ACTE PREMIER
Pendant qu’à la fenêtre close,
Vous souriez à vos amours,
Le pauvre diable attend toujours Que l’on lui jette quelque chose.
Entre deux ébats, s’il vous plaît.
Laissez tomber de la fenêtre Un petit sou... l’amour peut-être En doux baisers vous le rendrait.
Ah! braves gens, etc.
[A la fin du couplet, Pruth et Raab sortent du cabaret et le prennent chacun par un bras. — Muller se débat )
RAAB
Je ie tiens...
MULLER
Quoi?. v qu’est-ce que c’esL?... lâchez-moi...
RAAB
D’où venez-vous? D’où sortez-vous?...
MULLER
Ah ! lâchez-moi... ou je tape d’abord.
RAAB
Il tape... il est charmant.
MULLER
Eh bien, depuis mon départ, on est joliment changé au Tyrol...
RAAB
Vous êtes Tyrolien?
Du canton de Feidkirch...
RAAB
De Feidkirch... qu’est-ce que vous demandez?...
MULLER
Moi! vous le voyez bien... Je demande un petit morceau de pain...
24 LA TIMBALE D’ARGENT
P RUT H
C’est un mendiant.
RA AB
Un morceau de pain... Holà, Thérèse ! (n lui parie bas.) Il est à nous...
Comment?
PRUTH
RAAB
Taisez-vous... Comment t’appelles-tu?
MULLER
Muller!... Muller tout court...
Eh bien, mon petit Muller tout court! quel âge as-tu?...
MULLER
Vingt ans...
RAAB
Vingt ans... (Il l'embrasse.)
MULLER
Mais...
RAAB
Mais c’est comme ça... (Thérèse apporte un plateau serti qu’elle pose sur la table.) As-tU faim?...
MULLER
Dam!...
RAAB
Réponds... tu as faim. Je lis dans tes yeux que tu meurs de faim... Tourne un peu les yeux de ce côté...
MULLER, apercevant le couvert,
Ah !...
RAAB
Qu'est-ce que tu dis de ça?
MULLER
Mais je dis... je ne sais pas ce que je dis...