Les veines thyroïdiennes inférieures : elles ne
suivent pas les artères en règle générale.
Issues du réseau péri-thyroïdien, elles se couchent parfois un instant dans un sillon de la partie inférieure de l’isthme et des lobes latéraux avant de quitter le parenchyme.
On essayera de libérer le plus haut possible ces troncs, car nous les verrons souvent en rapport avec les parathyroïdes au point de vue topographique comme au point de vue de la vascularisation veineuse de ces glandules.
Au nombre de 2 à 4, d'importance inégale, elles vont à
la jugulaire interne ou à la sous-clavière. Parfois, au tronc innominé gauche.
Parfois, des veines médianes peuvent être considérées comme Correspondant à l’artère thyroïdienne moyenne. Kocher les décrivait sous le nom de venoe imoe.
Nous avons souvent eu l’occasion de constater au
cours de nos dissections et sur les cadavres de l'Ecole pratique la présence, le long de l’artère thyroïdienne inférieure non pas d’une veine de calibre équivalent à ce vaisseau, mais d’un petit lacis veineux intimement accolé à l’artère et à ses branches terminales, suivant ce vaisseau fidèlement pour aller se jeter dans la jugulaire interne ou même la sous-clavière. Nous signalons cette disposition parce que, dans les deux cas, nous avons vu ce système veineux péri-artériel drainer exclusivement les veines des parathyroïdes.
3. Les veines thyroïdiennes moyennes : elles se détachent des veines du plexus au voisinage du bord externe de la glande, à un niveau variable en hauteur, et vont à peu près horizontalement vers la veine jugulaire interne.
Parfois cette veine est dédoublée.
Elle marque, lorsqu'elle existe, la transition entre la face antérieure et la face postérieure. Sa section permet en cours d’opération de « retourner » le lobe latéral, d’attaquer la face postérieure où l’on se trouve en présence des plus grandes difficultés techniques.
En somme, nous voyons comment, au cours de la thyroïdectomie totale, sera supprimée la grande voie anastomotique veineuse périthyroïdienne. Fort heureusement, les parathyroïdes n’en dépendent en général pas exclusivement ; elles peuvent déverser leur sang veineux dans un tronc facile à respecter ou bien présenter deux voies d'évacuation dont l’une au moins aboutit aux veines des organes voisins : larynx, pharynx, trachée
œsophage, muscles pré-vertébraux.
La richesse vasculaire du corps thyroïde. — Nous venons de l’étudier : elle est énorme.
C.H. Mayo considère cet organe comme trois ou quatre fois plus vascularisé que le cerveau, Tschnewsky calcule que la glande est près de six fois plus irriguée que le rein.
= Do
C’est là une des raisons des difficultés de la thyroïdectomie. On peut les ramener en effet à des difficultés d'hémostase, hémostase importante car le moindre hématome peut léser un organe voisin, hémostase dangereuse si l’on se rappelle la présence, au contact des vaisseaux, d'organes importants comme le récurrent ou les parathyroïdes.