformable, rouge vineux quand il s’agit de la queue. Dans tous les cas, quand lembolus est récent, on retrouve sa surface ‘de section sous forme d'une cassure nette qui peut s'adapter exactement au thrombus veineux primitif.

Les dimensions de l’embolus vont depuis le fragment minuscule qui va se loger dans un fin ramuscule artériel où il peut passer inaperçu, jusqu'au fragment énorme, du calibre d’une fémorale, d’une grosse veine des ligaments larges, de la veine cave même. Dans les cas rapidement suivis de mort, le caillot est toujours volumineux, sa longueur varie en général de 2 à 10 centimètres, il en peut être de plus longs. À ce point de vue, la longueur peut suppléer au diamètre et un ceaillot relativement mince, mais pelotonné, peut obturer la lumière artérielle. Le cas. de Follet est un exemple assez net de ces caillots pelotonnés.

Le eallot siège en général au niveau d’une bifurcation artérielle, soit qu'à ce niveau le calibre ait diminué brusquement, soit que le caillot soit resté à cheval sur l’éperon de bifurcation. Suivant ses dimensions, le thrombus s'avance plus où moinsloin dàns l'arbre artériel pulmonaire, Pembolus qui tue se trouve soit dans le tronc de l’artère pulmonaire, soit dans une de ses branches de bifureation. Il est démontré par des autopsies nombreuses qu'un embolus n’obturant qu'une des deux branches de la pulmonaire peut tuer de mort subite.

D'ailleurs l’embolus n’obture pas toujours entièrement et d'emblée la lumière du vaisseau; dans ces cas, il ne tarde en général pas à loblitérer par des coagulations AA Les angles du fragment embolisé ne tardent pas à sémousser par le dépôt de couches coagulées qui se cent à sa surface. « Il se forme ainsi, dit Martinet: {° un caillot cortical qui enveloppe l’embolus ; 2° un caillot terminal s'étendant sur les ramifications du vaisseau oblitéré et formé par le sang ayant Re à côté de l’embolus avant l'oblitération complète; 3° un callot prolongé, formé en deçà de l'embolus Het vers le cœur. » Ces caillots secondaires peuvent prendre par rapport au thrombus embolisé un développement énorme et envahir la presque totalité des artères du poumon. Dans le cas de Fraikin, nous lisons: à l'incision de l'artère pulmonaire «on la voit remplie par un caillot noir, cadavérique; ce caillot occupe tout le calibre de l'artère pulmonaire, la moulant comme du plâtre, depuis les valvules sigmoïdes jusqu’à ses dernières branches aussi bien à droite qu'à gauche, et aussi loin qu'on puisse les poursuivre par une dissection minutieuse ».

Ce caillot embolisé et privé de toute connexion avec les tissus ambiants, ne tarde pas à présenter, si la mort ne suit pas immédiatement l’embolie, des dégénérescences centrales. Ball a bien étudié dans sa thèse inaugurale ces dégénérescences de l’embolus. À lincision, on trouve au-dessous d’une coque dense « une substance rosée, beaucoup plus molle, composée de globules rouges et de leucocytes plus ou moins dégénérés, compris dans un magma granulenx contenant des débris fibrineux et des

gouttelettes graisseuses.

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