TAB
moyens médicaux, on réduit les demandes tissulaires par la thyroïdectomie. L'équilibre est rétabli.
Ces considérations théoriques ont reçu confirmation, par toute une série de recherches où les combustions tissulaires étaient mesurées par le métabolisme basal, et l’apport sanguin par la vitesse circulatoire. Celle-ci est facile à mesurer, en particulier par les techniques dites «sapides », où l’on injecte dans le courant veineux une substance inoffensive telle que la décholine ou le saccharinate de soude.
Quelques instants après apparaît une sensation gustative très nette.donnant le ternps mis par la circulation pour transporter la substance jusqu'aux artères linguales.
Ce test a été tout récemment étudié par Lian et Facquet, qui ont trouvé des résultats analogues à ceux des auteurs américains.
La contre-expérience a été faite ; chez des asystoliques améliorés par la thyroïdectomie, l’administration d’extraits thyroïdiens jusqu’à l’obtention d’un métabolisme normal, faisait réapparaître les troubles cardiaques.
Indications
Nous tiendrons compte ici des enseignements fournis par les statistiques importantes, sans en rapporter le détail. Nous relaterons surtout l’observation des malades opérés par Weltier qu’il nous a été donné de suivre grâce à l’extrême obligeance de M. le Professeur Lian et du Docteur Blondel.
I. Certaines indications sont tirées de l'étiologie des troubles cardiaques.
En principe, il faut éliminer d'emblée tout malade chez lequel la lésion responsable de l'asystolie continue à évoluer.
Ainsi :
— Les lésions du rhumatisme articulaire aigu s’aggravent, frappant indistinctement les différentes tuniques cardiaques, lorsque l’on a affaire à un rhumatisme cardiaque évolutif primitif ou secondaire ou bien encore à une cardite récurrente.
— Les endocardites malignes évolutives, subaiguës, greffées sur une lésion valvulaire antérieure, continueront aussi à altérer le jeu de la mécanique cardiaque.
— L'aortite syphilitique du jeune, en évolution.
— L’infarctus du myocarde est évidemment intangible dans la période initiale, période dangereuse que Donzelot évaluait à un mois environ. Plus tard, la possibilité de rechute rend le problème particulièrement délicat.
— Les cardiopathies embolisantes d’une façon générale.
À considérer dans leur ensemble ces diverses manifestations, le classique problème de la fièvre des cardiaques est à envisager ici sous un angle spécial :
tout asystolique franchement fébrile doit étre écarté de l'acte opératoire.
Cependant, chacune de ces affections peut présenter une allure clinique particulièrement peu active, et dans ce cas, déjà, nous voyons apparaître la notion fondamentale d’une observation prolongée des malades.
IT. L'allure de l’asystolie nous donne un deuxième élément d'appréciation.
— Il ne faut évidemment pas opérer les malades arrivés à un stade terminal, en état de « cachexie cardiaque ».
— De même, si une altération rénale importante coexiste avec l’asystolie, il faut s’abstenir.
— En dehors de ces cas extrêmes, il faut encore écarter une asystolie rapidement progressive, quelle qu’en soit l’étiologie.
— Au contraire, une évolution aggravée par périodes, à l’occasion de fatigues, présentant une amélioration nette au repos dans l'intervalle montre un myocarde susceptible d’être à la hauteur d’un travail modeste. Nous y trouverons une des meilleures indications.
D'où à ce propos encore, l'intérêt d’une étude prolongée de l’évolution de la maladie.
— Notons que l’existence d’arythmie complète n’est pas une contre-indication.