‹ La Thrombose et L'Embolie Post-OpératoiresChapitre 7 sur 40 · TASSE · texte numérisé non relu

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partisans quiinvoquentsuccessivement les infections au-

togènes, les infections atténuées, les autoinfections d’origine intestinale, c’est au Congrès de Carlsruhe, en 1911, que paraît sombrer l'étiologie infectieuse des thromboses (post-opératoires tout au moins).

Ces discussions pathogéniques, importantes surtout au point de vue prophylactique, étaient d'autant plus passionnantes qu'un traitement prophylactique était proposé presque simultanément. Deux gynécologues américains, Ries (de Chicago) et Bolt (de New-York), proposèrent le fameux lever précoce des opérés, surtout des laparotomisées et des accouchées ; c’est en Allemagne surtout que leur méthode eut un grand retentissement et le lever précoce (le frauhaufstehen) est aujourd'hui devenu une méthode allemande. Krôünig la soutint avec une insistance victorieuse, et à sa suite Doderlein, Landau, Kotzemberg et Kümmel, dans leurs publications, ou aux divers Congrès allemands de chirurgie et d’obstétrique, ont discuté les avantages et les inconvénients de la méthode, ont essayé de poser de façon plus précise ses indications. Les résultats diversement. appréciés qu'a donnés la méthode fournissent des arguments souvent invoqués pour ou contre la théorie infectieuse de lembolie.

Pendant que se discutèrent ces considérations théoriques, les cas de thrombose post-opératoire se multipliaient et se présentaient après Îles interventions les . plus diverses Roux [de Lausanne), en 1900, Villard et Vignard, en 1901, Sonnenburg, en 1902, Jouglard et Petit, en 1903, étudient la thrombose au cours de l’appendicite ou après l’appendicectomie à chau d. Jalaguier, en 1903, signale le premier cas de phlébite après appendicectomie à froid avec embolie pulmonaire

RS) au dixième jour après l'opération. Bordesoule, dans sa thèse de 1905, rapporte des observations de Legueu, Guinard, Jalaguier, Sonnenburg, où la phlébite fut consécutive à une appendicectomie à froid sans infection apparente de la plaie opératoire.

En 1906, il faut citer la thèse de Druais et une communication de Dieulafé à la Société de chirurgie qui donna lieu à un rapport de Broca et à une longue discussion. En 1907, Duvergey et Toussaint publient chacun un cas isolé. Robert a donné en 1909 une bonne étude avec quelques observations nouvelles. Bull, en 1912, a donné un travail d'ensemble sur la question.

D'observation plus récente encore est la thrombose et l’embolie à la suite de cure radicale de hernie. Rochard, en 1905, signale un des premiers cette complication. Tarantino l’année d’après, Turlais en 1903, Ranzi en 1908, en signalent des cas isolés, ainsi que Box et Rudel. En 1908, Mauclaire fait le premier travail d'ensemble et Castelain, en 1909, la première thèse sur ce sujet.

L'année 1907 marque pour tout ce qui à trait à l’embolie une date importante. Trendelenburg fait au Congrès des naturalistes et médecins allemands sa première communication sur l'artériotomie de la pulmonaire pour l'extraction des caillots embolisés. Il ne s’agit encore que d'expériences et de recherches cadavériques, et l’auteur montre comment, après avoir essayé l'aspiration des caillots à travers une incision de l'oreillette, il a été amené à préférer l'ouverture directe de l'artère pulmonaire.

L'année d'après, en 1908, il rapporte la première opération tentée sur le vivant, chez une femme de 70 ans, avec mort par hémorragie. Peu après, succès meilleur

po chez un homme de 45 ans qui ne meurt que le lendemain soir de l'opération. Quatrième intervention par Sievérs et cinquième en 1909 par Krüger, à Iéna, dans la clinique de Sievers; c’est le cas de plus longue survie, le malade ne succombant qu’au cinquième jour.

En 1911, le Congrès des naturalistes et des médecins allemands de Carlsruhe a remis d’actualité la question des thromboses et des embolies post- opératoires. Aschoff, dans ce Congrès et dans des publications nombreuses, étudie avec soin la structure histologique du thrombus. Il montre que celui-ci n’est point un simple coagulum de fibrine, mais bien une formation définie, ayant une structure déterminée et complexe. Il confirme les opinions déjà émises par Eberth et Schimmelbusch, et établit, en-se basant sur l’anatomie pathologique, une différence fondamentale entre le caillot, simple processus de coagulation fibrineuse, et le thrombus, formation coralliforme dont les plaquettes constituent la trame essentielle.

Ces éléments sanguins, découverts en 1844 par Donné, qui les appela globulins, furent redécouverts ensuite par Hayem sous le nom d’hématoblastes, et par Bizzozero sous le nom de piastrine ou plaquettes (1). En France, Achard et Aynaud ont étudié ces formations. Le Sourd et Pagniez en 1909 et 1911, Bordet et Delange en 1911, se sont attachés à montrer le rôle important de ces éléments dans la coagulation du sang. Wright, à

(1) Pour la bibliographie des globulins, consulter Aynaud. Th.

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