‹ La Thrombose et L'Embolie Post-OpératoiresChapitre 6 sur 40 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

. Il est deux types fort différents de thromboses postopératoires.

Les thromboses locales, complications in situ de tous les traumatismes dont la plaie opératoire n’est qu’une variété, sont une éventualité fréquente ; et l’on ne saurait, . dans leur forme simple, les considérer comme une complication. Elles peuvent cependant prendre une extension inaccoutumée et Verneuil, en 1880 déjà, a bien décrit leur extension possible à la suite des amputations de jambe. Quoique graves quelquefois, ces thromboses locales, d'apparition précoce, sont peu intéressantes et ne donnent lieu à aucune discussion pathogénique parliculière. Toutes les théories proposées sont ici admissibles : lésions des parois, infection, production de thrombokinases, troubles circulatoires locaux.

On à appris à connaître depuis une quarantaine d’années une forme nouvelle dont Moty donne la définition

LEAANPSE suivante : « Thrombose à distance survenue chez des opérés abdominaux guéris par première intension, avec apyréxie plus ou moins absolue, se localisant dans une veine fémorale intacte, et quelquefois dans les deux, et ayant en outre ce caractère essentiel d’être tardive. »

Cette définition est excellente dans l’ensemble; mais, comme nous le verrons, tous ses termes sont trop exclusifs. Une thrombose peut se former près du champ opératoire, ou atteindre des veines autres que la fémorale, ou être précoce, et mériter cependant par l’ensemble de ses caractères d’être rangée dans ce groupe.

Ces thromboses ont pour caractère essentiel de n'être pas en relation immédiate avec la lésion opératoire. Elles sont surtout intéressantes au point de vue pathogénique ; et l’absence, par définition même. de toute influence locale évidente a remis en question toute la pathogénie des thromboses. Si l’on considère en outre que cette thrombose autochtone présente plus particulièrement des formes latentes et donne naissance à l'immense majorité des thromboses post-opératoires, on concevra que l'intérêt des chirurgiens se soit surtout reporté sur elle et que ce soit d’elle surtout que nous nous occupions.

Cette thrombose post-opératoire était inconnue des anciens chirurgiens. Le premier cas publié par Hégar date de 45 ans à peine. C’est donc là une complication que la chirurgie moderne a vue naître. Il était assez naturel d'admettre que la formidable extension prise par la chirurgie depuis l’application des méthodes listériennes deväit modifier profondément la situation opératoire, conduisant à des résultats nouveaux, mais s’accompagnant aussi de complications nouvelles.

La chirurgie abdominale à fait naître la thrombose post-opératoire et cet accident d’abord rare a présenté

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une fréquence croissante ; observée au début à la suite des seules laparotomies pour fibromes, elle s’est montrée peu à-peu à la suite des interventions de tous ordres. Il n’est pas jusqu’à la simple laparotomie exploratrice qui n'ait pu être aujourd'hui suivie de thrombose et d’embolie.

Gilmann Kimball fiten 1855 la première hystérectomie pour fibrome. Huit ans plus tard Kæberlé et peu après Péan imitèrent son exemple, réglèrent la technique et vulgarisèrent la méthode. 5 ans après, en 1868, Hégar, en Allemagne, publiait le premier cas de thrombose post-opératoire. Il s'agissait d’une malade qui mourut subitement d’embolie à la suite de l’énucléation d’un gros fibrome intra-pariétal.

Peu à peu les cas se multiplièrent, et en 1879 Péan, dans ses Leçons cliniques, signale la thrombose postopératoire à l'attention des chirurgiens. Bastard, en 1882, publie sa. thèse sur ce sujet. En Allemagne, Hofmeyer, 2 ans plus tard (1884), publia à la Société de gynécologie de Berlin 18 observations prises dans le service de Schræder, de mort subite par arrêt du cœur chez des malades portant des tumeurs abdominales ou récemment opérés de ces dernières.

Dohrn, en 1885, rapporte un cas de mort par embolie pulmonaire au huitième jour d'une opération pour fibrome. Les travaux à partir de ce moment se multiplient, soit que les auteurs publient des cas isolés, soit qu'ils entreprennent des études d'ensemble.

Mahler, en 1895, publie son fameux signe prémonitoire des thromboses : le Kletterpuls, admis par les uns, nié par les autres, en une discussion qui se prolonge jusqu’à ces dernières années par les travaux de Küster et de Michaëlis. Vaney, à Nancy, dans son excellente

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E thèse de 1906, apporte une contribution précieuse à la symptomatologie précoce de la thrombose génitale.

Follet, en 1899, dans un article qui n'eut pas tout le retentissement qu'il méritait, ranime le grand débat pathogénique. Cruveilhier, ily à plus de 65 ans, écrivait déjà: il faut, pour qu'il y ait phlébite, « une cause d'irritation qui agisse sur la paroi veineuse ». Virchow, par contre, dès 1866, essayait de montrer que la coagulation intravasculaire du sang était le fait primitif et la cause même de l'irritation vasculaire pariétale, il attribuail aux causes mécaniques le rôle principal dans - la formation du caillot.

Billroth, rajeunissant la théorie de Hunter, soutint contre lui l'origine inflammatoire. «Je dirai que la plupart des thromboses veineuses ne sont que le résultat d'inflammation très aiguës, etque le coagulum subit la même métamorphose que la néoplasie inflammatoire. »

Les découvertes bactériennes vinrent soutenir son opinion; la présence constatée de microorganismes dans les parois veineuses et à l'intérieur du eaillot établirent formellement la théorie infectieuse. La lésion de de la paroi veineuse par les germes pénétrant à travers cette paroi ou véhiculés par le sang fut universellement considérée comme le fait primitif et causal. Dans bien des cas, cependant, il était fort difficile de mettre en évidence celle origine infectieuse, et Quénu, en 1895, observait une réserve prudente au sujet de cette théorie « qu'il serait imprudent peut-être de généraliser dès aujourd’hui ».

Follet porte les premiers coups au dogme de l'étiologie infectieuse, et malgré l'âpre résistance de ses

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