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Résultats
Dans les trois cas opérés que nous rapportons par ailleurs, nous avons noté une amélioration, et nous pouvons résumer les résultats obtenus à ce point de vue : à
Obs. 1. M. Jud. — A vu son état devenir meilleur au bout de quelques mois. Les examens pratiqués ont objectivé cette mélioration. |,
Un an après l'intervention, l’état est considérablement modifié. Le malade est très peu essouflé à la montée des escaliers. Pratiquement, plus de palpitations.
Le cœur est régulier, les poumons et le foie normaux. Seuls ont persisté, comme on l’a noté dans la plupart des observations étrangères, l’augmentation de volume du cœur et les grands caractères du tracé électrocardiographique.
Obs. 2. Mme. Mas. — Présente une amélioration moins nette des phénomènes objectifs. Le foie est resté gros (13 cm. sur la verticale du mamelon) et une légère ascite persiste.
Mais elle n’avait suivi jusqu’au mois de juin aucun traitement tonicardiaque.
Par contre le résultat fonctionnel est bon : en juillet et août derniers, en particulier, la malade menait une vie assez fatiguante, elle dansait assez souvent le soir.
Obs. 3. Mme Man. — A présenté une amélioration six mois après l’opération seulement, ce qui est classique, mais depuis elle se considère comme très améliorée et même transformée.
Elle peut faire son marché, ce qui lui était impossible depuis un an, et ressent moins de palpitations.
Le traitement toni-cardiaque, de moindre intensité qu'auparavant, permet une vie presque normale, alors qu'autrefois 11 ne parvenait pas à soulager suffisamment la malade.
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Tels sont les résultats obtenus sur cette série relativement petite. | 5
Nous croyons devoir rapporter ici pour une documentation complète, les résultats donnés par les auteurs américains dont l’expérience remonte à deux ans.
Dans la dernière statistique publiée, Blumgart, Berlin, Davis, Riseman et Weinstein présentent 50 cas d’asystolie traités par la thyroïdectomie totale. Les malades avaient de 18 à 69 ans ; il s'agissait de 24 hommes et de 26 femmes. Dans tous les cas sans exception de petits signes d’hypothyroïdisme furent observés et le chiffre du métabolisme s’abaissa.
24 malades furent améliorés et maintiennent à l’heure actuelle la compensation de leur cardiopathie, de 2 à 18 mois après l’opération. Ils travaillent tous, ou sont capables de travailler à condition qu’il ne s’agisse pas d’un travail pénible.
Le malade donné comme type représentatif de ce groupe travaille dans un laboratoire de recherches 8 heures par jour et 6 jours par semaine, depuis un an et demi, après être resté alité pendant 9 mois avant l’opération.
Six malades ont vu réapparaître les signes d’asystolie, mais ceux-ci ont rapidement cédé à un traitement tonicardiaque bien conduit.
On relève 6 morts opératoires et 6 décès dans les mois qui ont suivi. Ceux-ci ont été dus : à un œdème pulmonaire développé trois semaines après l’opération, à une embolie cérébrale, un anévrisme de l’aorte, une sténose accentuée de l’orifice mitral ou des excès de boissons alcoolisées.
Deux malades n’ont absolument pas été améliorés et
six offrent des résultats trop peu éloignés, pour que l’on puisse en tenir compte.
Les auteurs insistent sur ce fait : « Les mauvais résul- « tats ont été obtenus chez des malades où, en dépit des « moyens médicaux et du repos au lit, l’œdème progres- « sait cependant ».
Cutler et Levine ont opéré une quantité moindre d’asystolies ; leurs résultats comme ceux de tous les auteurs cités plus haut sont analogues aux résultats publiés par Blumgart. Nous n’en relèverons pas le détail.
Nous venons d’envisager les différentes statistiques concernant cette thérapeutique nouvelle. Nous avons pu, à une échelle plus réduite, suivre trois malades opérés par Welti après des indications particulièrement prudentes. |
Que faut-il en conclure ?
— Tout d’abord, il faut attendre qu’un éloignement plus grand nous permette avec un recul suffisant d’apprécier à leur juste valeur les résultats obtenus.
— À envisager simplement ce qui a été fait jusqu'ici, on peut malgré tout, jusqu’à nouvel ordre, considérer cette thérapeutique comme un palliatif intéressant des états d'insuffisance cardiaque.
Elle vaut, semble-t-il, la peine d’être tentée, à condition d'être conduile avec une prudence extrême et employée après une étude prolongée et minultieuse de chaque malade.
INDICATIONS, TECHNIQUE, RÉSULTATS DE LA THYROIDECTOMIE TOTALE DANS LE TRAITEMENT DE L'ASYSTOLIE BASE- DOWIENNE
Disons-le d'emblée pour y insister, c’est là une indication relativement rare; pratiquer une thyroïdectomie totale d'emblée, dans une maladie de Basedow, méme compliquée d'asystolie serait, à l'heure actuelle, manquer de bon sens, puisque la sub-totale donne avec une grande sécurité des résultats parfaits dans la majorité des cas, à condition de faire une ablation très large et de ne pas la pratiquer trop tardivement.
Indications
Afin de rendre plus claire la discussion qui va suivre, indiquons-en les idées directrices.
A. Dans un premier chapitre, nous dirons les raisons qui font de la thyroïdectomie totale chez les Basedowiens, une opération quelquefois délicate.
B. Dans un deuxième développement, nous verrons la contre partie : une opération bénigne, la thyroïdectomie subtotale donne des résultats excellents dans un grand nombre de cas.
C. En dernier lieu, nous étudierons les échecs de la sub-totale. Ils constituent, à notre avis, une indication particulièrement intéressante de la thyroïdectomie totale.
Elle a été croyons-nous proposée et réalisée pour la
première fois par Welti chez un malade dont nous rapportons l’observation.
Premier point
Le problème de la thyroïdectomie totale dans la maladie de Basedow classique, aussi bien que dans les « goitres basedowifiés » est bien différent de ce que nous avons vu chez les cardiaques à corps thyroïde normal.
Deux points séparent le Basedow des cas précédemment envisagés :
— lesdifficultés techniques sont souvent plus grandes ;
-— Ja thyro-privation est quelquefois moins bien supportée.