SE
En somme, on relève relativement peu de troubles dans les cas de thyroïdectomie totale chez l’adulte.
Cependant, c'est là un inconvénient non négligeable de l'opération ; c’est pourquoi i faut à l'heure actuelle réserver cette thérapeutique à des cas bien définis, que nous avons étudiés plus haut.
Une question se pose encore : que penser de la valeur du myocarde d’un malade thyroprivé sur la conservation fonctionnelle duquel est basée la théorie de la thyroïdectomie totale dans l'asystolie ?
On connaît les altérations classiques du cœur des myxœdémateux spontanés. Doit-on prévoir une altération analogue ici ? Nos malades n’ont présenté aucune altération homologable au « cœur myxœdémateux ».
D. Davis, Weinstein, Riseman et Blumgart, ont étudié les malades opérés dans un article sur « Le cœur dans le myxædème artificiel. Ils ont parfois noté une légère augmentation de volume du cœur et une diminution du voltage de l’électrocardiogramme mais, disent-ils, ces faits évoluaient parallèlement à l’amélioration de l’état d'insuffisance cardiaque.
Le Professeur Lian, à propos de la communication faite à la Société de Chirurgie le 27 mars 1935 avec Welti et Facquet donne son opinion à ce sujet :
ReOren
« À vrai dire, ces observations d'insuffisance cardiaque d’origine hypothyroïdienne sont des curiosités cliniques. Nous faisions remarquer récemment, à propos du cas de M. Cathala, que les troubles cardiaques cliniques ou électrocardiographiques étaient très inconstants dans l’insuffisance thyroïdienne et qu'ils manquaient chez certains grands myxœdémateux. Dans le même sens plaident les constatations de Means, White et Krantz, qui ne relèvent aucun cas d’insuffisance cardiaque chez 48 myxœdémateux, et celles de Willius et Haines, qui n’ont observé aucun signe d'insuffisance cardiaque chez 162 myxœdémateux. Bien plus, l'administration d’extrait thyroïdien chez les myxæœdémateux est susceptible de déterminer de la fibrillation auriculaire (Swan) ou des signes d’insuffisance cardiaque (Sturgis et Whiting, Pratt et Morton). Dans cet ordre d’idées, nous avons rapporté un cas d’asystolie, survenu chez un myxædémateux traité par de fortes doses d’extrait thyroïdien ; le cœur de ce malade n’avait pas pu fournir immédiatement l’augmentation d’activité rendue nécessaire par l’élévation du métabolisme basal due à l’opothérapie thyroïdienne.
« Nous pensons que, comme nous le disions plus haut, il faut compter dans la genèse des accidents causés par le goitre, non seulement avec l’hyper et l’hypothyroïdie, mais encore avec la dysthyroïdie. Il est séduisant d'admettre que les troubles cardiaques de certains hypothyroïdiens sont plutôt fonction de la dysthyroïdie concomitante que de l'hypothyroïdie à proprement parler.
« Ceci explique la contingence et la rareté relative de l'insuffisance cardiaque chez les hypothyroïdiens ».