SCÈNE VIII
MULLER, seul. . * ■
Il est bon, lui, quand on n’a pas dîné depuis hier... c’est que je ne suis pas encore à Feldkirch... non, mais je suis dans mon Tyrol... c’est bon le pays... Il y a trois ans, j’en sui9 parti avec un petit singe... pauvre Jack!... oh! nous n’avons pas eu de chance tous les deux I... tant qu’il a tendu sa petite patte pour moi et qu’il m'apportait les sous, je prenais ça comme de la main d’une ami... sans honte... mais quand il m’a fallu tendre la main moi-même!... eh... bien!... ça ne m’a pas été... quoi... c’était plus fort que moi... et j’ai pas fait fortune... oh! mais non!... avec ça, que je ne sais pas ce que j’ai fait de mon bissac... il y avait encore des pommes et des noix dedans... Allons, Muller, mon ami... Allons-y... ils ne sont
LA TIMBALE D’ARGENT
peut-être pas tous aussi durs que ce vieux là-bas... On no mendie pas... je ne demande pas mieux .. donnez-moi seulement des rentes et vous verrez si je mendie... Il me semble qu’il mo monto au nez un parfum succulent... ça vient de là... c’est comme qui dirait des pommes de terre au lard... Des gens qui dinentl... voilà mon affaire ! (U a pris sa mandoline et chante en s'accompagnant devant la maison de Baab.)
Pendant que sur la nappe blanche,
Vous buvez, la coude appuyé,
A votre seuil, bien ennuyé,
Un pauvre diable se déhanche;
Il a bien soif, il a bien faim,
Pourtant il ne demande guère :
Un peu de vin dans un grand verre Peu de beurre et beaucoup de pain...
Ah! braves gens...
Si vous saviez comme à vingt ans Il est mauvais d'entendre rire,
Et de se dire :
Ils sont heureux, moi je suis gueux 1