A. EXPOSÉ SOMMAIRE
DES PRINCIPAUX PROCÉDÉS DE THÉRAPEUTIQUE MÉDICALE DU GOITRE EXOPHTALMIQUE
Ces procédés sont assez nombreux. Les voici suc cessivement exposés :
1° Le traitement médicamenteux banal :
a) Les médicaments sédatifs (bromures, opiacés, belladonne, valériane).
b) Les médicaments toniques (arsenic, quinquina, fer).
c) Les médicaments cardiaques (digitale, strophantus, spartéine).
d) Les médicaments salicylés.
2° Le traitement antithyroïdien, c’est-à-dire l'opothérapie thyroïdienne et l’opothérapie thymique.
Déjà Rænsow, en 1892, avait songé à la médication thyroïdienne « pour suppléer, disait-1l, à la sécrétion viciée de la glande ».
La théorie actuelle de ce procédé a été très clairement exposée par LenormanT !: « Dans un organisme normal, dit-il, la sécrétion thyroïdienne est, très probablement, employée à détruire ou à modifier des substances nocives produites par la combustion des tissus, Si donc le goitre exophtalmique est le résultat d’une hyperthyroïdisation, cela veut dire qu’une partie de la sécrétion reste mutilisée et agit sur les divers organes pour déterminer les symptômes de la maladie. D'autre part, le sang et les humeurs des animaux thyroïdectomisés doivent renfermer ces substances nocives que la sécrétion thyroïdienne devait détruire. On en peut conclure que l’introduction dans l’orga— nisme d’un basedowien des humeurs provenant d’un animal thyroïdectomisé fournira à la sécrétion thyroïdienne en excès de nouvelles substances à détruire et la neutralisera. Pour ainsi dire, l’hyperthyroïdisme du basedowien et l’hypothyroïdisme de l'animal thyroïdectomisé se compenseront. »
Cette théorie est évidemment très séduisante.
BaLLer et HENRIQUEZ eurent ainsi l’idée poursuivie par Môgius, BurkarT. et Lanz d’administrer, soit “par ingestion, soit en injections le lait de chèvre et le sérum de chien préalablement thyroïdectomisés. (C'est là le procédé thérapeutique de choix préconisé encore actuellement par Guy Masson, de Genève.)
En 1905, Hezzron présenta « l’hémato-éthyroidine » ou sang total glycériné de moutons éthyroïdés.
1 LenormanT, Goître exophtalmiqué RS de Fire chirurg., p. 853, Masson et Cie, édit.
Enfin, en 1906, Rocers et BeEBE, en Amérique, ont tenté la sérothérapie thyrotoxique qui eut son application surtout par le sérwm de Môbius. Le primcipe de la médication était le suivant :
On sait que lextrait du corps thyroïde humain injecté à un animal, donne lieu dans le sérum sanguin de cet animal à la production de substances capables de neutraliser la toxine basedowienne et de provoquer, par suite de réactions cytolytiques, une régression du corps thyroïde. L’imjection du sérum thyrotoxique chez un malade basedowien atténuerait, puis supprimerait l’exagération de la fonction thyroïdienne.
L'opothérapie thymique repose sur l'existence d’une hypertrophie de compensation que l’on retrouve fréquemment dans le thymus des goitreux exophtalmiques.
= Selon Léon BérarD!, « elle aurait cependant été le résultat d’une erreur d’Owen qui, voulant injecter à un basedowien de lextrait thyroïdien, se servit par mégarde de l'extrait de thymus et guéritson malade ». Enfin, l’opothérapie testiculaire, ovarienne, hypophysaire, auraient été tentées avec un certain succès, au moins transitoire, selon Moreau.
3° L'électrothérapie. — Ce procédé de traite- . ment consiste dans la galvanisation de la région cer- vicale antérieure et dans la faradisation de la région précordiale.
1 Léon Béraro, Corps thyroïde. Goitres {Nouveau Traité de Chir., Le Dentu et Delbet, p. 395, Baillière et Fils, Paris).
M te
4° La radiothérapie et la radiumthé-
rapie. — Nous groupons ensemble ces deux pro—
cédés thérapeutiques, car ils ont paru donner des résultats semblables.
Wizurams, en 1902 et Pusey, en 1903, ont été les premiers à en tenter l'expérience. Depuis lors, em— ploi s’en est considérablement répandu. La durée d'exposition et la distance souffrent quelques différences selon les auteurs.