PES
L’isthme peut faire défaut dans 10 % des cas selon Marshall. Nous l’avons trouvé absent une fois sur 25.
Les lobes latéraux présentent classiquement trois faces : antéro-externe, interne et postérieure, ce qui est bien visible sur une coupe horizontale.
Au point de vue chirurgical nous aurons peu à tenir compte de ces trois faces. En effet le bord externe est peu accusé et le décollement progressif du lobe de dehors en dedans passe sans transition de l’une à l’autre des faces qu'il délimite. Un seul point de ce bord est marqué d’une façon nette : celui où la veine, thyroïdienne moyenne s'échappe hors du corps thyroïde, et encore cette veine est-elle inconstante.
Le bord antérieur, net, n’offre aucun intérêt à notre point de vue.
Le bord postéro-interne au contraire, toujours accusé, est bien plus intéressant. Nous en reparlerons souvent, car les organes dangereux sont particulièrement en rapport avec Jui. On a décrit récemment (H. Welti) trois portions à ce bord de haut en bas.
— un premier segment juxta-laryngé, oblique en bas et en arrière. Il est appliqué sur le cartilage thyroïde et quelques fibres du constricteur inférieur, puis sur le cartilage cricoïde et les fibres les plus postérieures du muscle crico-thyroïdien ;
— un deuxième segment, verticalement descendant ;
— un troisième segment juxta-trachéal, oblique en bas et en avant pour se continuer insensiblement avec la courbe du pôle inférieur.
Le deuxième segment nous a paru présenter une disposition assez particulière et de gros intérêt. Il est en effet fixé à la trachée et parfois à l’œsophage par le ligament latéral de Grüber.
Nous décrirons d’une façon plus précise cette zone
ETS iES,
dans un chapitre ultérieur avec l’étude du ligament latéral.
Des sillons parcourent les faces du corps thyroïde. Ces sillons sont relativement peu marqués et c’est pourquoi les ouvrages classiques les signalent à peine.
Certaïxs d’entre eux, assez profonds, peuvent séparer l’isthme des lobes latéraux ou encocher la glande en un point. quelconque. La plupart logent cependant une branche artérielle ou veineuse. C’est dire qu’on les rencontre surtout là où les vaisseaux abordent la glande ; nous en trouverons beaucoup à la face postérieure du lobe latéral dans la zone dangereuse. Ces sillons où s’insinuent les prolongements de la capsule propre du corps thyroïde présentent un caractère extrêmement important pour nous : ils sont clivables. Il est possible par la dissection de pousser parfois ce clivage extrêmement loin en séparant les uns des autres les lobules du corps thyroïde. Opératoirement on ne saurait pousser la chose à ce point mais l’on peut souvent poursuivre une artère dans le sillon qui la reçoit, au moins sur quelques millimètres. Ce peut être là une manœuvre très précieuse ; en portant ainsi la ligature à quelques millimètres plus loin, on peut préserver une artère parathyroïdienne dont lalésion aurait entraîné presque à coup sûr la destruction physiologique de la glandule.