‹ La Thyroïdectomie Totale: Étude anatomique; Technique; Indications dans les états asystoliquesChapitre 17 sur 60 · III. La pyramide de Lalouette · texte numérisé non relu

III. La pyramide de Lalouette

Elle représente le vestige de la moitié inférieure sousthyroïdienne du tractus thyréoglosse.

Décrite par Lalouette en 1743, elle avait été signalée dèjà par les anatomistes antérieurs et on avait d’emblée remarqué son Inconstance.

Zoja et Zuckerkandl l’ont trouvé dans les 2/3 des cas, Marshall dans 43% des cas ; Chemin 25 fois sur 40; nous l’avons vue 15 fois sur nos 25 dissections.

Elle nait du bord supérieur de l’isthme ou de la partie voisine de l’un des lobes, le plus souvent à gauche de la ligne médiane.

Elle monte sensiblement verticale et présente un trajet plus ou moins long. Tantôt c’est un simple moignon surmontant l’isthme, tantôt elle s'étend plus loin et présente une forme rubannée ou pyramidale de volume progressivement décroissant. Elle peut aussi en un point de son trajet former un renflement elliptique. Celui-ci peut même s’isoler et se présenter comme une véritable thyroïde accessoire.

Il y a intérét, par conséquent, à examiner systématique-

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ment l’espace compris entre la concavité du corps thyroïde et l'os hyoïde. On pourrait sans cela oublier d'enlever un fragment glandulaire de ce genre.

Vers le haut la pyramide se prolonge insensiblement avec un ligament ou un petit muscle rubanné (on peut considérer celui-ci comme une variété « raccourcie » du muscle de Sôémmering). L’un ou l’autre va s’attacher au bord inférieur ou à la face postérieure du corps de l’os hyoïde.

Bien plus intéressante est la structure histologique de cette pyramide. Jusqu'à quelle hauteur contient-elle du tissu glandulaire fonctionnel ? Jusqu'où par conséquent faut-il en pratiquer l’ablation ?

En moyenne, en nous appuyant dans les cas douteux sur des examens histologiques, nous avons trouvé du tissu thyroïdien jusqu’à la hauteur du bord supérieur du cartilage thyroïdien. Mais nous l’avons aussi vu remonter une fois jusqu’à 1 cm., une autre fois jusqu'à 5 mm. de l’os hyoïde. Si l’on songe d’ailleurs à la facilité avec laquelle on peut explorer cette pyramide de Lalouette au début ou au cours de l’intervention, le problème prend une importance secondaire et nous concluons : il faut poursuivre Jusqu'à son insertion hyoïdienne toute pyramide de Lalouette.

La vascularisation de la pyramide de Lalouette peut être fournie par deux sources.

19 L’artère sus-isthmique qui détache vers le haut des artérioles. Les veinules correspondantes se jettent dans la veine sus-isthmique ou dans l’une des veines thyroïdiennes inférieures.

20 L’artère thyroïdienne supérieure (11 fois sur 15 pyramides de Lalouette) envoie, un peu avant d’aborder le pôle supérieur ou par une de ses branches terminales, une artère de petit calibre ; celle-ci se perd dans les muscles sous-hyoïdiens ou le crico-thyroïdien. Cette petite

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artère donne une ou plusieurs branches à la pyramide, qui est ainsi abordée sur la face antérieure du cartilage thyroïde à une hauteur variable et reçoit les vaisseaux par son bord latéral ou sa face postérieure.

Les veines sont grossièrement satellites des artères et vont à la veine thyroïdienne supérieure.

Quand la pyramide est courte, elle ne reçoit que de l’arcade sus-isthmique ; quand elle est longue, elle reçoit en général des deux sources.

Oublier un fragment de la pyramide de Lalouette, ce n’est donc pas forcément le vouer à l’atrophie, d’où l'importance de l’ablation absolument complète de cet appendice du corps thyroïde.

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