IV. Groupe laléro-trachéal ou chaînes récurrentielles
Simulent particulièrement les parathyroïdes par leur siège du moins. En effet, « au voisinage immédiat du « corps thyroïde, la chaîne s’élargit transversalement «et comprend plusieurs nodules très petits, sous-jacents «à la face postérieure du lobe latéral thyroïdien, et « réunis entre eux, au corps thyroïde et à la trachée, par « de courts vaisseaux lymphatiques. Plus haut, cette
Le.
« chaîne, toujours formée de petits ganglions, se prolonge « d’une part entre le corps thyroïde et la partie latérale de « la trachée, jusqu’au point où le récurrent disparaît « sous le constricteur inférieur, d’autre part, sur la face « postérieure du pôle inférieur du lobe latéral du corps « thyroïde. Ces derniers ganglions rétro-glandulaires « manquent fréquemment » (Rouvière).
Il faut connaître la topographie de ces éléments, savoir les identifier à leur consistance plus ferme que celle des parathyroïdes ; de même, il s’en échappe une
quantité de petits troncs lymphatiques.
Pour Welti (rapport au Congrès de chirurgie), certains nodules lymphatiques simulent à s’y méprendre une parathyroïde. Ils pourraient donner au chirurgien qui les ménage la fausse impression d’avoir laissé en place une parathyroïde.
En cours de thyroïdectomie, il ne faut jamais essayer une identification de ce genre, dilacérer un lobule graisseux pour reconnaître s’il entoure une glandule ou un ganglion. Se livrer à une telle manœuvre, c’est risquer de compromettre la vie d’une parathyroïde.
Quant à la confusion entre un ganglion et un lobe thyroïdien aberrant, elle semble possible uniquement sur le cadavre. Sur le vivant, la coloration et l’aspect du tissu thyroïdien permettent en général d'éviter une erreur.
Dans le doute, il faudrait admettre le schéma suivant : respecter tout nodule suspect, de petite taille, enlever tout élément plus volumineux, dont la dimension dépasse nettement l’ordre de grandeur des parathyroïdes.
D. LES PARATHYROIDES (fig. 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11).
Nous abordons ici l’étude d'organes d’une importance considérable pour la thyroïdectomie totale.
Les variations de leur siège, de leur aspect, de leur
vascularisation sont telles qu'il ne suffit pas d’un geste de technique pour éviter leur lésion.
C’est pourquoi le chirurgien doit toujours avoir présente à l'esprit l’anatomie de ces glandules dans tous ses détails.
Loin d’opposer les différentes opinions émises, nous les juxtaposerons et, faisant confiance à leurs auteurs, nous essayerons de profiter de leur grand nombre pour avoir une idée générale.
Nos dissections portant sur 20 sujets adultes et 5 fœtus injectés, nous ont permis de vérifier la plupart de ces données classiques en les envisageant sous un ‘angle opératoire spécial, celui de la thyroïdectomie totale. Nous avons été amené à préciser aussi certains points qui jusqu'ici n’ont pas préoccupé les chercheurs, comme les rapports des vaisseaux avec le parenchyme thyroïdien ou la vascularisation veineuse des parathyroïdes.
Deux questions primordiales doivent dominer l’étude de ce chapitre :
— Quand les parathyroïdes sont-elles en danger au cours de la thyroïdectomie w
— Comment éviter ce danger ?
Tout d’abord, l’inconstance des glandules chez l’homme adulte, dans leur existence et dans leur siège, légitime un court rappel embryologique. Seul, il peut nous donner une idée générale satisfaisante sur la topographie possible des parathyroïdes.
Embryologie des parathyroïdes
Nous avons entrevu plus haut les discussions qui ont eu lieu à propos de l’origine du tissu thyroïdien. L’embryologie des parathyroïdes a donné lieu à moins de controverses dans ses grandes lignes.
On admet généralement une double origine (Prenant) :